Niebuhr, t. III, p
lion primitive : « Il n’y a pas de motif raisonnable pour douter de l’existence personnelle du roi Tullus Hostilius*. » — « Je regarde, dit-il, la chute d’Albe comme historiquement certaine »
Sous Ancus, un grand nombre de Latins transportés à Rome formèrent la plèbe. Il reconnaît que Tarquin l’Ancien bâtit le mur d’enceinte, les vastes égouts qui desséchèrent le Vélabrum et la place publique, et suppose qu’en ce temps-là un roi d’Étrurie s’établit à Rome*. Il croit, selon le texte de Claude, que l’Élrusque Cœlius Vibenna y vint avec une grande armée, etque Servius,un de ses clients, devenu roi, donna des droits politiques à la plèbe par l’institution des centuries.
« On peut admettre comme historique le complot des patriciens contre Servius » Tarquin le Superbe ôte à la plèbe ces droits ; il est chassé avec toute sa race. Mais Rome, conquise par Porsenna, perd tout ce qu’elle possédait au nord du Tibre. Affaiblie, elle traîne une vie précaire et met cent ans à conquérir Yéies.
Sauf les premières conjectures, cela est-il trop romanesque? Tite Live se fût-il indigné qu’on traitât ainsi son histoire? Niebuhr est seulement un peu plus poète que lui. En laissant subsister les grands faits, il rend à l’histoire le tondes tra-,
1. Niebuhr, t. I,p. 357. —2. Jb., t. III, p. 62. — 3. ib., t.III, p. 77-101.— 4.1b., U III, p. 87.
LA CRITIQUE CHEZ LES MODERNES. 113 d liions primitives. Quant aux expéditions de Romulus contre Fidénes etde Tarquin contre Gabies, je ne sais s’il faut bien vivement les défendre. Du reste les grandes découvertes de Niebuhr sont ailleurs.
a L’bistoire du droit public, dit-il quelque part, est le but que je me propose*. » L’opposition de deux races explique l’bistoire intérieure de Rome ; les patriciens et les plébéiens étaient deux nations en une seule cité. Les patriciens sont le peuple primitif, maîtres légitimes de la ville, divisés en gentes dont les membres sont unis moins par la parenté que par la loi et par des sacrifices communs. Ils ont sous eux des clients étrangers, sortes de vassaux, qui portent leur nom et vivent sous la protection de leurs dieux et de leur lance. Tous réunis, ils forment l’assemblée par curies; les chefs réunis des gentes forment le sénat. A côté et au-dessous d’eux vit une nation distincte, accrue des clients dont l’obligation s’est éteinte, composée des étrangers vaincus transportés à Rome, et non-seulement d’une populace, mais de maisons nobles et riches. Ils ont le droit de cité sans suffrage et ne peuvent contracter mariage avec ceux de l’autre nation. Divisés en tribus, ils ont, depuis Servius, des tribuns et des juges.