Beaufort, p
queurs furent détruits par Camille dans Rome et à Gabies; et l'on voit par Polybe qu'ils retournèrent tranquillement chez eux pour défendre leur pays contre les Yénètes. Qu'on dresse une table des guerres gauloises selon Polybe et selon vous, et l'on verra combien vos auteurs ont dissimulé de défaites et supposé de victoires. Cicéron se plaignait déjà des triomphes inventés, qui ornent et faussent les éloges funèbres. Les fables sont si nombreuses et si vivaces, qu'elles naissent et croissent encore sur des événements que vos premiers annalistes avaient pu voir. Tandis que jSempronius Tuditanus, Gicéron, Florus, Tubé- ' ron, font périr Régulus, chacun par des tortures différentes, Polybe, si voisin des faits, si exact, si instruit, si favorable aux Romains, ne dit rien de ces cruautés invraisemblables; et, si l'on pouvait conjecturer le vrai à travers tant de contes, on trouverait peut-être que ce supplice fut supposé, pour excuser celui que les fils de Régulus firent subir aux prisonniers carthaginois*. Goncluons donc que les monuments de l'histoire romaine étaient rares et ont péri, que les documents mensongers qui ont survécu n'ont transmis que des faits douteux, souvent invraisemblables, parfois contradictoires, et qu'une histoire ainsi faite n'a rien de certain. »