Tite Live, XXI, 10. — i. W., II, '20; VI
la guerre, dit Hannon, comme un juge équitable, déclara de quel côté était le droit *. » Par cet excès de force, elle rompt les alliances ordinaires des mots, en crée d'inconnues, risque les figures les plus hardies, représente Céson « debout au milieu do tous les patriciens, soutenant seul les attaques Iribiinitiennes et les tempêtes populaires, comme s'il eût porté dans sa voix et dans la force de son corps toutes les dictatures et tous les consulats^ «. Elle demande « si en abrogeant la loi Oppia, on abrogera avec elle la pudeur et la chasteté des femmes ». Elle s'élève enfin à l'accent poétique :
Tison de la discorde et fatale furie.
Racine, en faisant ce vers, se souvenait peut-être de ce mot qu'il avait appris dans ses classes : « Annibal, furia faxque hujus belli\ »
Un autre talent propre à tous les bons écrivains, mais nécessaire à l'orateur, est la coutume de fuir les mots abstraits, parce qu'ils ne conviens nent qu'à la science et ne sont pas clairs. Lors- (ju'ils apparaissent dans une narration ou dans un discours, par exemple chez Polybe, le lecteur, lout d'un coup s'arrête comme en présence d'un autre esprit ; l'auteur a cessé d'imaginer et de