Tite Live, III
BcUc leçon, sa^ns cloute, et digne d’un moraliste ; mais un liistoricn ajouterait que ces mœurs simples étaient grossières*, et ne donn^irait pas à des sénateurs, pâtres de bœufs et conducteurs de charrue, le langage choisi et achevé d’un lettré parfait. Ciucinnatus n’est point un Xénophon, homme de goût, instruit, philosophe, qui s’amuse à l’a-griculture; c’est qn paysan fort rude. Il est aisé de mépriser le luxe quand on l’ignore, et d’étre frugal quand on n’a sur sa table que des oignons.
Pendant dix livres, on traverse une galerie de grands hommes, un peu orgueilleux peuW^e, mais tous orateurs, philosophes, héros. Ce sont d’utiles exemples, je le veux ; mais, au risque de scandale, on se souvient volontiers que ces sages faisaient métier de l’usure; qu’ils étaient conquérants par maxime, c’est-à-dire voleurs par institution ; qu'ils passaient le jour à expliquer des formules de procédure, à observer le vol du corbeau, à inventer des chicanes publiques et privées pour piller leurs voisins. On juge encore, sans pour cela être niveleur, que Tito Live. est prévenu' contre les plébéiens. Un homme si juste n’eùt point dû appeler révoltes des demandes si justes. Est-il vrai que les lois agraii*es « fussent