Tilc Live, VI
l'IlILOSOPIIIK DE I/IIISTOIRE DANS TITE EIVE. IGl
guerres samniles? Que dire des cxpédilions d'Espagne et de Gaule? On marche sur des monceau.:: d'ennemis, en aveugle, comme le soldat qui les a lues. Tile Livc rssaye-t-il en un seul endroit d'expliquer la tactique d'Annibal ou les mouvements des armées de Macédoine et d'Asie? Qu'un historien ignore l'art militaire, qu'il s'abstienne ih' juger les plans de campagne, et d'assigner aux vaincus deux cents ans après leur mort ce (|u'ils devaient faire, on l'excuse. Mais encore doit-il rendre raison des principaux mouvements; sinon, qu'il abrège et qu'il cesse d'énumérer des faits qu'il n'entend pas. Quand on raconte toutes les prises de villes, toutes les marches, toutes les batailles, on est tenu de les comprendre. C'est fausser les événements que de changer en jeux du hasard les calculs de la réflexion. Ici, comme aiih'urs, les faits ne valent que par la penséu (|u"ils révèlent, et c'est leur oter l'àme t|ue d'omettre leurs raisons. Tite Live eut-il pu les connaître, lui qui s'inquiète si peu de la géographie, et ne décrit pas une seule fois les pays où il conduit la guerre'? Il n'y a touché (jue par hasard, et \)Our remplir ses discours. Par la même raison, il a laissé obscure la politique du sénat. 11 a cité les décisions sans montrer les maximes; il a mar([ué les fondations do colonies et les