Suétone, cité par M. Michelet
jeunès gens; Claude s’y était appliqué par le
conseil de Tite Live lui-même. Tout occupée de
Futile, sans autre art que l’éloquence, Rome n’a
ni l’imagination flexible, ni la sagacité patiente,
ni la philosophie désintéressée qui font l’histo- • * « % rien.
On n’avait alors nulle idée de la grossièreté antique. Cicéron, le plus grand esprit de Rome, croyait que du temps de Romulus les lettres étaient anciennes et florissantes, et ne souffrait pas qu’on appelât : Romulus un barbare 1 , À la vérité, il doutait des entretiens de Numa et d’Égérie, du rasoir de l’augure, des fables trop
poétiques, et, en dépit de son patriotisme, deve-
. nait, par bon sens, sceptique et critique. Mais il . louait longuement la prudence des' premiers rois, et développait les profonds calculs de leur politique. On 'croirait, à l’entendre, que les législateurs de Rome furent des philosophes grecs* politiques de cabinet, occupés à combiner des institutions comme les pièces d’une machine. Au siècle dernier, nous jugions de même la consti-' < ' tution de Lycurgue, oubliant que, s’il y eut un Lycurgue, il ne fit que transformer en lois les mœurs des Doriens. Quoi de plus faux et de.
plus aimable que le personnage de Caton dans