‹ Essai sur Tite Live (volume 2)Chapitre 32 sur 112 · Tite Live, V · texte numérisé non relu

Tite Live, V

beaucoup plus de peine qu’ils n’avaient vaincu sur l’Allia. Dans un second combat plus régulier, à la huitième borne, sur le chemin de Gabies, où ils , s’étaient ralliés après leur déroute, sous la conduite et les auspices du même Camille, ils sont encore vaincus. Là, le carnage embrassa tout. Le camp est pris ; il ne reste pas même un messager du désastre. » Heureusement, dans ces narrations le ton oratoire met le lecteur en défiance ; en écoutant un plaidoyer, il devine que le récit cesse, et se met en devoir d’admirer au lieu de croire. Mais ceci est un mérite du lecteur, non de l’auteur ; et Tite Live ferait mieux de mériter notre croyance que de nous prémunir contre ses erreurs.

Cette partialité fausse les mœurs comme les faits. C’est trop de vertus et de victoires, et l’on voudrait en des hommes moins de perfection et de bonheur. En vérité, il devrait expliquer les

mœurs antiques et non les louer. « Qu’ils écou-

tent, dit-il, ceux qui méprisent tout au prix des richesses, et croient qu’il n’y a place pour les grands honneurs et pour la vertu que là où affluent et regorgent les trésors. L’unique espérance du peuple romain, L. Quintius , cultivait au delà du Tibre un champ de quatre arpents *. »

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