I.KS CAH Ar.TKRKS DAXï^ TITK I.IVK
ciplino (1(> Homo. Mais Fabius osl olislinr coiiiinc fout ('S|n-il Iciil cl ^il(MuiiMi\. Dt's (luuiif (ipiiiinii s'est enfonct'o en sa croyance, il la soulienl Jusqu'au bout, sans pbis entendre les raisons jirésentées (ju'il n'a senti les injures reçues, sans se soucier de l'avis des autres, parce qu'il l'a formée sans l'avis des autres, d'autant plus constant qu'il est plus rétlécbi, d'autanl plus convaincu (pi'il est plus calme. Plulanpie dit (pi'ayant excité le sénat à force de démarches et de discours contre l'expédition d'Airi(|ue, il persuada au consul Crassus de ne pas céder à Scipion le commandement de l'armée. Crassus s'étant désisté, Fabius lit refuser à Scipion rar^ient de la guerre, puis détourna les jeunes ^ens de cette expédition; Scipion ayant trouvé parmi les alliés des soldats et des approvisionnements, Fabius, dans plusieurs harangues, efTraya tellement le peuple, (pi'on défendit à Scipion d'emmener d'autres troupes que les légions de Sicile. Scijjion ayant vaincu Syphax, et arraché Annibal de l'Italie, Fal)ius ne cessa d'alarmer les Romains et de demander qu'on rappelât le général, invincible aux mécomptes, à la fatigue, aux souj)cons, à ^é^ idence et à l'éloquence des faits les \)\uh palpables et les j)lus accablants. J'admire beaucoup la majesté et la fierté (|ue lui donne Tile I^ive ; elles sont dignes d'un \ieillard charrié d'honneurs et
(lo ce srnal qno Cinéas appelait une assemblée do rois. Mais elles cDinieniieiil plus au magistrat qu'à l'homme; peu l-c'^lre même ce Ion esl-il (Mrange dans Fabius ; du moins il serait plus naturel dans un Papirius ou un Appius, « Je sais, dit Fabius, ([u'en m'opposant à cette ardeur inconsidérée de passer en Afri(|ue, je vais être accusé de deux défauts. On blâmera d'abord cet esprit de temporisation qui m'est natlirel, et que je permets aux jeunes gens d'appeler crainte et lenteur, pourvu que mes conseils, moins séduisants au premier aspect que ceux des autres, se trouvent à l'essai plus utiles; ensuite on dira que j'ai de la jalousie et de l'envie contre la gloire tous les jours croissante de l'illustre consul. Si ma vie passée, mon caractère, la dictature, cin({ consulats, et tant de gloire acquise dans la guerre et dans la paix ne me mettent à l'abri de ce soupçon, mon âge du moins m'en défendra. Car quelle rivalité peut-il y avoir entre moi et un homme (pii n'a pas même l'âge de mon fds? Quand j'étais dictateur dans la force de l'âge, et dans une carrière de grandes actions , personne , ni dans le sénat ni devant le peuple, ne m'entendit m'opposer à ce que le maître de la cavalerie cpii m'atlaquait reçût, chose inouïe jus(ju'alors, un commandement égal au mien. J'ai voulu obtenir, par des actions plutôt que par des paroles, que celui
LKS (^.ARACTÉRES DANS TITE LIVK. 231 qui iii'avail rlr (\i:alt'' par Ic^jiif^ciîionl des aulres ino mil par son propre aveu au-dessus de lui- 111(^1110. Ce iiï'lail pas pour entrer en lice el en ri\ alité, après avoir épuisé tous les honneurs, avec un jeune homme (jui est dans Iji fleur de TAfre ; sans doute, pour (jue si on lui refuse cette province d'Afrique, on me la décerne à moi (jui suis fali^^ué non-seulement d'agir, mais de vivre ! Avec cette g:loire ((ue j'ai acquise, je vivrai désormais et je mourrai ; j'ai empêché Annihal de vaincre, alin que vous, qui êtes maintenant dans la vigueur de l'âge, vous puissiez non-seulement lui résister, mais le \aincro '. » Fahius dédaigne si fort et repousse si loin les soupcons'dc jalousie ([u'il les justilie; il se convainc en se disculpant. Ce jeu de passion est habilement exprimé. Mais un trait 'de comédie sérieuse est-il un portrait? .Javouo (|ue depuis ({ue je lis (^etle harangue je vois moins clairement la (igure si nette qu'avait tracée Plutarque. U me semble même que ce ton allier et cette dextérité d'élociuence s'ajustent mal au caractère déjà construit; le biographe curieux et miimlieux est plus exact (|ue riiistorien orateur.
« Scipion, dit Tite Live 2, non-seulement fut admirable par ses vertus véritables, mais encore,