Tite Live* IX
les louanges des vainqueurs, celui-ci vantant
leur v vertu, celui-là leur noblesse, sans grand
souci de leur patrie, fort disposés à justifier sa servitude, concluant tous deux que la puissance
fait le droit, et que le devoir du faible est d’obéir au fort 1 . Tite Live avait plus de raisons qu'eux ' pour louer Rome; et pourtant, quand son Lycor- . las plaide devant Appius pour la triste Achaïe, à son accent d’indignation contenue, à ses élans de fierté douloureuse, on sent que le Romain a entendu le dernier soupir de la justice et qu’il * est un moment du parti de l’opprimé.
IY. Il est encore mieux en garde contre la vanité d’auteur que contre les préférences de citoyen. 11 avoue librement ses incertitudes et ses ignorances*, ne voulant point paraître plus instruit qu’il n’est, ni affirmer au. delà de ce qu’il sait. Il laisse au lecteur le soin de prononcer sur les traditions qui précèdent la naissance de Rome ; il ose à peine décider si les Horaces étaient Albains ou Romains, quel fut le premier dictateur, combien il y eut d’abord de tribuns; il éYite de nous imposer son jugement; pour peu que l’opinion contraire ait de vraisemblance, il la donne après la sienne. Il ôte lui-même beaucoup d’autorité à son récit, en disant que la plupart des