Saint-Éyremond
L « des » que diode sans en y égalité et des garanties? Licinius Stolon faisaitoil une action « indigne » quand il refusait de | porter L la loi agraire à moins qu'on ne vott en
même temps sur le partage du consulat? Pour que le peuple eût protection, il fallait le forcer | ie prendre un des consuls dans son ordre, et rien - n’est plus noble que la fr anchise et la fermeté du tribun. Je reconnais que Tite Live a plus d’une fois blâmé « la violence et la dureté » des patri- : ciens: qu'il n’a pas dissimulé, comme le flatteur Denys, l'assassinat de Génucius; queses tribuns % à | plaident pour le peuple avec une force incompa- . rable; que, s’il a blâmé les Gracques, Cicéron,
7 do nouveau et équitable, l'avait fait avant lui; que ses auteurs sont eux-mêmes patriciens et Romains; en un mot, que sa bonne foi est : entière. Mais ces raisons excusent l’homme, sans justifier le critique. Un panégyrique, si sincère vi soit, n'est Lens histoire. C'est peu d’ai-
+ Does tee il faut encore l'aimer en savant, | et plus quetout. ; Ru .
1, Tite Live, I, 8; IV, 40. |
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V. Delà vient qu’il n "est pas assez clairvoyant f À C'est la passion du vrai qui donne le doute, ‘et, # De sansle besoin de certitude, on se contente à ne. 4 . de frais. À peine a-t-il interr ogé ses auteurs sur ee leurs sourcés; sa science là-dessus tient dans les : | six lignes que voici : «. De la fondation à ie ' Mur cenidie, les monuments furent rares, parce qu? on Aie . écrivait peu; ils périrent en grande partie dans : l'incendie. Après ce moment, ils deviennent a Es authentiques et plus nombreux ; vers la use : “ guerre punique, Fabius Piclor, Cincius et ies autres sont contemporains des faits qu’ils . oi portent. » Tite Live s’en tient à ce sommaire, et - ùe là-dessus commence son récit. Quels documents. : S Fabius a-t-il consultés? de combien d'espèces ? ‘se quelle foi méritaient-ils? étaient-ils sincères, . … complets, non altérés? Comment Fabius les ait lus? était-il impartial, capable de bien juger, ' ie exercé à la critique? Sur tout cela, nulle recher- 402 che. Tite Live eût-il entrepris cet examen, lui
se qui n’a pas daigné ouvrir les documents origi- ‘. naux? Pour toute critique, il a quelques règles de bon sens et l'opinion commune. Fabius est ae ne Ho plus ancien; Fabius et Pison! sont les plus accré-
er . dités : donc ils sont les plus véridiques. D après ce raisonnement, il prend l'histoire dans leurs sk Ë t | Re:
1 Tite Live, VI, 1.
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es erreurs | prévues de ses on ut impar- faits, et marquer de combien sa probabilité | . os de évidence. Quand on A profon-
ne une patate une délibération, une sé- . dition. Mais souvent il ignore les mœurs Le) + étranges et oubliées qui ont fait les institutions, : les révolutions obscures et lentes qui les ont à . défaites, sa ces vasies mouvements insen- Hs {
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siècles. Romulus, un jour, s’avise d’un décret, et | voilà le peuple divisé en deux ordres, Numa, d'un LE ME
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cesse d’insister en faveur de Tarquin de peur te
|conquises pour eux par. Coriolan? Tite Live s’ ar.
Il west ni homme d’État ni homme de a
vient subitement si pieux et si juste que ses voi= sins se font un scrupule de l’atlaquer. Puis aussitôt on entend le terrible chant de Tue Hoslilius. Tout s’improvise; les esprits changent, les institutions naissent comme par magie. Dana | ce roman peu vraisemblable, on à oublié deux É
choses, la nature de l’homme et le temps. Que ir
dire de la délicatesse du bon Porsenna, qui
d’être indiscret? de La ponctuelle obéissance des Volsques, qui ne gardent pas une seule des villes :
rête devant les fables trop évidentes ; il doute du. … # ne W gouffre de Curtius, du corbeau de Valérius. de Mais que d’obscurités et d'erreurs dans ses récits de victoires supposées et de séditions confuses !.
il ne songe ni à contrôler le récit d’une Camps nes par l'étude des lieux et la comparaison des mar- 4 ches, ni à expliquer les dissensions civiles en cherchant l’origine, la composition et la situation des partis. Dira-t-on qu'il s'est figuré clair ement les mœurs et les sentiments propres aux temps À anciens, et que, pour peindre les temps barbares, | il a pris les couleurs et les traits de la barbarie? | $ Mais, sauf quelques formules frappantes jetées çà et là par hasard, il représente l'antique Rome, 4
£ ant, les mœurs et le style, les tutons et les entiments. Entre le Are d’ Honpee et le sup-
ondints dou d’un art consommé et d’une élocution choisie, dignes de Messala ou de Pol- ; Jion. Voyez. comme Tullus Hostilius a profité entre les mains de Tite Live, comme le féroce >arbare est devenu habile harangueur. Un ora- Dore eût-il mieux pr cure Ie rs et Hans
po j
; ‘aux dieu AOL soute à votre courage, 4 wi dans le combat d’ nue car vous avez com-
no ie un ennemi he ne el ne dun eux, . mr la :Henaie à et . trahison de vos alliés. Ne
vous-mêmes, si j'avais voulu 4 vous mener os : de votre poste. C’est Mettius que voici quiles a conduits là; c’est Mettius qui est le machinateur de cette guerre; © est Mettius qui est le violateur des traités conclus mois Albe et Rome. Mais je veux qu'un autre ose à l’avenir une action pareille, si je ne donne aujourd’hui en sa personne une leçon éclatante aux mortels. Mettius Fuffé- Eee ou
AE NÉE Fa me
Le
Les __ tius, si tu pouvais apprendre à respecter la foi et les traités, vivant tu 8 aurais reçu de moi cet en-. ne. k
“4 | rable, enseigne di moins au genre humain, par La pe. ton supplice, à croire à la sainteté de ce que tu ‘ ni as violé. Ainsi, de même que tout à l’heure are âme a été partagée entre Fidènes et Rome, de
même tu vas livrer ton corps qui sera déchiré
en morceaux *.» Trop heureuse et trop à antithèse! J'ai honte de comparer Tite Live à
Mézerai; mais c’est justice, et Tullus parle aussi Hit bien que les nobles de Childéric?. Songeons que : ie - Tullus, Scipion, Caton, plébéiens, patriciens, si aa -. Grecs, Romains, barbares hommes de tous temps es
et de tous pays, ont chez Tite Live le même lan gage exquis, le même bon goût oratoire et la
. ‘ 7 7 . . Het D même science du raisonnement, disciples de la même école, formés sous un maître qui, bongré