‹ Essai sur Tite Live (volume 3)Chapitre 42 sur 111 · Leclerc, Niebuhr, Lebas · texte numérisé non relu

Leclerc, Niebuhr, Lebas

Annales romontaicnl à l'ori^nne des choses romaines. — Onl-ellos péri dans l'incendie? Ce Clodius que vous citez d'après Plularque n'a pas d'autorité, puisqu'on ne sait ni qui il fut, ni dans quel temps il vécut ; et on peut lui opposer Denys, qui alfirme que les premiers annalistes ont tiré d'elles tous leurs documents*. Reconnaître comme Tite Live qu'elles ont péri en partie, c'est dire qu'elles ont été conservées en partie, soit dans le Capitole, soit dans les temples qui ne furent pas brûlés, soit parmi les objets sacrés qu'on enterra, soit parmi ceux qu'on porta à Géré. Peut-on croire que, dans celte restauration des traités, des lois, des livres sg,crés, ordonnée par le sénat après la victoire, un peuple si soigneux de ses antiquités, si occupé de la gloire de ses ancêtres, si attaché à ses institutions, si scrupuleux quand il s'agissait de textes et de souvenirs écrits, ait renoncé à son histoire, et d'un seul coup effacé sa vie passée? Certes, les pontifes ont rétabli et complété les Annales, à l'aide des traités et des lois conservés ou retrouvés, de la tradition, des annales des villes voisines, qui toutes avaient une histoire^. Et voici maintenant les preuves de ces vraisemblances. D'abord, on sait par Cicéron* que les Annales,

1. Denys, t. I, p. 59. — 2. Leclerc, des Journaux ches les Romains, p. 71. — 3. Cicéron, de la République, l, 16.

\ ingl-quatre ans avant l'incendie (an 404), mentionnaient une éclipse de soleil. Donc elles avaient survécu. En second lieu, à partir du tril)unat, année par année, on rencontre, à côté des brillantes narrations poétiques, des faits précis, si suivis et si secs, qu'on a sous les yeux, sans le moindre doute, les tables que le grand j)ontifc exposait à sa porte. Ici tel temple est fondé, tels consuls nommés, tels prodiges expiés, telle ville assiégée'. Ailleurs, on reconnaît les superstitieuses grandes Annales, en lisant que les Romains recommencent les grands jeux, parce qu'un maître a promené son esclave dans les rues en le fouettante Ce ne sont partout que détails semblables, trop petits pour avoir été conservés par la tradition, trop arides pour être attribués à l'invention poétique, trop peu importants pour avoir été imaginés dans la restauralion des textes. Bref, sauf quelques fables et les jimplificalions oratoires, on retrouve, depuis le tribunal jusqu'à l'incendie, le même ordre, les mêmes sortes de faits, les traces du môme livre que dans les récits autbentiques des guerres puniques. Qu'après l'incendie, la restauration des Annales ait été incomplète, mêlée d'erreurs et de mensonges, on le voit assez par les conlradic-

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