Niebuhr, t. III, p
CHAPITRK III.
forces de la cité, et la tira lentement de l’abaissement où elle était tombée par la victoire de Porsenna ; qu’il ôte aux Romains et rend aux Yolsques beaucoup de victoires; qu’il refait et déplace l’histoire de Coriolan ; qu’il montre Rome épuisée par l’invasion des Gaulois, et renouvelée par le nouvel ordre que Camille met dans l’armée ’ ; qu’il suit enfin toute la guerre samnite et s’avance jusqu’à la fin de la première guerre punique, contestant, corrigeant, conjecturant, plébéien de cœur et partisan des vaincus, avec une subtilité et une minutie admirables et déplorables. Sans doute, ce travail eût pu être fait du temps de Tite Live, quoique à grand ’peine, et avec bien des lacunes ; mais quand nous n’avoqs pour documents que des auteurs éloignés des faits de plus de sept cents ans, quand nous savons qu’ils ont copié imparfaitement d’autres historiens faibles critiques, copistes eux-mêmes de monuments altérés, vouloir retrouver les moindres détails n’est-ce pas folie? Là est le défaut dominant de Niebuhr ; et le bon sens de Tite Live corrige à son tour la témérité de celui qui l’a jugé. C’était assez de démêler les poèmes primitifs, de retrouver les grands traits de la constitution de Rome, et de marquer les principaux évé-