‹ Essai sur Tite Live (volume 3)Chapitre 21 sur 111 · Tite Livc,I · texte numérisé non relu

Tite Livc,I

los paroles passionnées et les cris de vengeance, « jetés sur la place publique comme des poi^mards el (les brandons. » Ce sons du vrai, incomplet/ ])eut-élre, est pourtant une partie de la rrilique.l Il révèle ù Tite Livc, sinon les sentiments particuliers propres à certains temps, du moins les émotions irénérales semblables dans tous les temps ; et le génie oratoire qui le donne, donne encore celui des anciennes traditions. Élevé bien haut par ces nobles fables, Tite Live dédaigne de descendre aux discussions et aux doutes: il sent (jue la poésie seule peut raconter les temps poétiques, et son âme éloquente devient religieuse au spectacle de la religieuse antiquité. Écoutez le récit de la fin de Romulus : « Après avoir accompli ces immortels travaux, un jour qu'il tenait une' assemblée dans une plaine, près du marais de Capra, pour dénombrer l'armée, tout d'un coup une tempête s'éleva avec un grand fracas et des coups de tonnerre, et couvrit le roi d'une si épaisse, nuée, qu'il fut dérobé à la vue de tout le peuple. Depuis ce temps, Romulus ne reparut plus sur la terre'. »

En dépit du beau style, l'histoire de Tullus garde l'accent des légendes héroïques. Ce sont les résolutions soudaines et les supplices atroces

d'un peuple barbare. Horace tue sa sœur; Mettius est tiré par des cbevaux et mis en pièces. On entend les formules minutieuses que prononçait dans les traités la cité superstitieuse et légiste. Du milieu des phrases polies s'élèvent des textes rudes et âpres, comme un vieux mur cyclopéen dans une ville moderne. Tel est ce chant horrible de la loi : « Que les duumvirs ju^^ent le crime de « perduellion; s'il en appelle, qu'on débatte sur « l'appel; s'ils gagnent, qu'on lui voile la tête; « qu'on le suspende par une corde à l'arbre « malheureux ; qu'on le batte de verges soit dans « le pomœrium, soit hors du pomœrium. « On créa par cette loi des duumvirs, qui, avec cette loi, n'auraient pas cru pouvoir absoudre même un innocent. Lorsqu'ils l'eurent condamné, l'un d'eux : « P. Horatius, je te déclare coupable.de « perduellion : va, licteur, attache-lui les mains. » Alors Horace, de l'avis de Tullus, interprète clément de la loi : « J'en appelle, » dit-il. Ainsi l'on débattit devant le peuple sur l'appel*. » Le discours perd vite cette brièveté saisissante ; mais après les antithèses admirables et le plaidoyer trop parfait du vieil Horace, on retrouve les mœurs primitives. H semble qu'on voit ici le fragment d'un bas-relief antique : « Le père,

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