‹ Essai sur Tite Live (volume 4)Chapitre 10 sur 103 · Suétone, cité par M. Michelet · texte numérisé non relu

Suétone, cité par M. Michelet

jeunès gens; Claude s’y était appliqué par le

conseil de Tite Live lui-même. Tout occupée de

Futile, sans autre art que l’éloquence, Rome n’a

ni l’imagination flexible, ni la sagacité patiente,

ni la philosophie désintéressée qui font l’histo- • * « % rien.

On n’avait alors nulle idée de la grossièreté antique. Cicéron, le plus grand esprit de Rome, croyait que du temps de Romulus les lettres étaient anciennes et florissantes, et ne souffrait pas qu’on appelât : Romulus un barbare 1 , À la vérité, il doutait des entretiens de Numa et d’Égérie, du rasoir de l’augure, des fables trop

poétiques, et, en dépit de son patriotisme, deve-

. nait, par bon sens, sceptique et critique. Mais il . louait longuement la prudence des' premiers rois, et développait les profonds calculs de leur politique. On 'croirait, à l’entendre, que les législateurs de Rome furent des philosophes grecs* politiques de cabinet, occupés à combiner des institutions comme les pièces d’une machine. Au siècle dernier, nous jugions de même la consti-' < ' tution de Lycurgue, oubliant que, s’il y eut un Lycurgue, il ne fit que transformer en lois les mœurs des Doriens. Quoi de plus faux et de.

plus aimable que le personnage de Caton dans

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