‹ Essai sur Tite Live (volume 3)Chapitre 104 sur 111 · Tive Live, II · texte numérisé non relu

Tive Live, II

LE STYIJ-: DK TITK LIVK. 321

C'est conirp Carthafro qu'Aiinihal poiisso sos niun- Iclols c[ SOS Imirs; co soni los iiuirs de Carlliaii:e (lu'il éltraiile avec le bélier'. » Celle sorle il'ima^niialion abolil l'espace el violente la nature ; elle produit en cent endroits dans Tite Live ses belles faussetés si naturelles et toutes-puissantes. Dans Polybe, Scipion disait simplement (jue les Carthaginois, « épuisés de fati^^ue par le })assage des Alpes, étaient incapables d'agir; » dans Tite Live, « ce sont des fantômes, des ombres d'hommes, exténués, tués par la faim, le froid, la saleté, brisés et mutilés parmi les roches, les articulations gelées, les nerfs roidis par la neige, les membres brûlés par le froid, les armes faussées et rompues, des chevaux débiles et boiteux. » Le meilleur instrument de l'exagération oratoire est la métaphore, parce qu'en fondant deux idées en une seule, elle enfle la plus faible jusqu'au niveau de la plus forte. Tite Live montre le peuple « noyé dans les dettes», l'usure « comme une lèpre consumant les biens, puis s'étendant jusqu'au corps », « ses défenseurs qu'il engraisse pour qu'on les égorge^ ». Il y a dans la passion une telle surabondance de vie (ju'elle en verse dans les objets inanimés ; une abstraction devient une persoime. « L'issue de

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