‹ Essai sur Tite Live (volume 2)Chapitre 27 sur 112 · Tite LivCjXXIII, 31.— 2. Id.,XXII · texte numérisé non relu

Tite LivCjXXIII, 31.— 2. Id.,XXII

elle des dissensions publiques, les grands favorisant Rome et le peuple Annibal. Ce sont autant de petites républiques, actives et disciplinées, qui se forment en légion à la voix de la cité commandante. Entre tous ces détails d’administration, abondent les traits de générosité romaine ; parmi les faits, de toutes parts jaillissent les sentiments. L’an 214‘, le sénat chasse de leurs tribus ceux qui, prisonniers d’Annibal, et lui ayant juré de revenir, ont voulu éluder leur promesse. Les fournisseurs qui entretiennent les édifices et donnent des chevaux aux magistrats, les maîtres dont on a pris les esclaves, ne veulent pas être payés avant la paix ; les veuves et les orphelins portent leur fortune au trésor ; les chevaliers et les centurions refusent leur solde et traitent de mercenaires ceux qui l’acceptent ; toute la ville combat d’une seule âme, inventant des sacrifices, accumulant des dévouements.

Sitôt que les Romains entrent en Asie, le changement parait dans Tite Live avec une vérité frappante. Rien de brusque; Rome entre dans la corruption, sans s’y enfoncer encore. Tout est mêlé : tel fait rappelle l’ancienne discipline ; celui qui suit annonce la décadence ; souvent le même lïiontre les deux à la fois, comme au con-

1, Tito Live, XXIV, 18.

62 CH.VPITRE II.

flucnt tic deux rivières l’eau troublée se teint de deux couleurs. L’esprit religieux n’a pas péri, cl les sénateurs apprennent avec crainte (luc la statue de Pollenlia est renversée. Le magnilUiue orgueil subsiste tout entier; quand l’armée marche contre Anliochus, il semble « qu’elle va, non pas combattre contre tant de milliers d’hopimcs, mais égorger des troupeaux d’animaux* ». Déjà, pourtant, les antiques maximes fléchissent, et la perfidie grecque entre dans les conseils de Rome. Marcius éi les ambassadeurs se vantent d’avoir trompé Perséepardes espérances de paix, afin de gagner un délai nécessaire, tandis que les vieux sénateurs s’indignent de celte tromperie, et déclarent que, pour bien vaincrCj il faut vaincre par la force et ouvertement*. L’administration devient un pillage, et la paix romaine bientôt ne sera plus qu’une guerre contre les hommes et contre les dieux. F. Flaccus enlève

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les tuiles de marbre du temple de Junon Lacinienne. Un Flamininus, pour le plaisir d’une courtisane, égorge un Gaulois qui se livrait à sa bonne foi. Le sénat s’indigne et punit les malfaiteurs publics ; mais bientôt, malgré ses ordres, on voit Popilius recommencer la guerre contre les Stellialcs soumis, les Ghalccdoniens pillés en

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