Vestigia vin alieni in lecto tuo sunt, » etc
Par cette imagination dramatique, Tite Live transforme ses originaux, entre autres Polybe ; ôtons Polybe de Tite Live ; ce qui reste est le talent de Tite Live, c’est-à-dire l’art de raconter.
a Annibal, dit Tito Live', de la Durance jusqu’aux Alpes, marcha presque toujours en plaine sans être inquiété par les Gaulois de ce pays. Là, quoique les soldats fussent déjà prévenus par la renommée qui a coutume d’exagérer les choses incertaines, cependant la hauteur des montagnes vues de près, ces neiges confondues avec le ciel, ces toits informes posés sur les roches, ces troupeaux et ces bétos de somme brûlés par le froid, ces hommes aux longs cheveux, à l’aspect sauvage, tous ces êtres animés et inanimés, roidis par l’air glacé, et le reste plus hideux à voir qu’à dire, renouvelèrent leur terreur. »
Ici, comme ailleurs, Tite Live ne décrit les circonstances physiques que pour expliquer les émotions morales, et c’est en vue de l’àme qu’il observe le corps. Polybe ne peint ni l’un ni l’autre. Le passage des Alpes n’est pour lui qu’une ascension, àvaSoXiî, qu’il s’agit non de faire voir, mais de faire comprendre. C’est pourquoi il a la ' maladresse de nous prévenir qu’Annibal court de grands dangers, et que les montagnards sont