‹ Essai sur Tite Live (volume 3)Chapitre 101 sur 111 · TiLo Livc, VII, 30. — 2. Ib., IV · texte numérisé non relu

TiLo Livc, VII, 30. — 2. Ib., IV

Ce sont les inflexions les plus diverses du ton le plus naturel; nulle part, comme dans Salluste, on n'est fatigué par la monotonie d'un même style. Ses orateurs ne travaillent pas à être toujours brillants, concis, profonds; les uns le sont, les autres point. La libre variété des sentiments et des facultés bumaines se déploie en eux sans contrainte, et l'auteur ne vient pas la resserrer sous la discipline étroite d'un genre unique. Nul talent dominant, nul goût particulier n'asservit et ne fausse son éloquence. Au contraire, esprit, imagination, science, dialectique, tout est soumis chez lui à l'esprit oratoire. Il prend les tons les plus opposés et reste toujours parfait. Voyez dans le discours du consul Yalérius', la véhémence, l'indignation, l'étonnement, l'enthousiasme religieux, toutes les passions les plus extrêmes : « Qu'est-ce c|ue cela, tribuns? Sous la conduite et les auspices d'Appius Herdonius, voulez-vous renverser la république? At-il été assez heureux pour vous corromjjre, celui cjui n'a pu soulever vos esclaves! Quand l'ennemi est sur nos tètes, vous ordonnez qu'on quitte les armes et qu'on vote des lois? Si vous n'avez souci, Romains, ni de la ville, ni de vousmêmes, respectez du moins vos dieux, captifs de

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