‹ Essai sur Tite Live (volume 4)Chapitre 28 sur 103 · Voy. Leclerc, Journaux chex le sRomains · texte numérisé non relu

Voy. Leclerc, Journaux chex le sRomains

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nius Libop, 4c Cassius Hemina, de Sempronius . Tuditanus, de Lutatius, du savant, V.arron L Au moins il eût dû lire les origines du vieux Caton,

le dernier Italien de l’Italie. Son malheur et son

tort sont de laisser là tout ce qui pourrait le mettre face à face avec les fyits, tout à l’heure les documents originaux et les écrits contemporains, \ maintenant la géographie. Polybe et Diodore avaient visité et étudié les pays dont ils font l’his- . toire ; Tite Live, point, sauf les Alpes, peuH^re, si voisines de sa patrie 1 . De là plusieurs erreurs. Laissons* les savants le hlàmer d’avoir confondu l’expédition du lac Fucin avec une autre contre , . les Volsques J , l’Achradine à Syracuse avec l’Ile 4 , d’avoir placé chez les Èques Alba Fucens des Marses 5 , et, ce qui est plus grave, de décrire assez obscurément les marches et les batailles.* Cos taches gâtent un point; mais il en est d’autres quj s’étendent au loin, et axèrent la couleur de toute la toile. Sauf une remarque sur le soleil d’Italie, que les Gaulois ne peuvent supporter, et un éloge oratoire de la situation de Rome, Tite Live n’a jamais observé les climats pour comprendre les mœurs. Je sais que cette méthode est

toute moderne ; que, depuis trente ans seulement,

l. Lachmarm, I, 43, — 2. Jtf., 105. Voy. dans Tite Liye le passage des Alpes, par Annibal. — 3. Tite Live, IV. — 4. li., ■

. ' XXV, 30; XXVI, lft. r— g. |<J., X, 1. , . '

on essaye de retrouver les passions éteintes, en \ reconstruisant les objets d’alentour ; que les premiers nos historiens ont observé les arbres et les pierres pour deviner l’Ame. Les anciens, moins • contemplatifs et moins rêveurs, ne racontent que la politique et la guerre, et préfèrent l’exposé des actions à celui des sentiments. Mais, sans raffiner ni conjecturer, Tite Live pouvait imiter Hérodote et Polybe, et ce n’est pas trop exiger d’un . historien que de lui donner pour modèles un raisonneur et un conteur. Le chroniqueur curieux* ouvre son histoire d’Égypte en décrivant le sol noir et crevassé, don du fleuve qui s’allonge entre lès sables rougeâtres de l’Afrique et la terre pierreuse de l’Arabie, tantôt répandu comme une mer sur les campagnes et parsemé de villes, tantôt portant sur ses eaux limoneuses des panégyries retentissantes, et tout un peuple enivré de la puissance de son Dieu. En contemplant dans ces phrases naïves la suite monotone des édifices grandioses et sans nombre qui sont la végé-

tation de ce sol nu, les calmes révolutions de ce fleuve mystérieux et immense ? et l’éternel éclat de ce ciel sans nuages, on pénètre dans la vie imjpobile et dans la discipline étrange de ce peuple disparu. Hérodote, devenu géographe, du

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