‹ Essai sur Tite Live (volume 2)Chapitre 18 sur 112 · Tite Live, III · texte numérisé non relu

Tite Live, III

celles qui sont rapportées : « Les malheurs, dit-il,

commencèrent par une famine, soit que Tannée eût été mauvaise pour les récoltes, soit que Tattrait des assemblées et de la ville eût fait délaisser la culture. On donne Tune et Tautre raison *. » Lorsque les matrones vont trouver Coriolan , il ne sait si c’est d’elles-mômes ou par le conseil des magistrats. Quand on doute entre deux noms, il

n’ose décider, dire Furius ou Vopiscus, plutôt que Fusius ou Virginius. Enfln plus tard, quand il suit le seul Polybe, si du doigt, à chaque ligne, on compare les deux pages, on se convainc qu’il n’ajoute aucun fait, qu’au contraire il en retranche, que la seule licence qu’il prenne est de souffler |un peu de vie dans les phrases ti;aînantes de ses froids devanciers. Je trouve encore dans Tordre de son récit une grande marque de son exactitude. Il va d’année en année, selon le plan de ses annalistes, disant comme eux les noms des magistrats, les prodiges, les expiations, les disputes civiles et les guerres étrangères , sans intervenir, sinon par des aveux d’ignorance et par des discours, sans essayer d’expliquer les événements par des conjectures, ou de lier les faits par des idées générales. Il s’eiïace lui-même pour laisser parler ses auteurs. Ce qu’à travers lui

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