‹ Essai sur Tite Live (volume 4)Chapitre 11 sur 103 · Cicéron, de la République , passim · texte numérisé non relu

Cicéron, de la République , passim

ie Traité de la Vieillesse? Que de grâce et d’élégance dans le dur campagnard ! avec quelle délicatesse il décrit la beauté des champs en fleur, les tiges molles et verdoyantes des blés qui s’élèvent, les- épis dont le grain laiteux s’enfle et sc durcit! Avec quel enthousiasme il espère ' la mort qui le dégagera du corps, et la vie immortelle! Qu’on lise , les six derniers livres de 1 ’Ènéide, et l’on saura quels étaient, aux yeux des savants et des, poètes» les anciens Romains. Pauvres, de mœurs simples et frugales, invincibles au travail; l’orgueil national et l’esprit philosophique pouvaient le confesser. Mais sous ces hahits do paysans et de chasseurs, on voulait voir des âmes modernes, cultivées, pleines de sentiments fins, des esprits réfléchis, habiles dans l’art de converser, de disserter, dignes élèves de Cicéron et de Virgile , tels enfin que les Français imaginaient les Francs avant de lire les Martyrs. Nul livre mieux quo las Métamorphoses nfe montre combien on ignorait l’antiquité héroïque et divine. Ces nobles légendes,, toutes animées de vagues idées philosophiques, de la plus large et de la plus pure poésie, deviennent, entre les mains d’Ovide, de jolis contes, ornés d’heureuses antithèses, parfumés . d’esprit et de bel esprit, qu’une femme de Rome eût déroulés volontiers à sa toilette. Les Ro-

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mains étaient trop raffinés et trop hautains pour comprendre la grandeur et la brutalité des âmes barbares, et Tite Live est admirable d’avoir entrevu l’antiquité et la vérité.

On avait pourtant des érudits. Quand des Romains, Yarron ou Pline, se piquaient de savoir, insatiables conquérants comme leurs pères, ils entassaient des montagnes de documents., Yarron, dit Cicéron 1 , nous a enseigné « l’àge de notre -patrie, les divisions de notre histoire, les lois des sacrifices et les droits des pontifes, la discipline domestique et militaire, remplacement des lieux et des quartiers, les noms, les classes, les emplois et les causes de toutes les choses divines et humaines. Nous errions, voyageurs- et étrangers dans notre ville; tes livres nous ont conduits chez nous* et nous ont enfin appris où et qui nous étions. » Il est vrai que Yarron dicta plus de cinq cents volumes, que les titres de scs Ménippées

sont ingénieux, que ce que saint Augustin a con-

servê de sa théologie est utile, que son livre sur l’agriculture est d’un style facile et agréable, qu’il a vécu dans les affaires et n’a rien d’un pédant. Mais, commo Atticus, il fabriquait des généalogies, et outre le malheur de faire l’histoire des maisons troyennes, il eut celui d’inventer cer-

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