Voir les reproches qu'il fait aux anciens historiens
point de traiti=; originaux ni dislinclifs. Evandre, Mczence, Pallas, Turnus, tous également civilisés, ne diffèrent que comme les héros de noire théâtre. Virg-ile, comme Racine, a plutôt développé des passions que créé des personnages. Le don qui est en lui, est cette sensibilité tendre et triste, déjà presque chrétienne, cet amour profond de la nature sainte et toute-puissante, digne des Alexandrins. Mais est-ce à dire qu'il ait animé des figures saisissantes et inventé, comme Homère, des hommes réels? Ni lui, ni Horace, encore moins Ovide, Tibulle ou Propcrcc, n'ontdessiné d'une main ferme ces portraits nets et frappants de peuples ou d'hommes que nous exigeons de rhisloricn, et qui sont la meilleure partie de l'histoire. Ils n'ont pas l'inspiration surabondante, qui répand sur tous les terrains les êtres poétiques. Ils disent plutôt ce qui est dans leur cœur que ce qui est dans celui des autres. Aucun d'eux n'a donné à Tite Live l'exemple de cette conception forte, dans laquelle l'auteur s'oublie, dominé et possédé par les personnages ressuscites qui habitent et se meuvent d'eux-mêmes dans son esprit. Les âges littéraires ressemblent aux îiges de la nature'. A de longs intervalles des générations sans parents ont paru dans la pen-