‹ Essai sur Tite-LiveChapitre 30 sur 95 · Beaufort, Dissertation, etc. p · texte numérisé non relu

Beaufort, Dissertation, etc. p

» Don en nt: ses noter Éértalaes |

: ment on pourrait lui dire : « Prouvons que les à Annales ont pu être composées, qu’elles ont dû it

l'être, qu elles l'ont été. Vous supposez sans rai

son que les Romains ne savaient point écrire. Ho * L'usage de ficher un clou dans un temple est une Frs cérémonie religieuse, non un moyen de fixer les. + dates; on s'en servait pour conjurer la peste, et | non pour marquer les années. Polybe a vu dans | AA le Capitole des traités conclus avec les Carihagi- 2 470

nois dès les pr emiers temps de la république, et sn Horace, comme Denys, en a iu d’autres, faits avec : les Gabiens et les Sabins sous les rois. Ne sait-on pas d’ailleurs que, dès la fondation, les Étrusques .

se étaient civilisés et savants, que Rome reçut d'eux. © +. .. | plusieurs institutions, que deux fois même, A : comme vous l'avez indiqué, elle leur fut sou- ee mise? Donc on pouvait à Rome écrire l’histoire. ei

RE les patriciens ont dû l'écrire. Toute classe

noble tire sa force du passé, et conserve les sou- . venirs qui la fondent. — Ils l'ont écrite, et par la ue main d’un magistrat; ni texte, ni conjecturene

| prévaut contre Ser vius et Cicéron, selon qui les Dos a “ 1. Leclerc, Ra a.

d'autorité, puisqu on ne sait ni qui il fut, ni dans

D'abord, on sait par Cicéron que les Annales,

100 1 CHAPITRE UL. A Annales remontaient à l'origine des chose rO=. À maines. — Ont-elles péri dans l'incendie? Ce. Cio-

dius, que vous. citez d’après Plutarque, n’a pas eo

quel temps il vécut; et on peut lui opposer De- Ÿ nys, qui affirme que les premiers annalistesont tiré d’elles tous leurs documents”. Reconnaître À comme Tite Live qu’elles ont péri en partie, c'est dire qu'elles ont été conservées en partie, soit dans le Capitole, soit dans les temples qui ne. furent pas brûlés, soit parmi les objets sacrés qu’on enterra, soit parmi ceux qu'on porta à Céré. Peut-on croire que, dans cette restauration à des traités, des lois, des livres sacrés, ordonnée . par le sénat après la victoire, un peuple si soi- ; gneux de ses antiquités, si occupé de la sors de ses ancêtres, si attaché à ses institutions, si scrupuleux quand il s'agissait de textes et de s souvenirs écrits, ait renoncé à son histoire, et d’un seul coup effacé sa vie passée? Certes, les pontifes ont rétabli et complété les Annales, à l'aide des traités et des lois conservés ou relrouvés, de la tradition, des annales des villes voisi-. ; nes, qui toutes avaient une histoire?, 2 voici :

maintenant les preuves de ces vraisemblances.

1, Denys, t. I, p. 59. — 2. Leclerc, des Journaux chez les ë À Romains, p. 11. — 3. Cicéron, de la République, I, 16. 2

À ‘année : par année, on | rencontre, de des btil. FRE | iies, narrations ee des faits TS RU

oindre doute, les tables que le At ati à sa RE te. is tel sun est fondé, ; els

ue dans les récits ans des guerres pu- I niques Qu aps l'incendie a restaur ation des

es

de Servius, des inscriptions antiques que vous ére contestez à tort, puisque Pline en vit plusieurs

102 CHAPITRE Ut. So.

tions que vous marquez, et Cicéron le prouve a disant qu'on fut obligé de partir de l’éclipse de LO4 pour calculer les précédentes. Mais il demeure fie sonstant que Rome garda un corps d’annales qui, x à partir du tribunat, était digne de foi. Pour les règnes des rois, vous avouez qu'on avait des tra ditions, et plusieurs lois et traités intacts etimportants; et nul ne doute que depuis l'incendie jusqu’à Fabius Pictor les Annales n’eussentétéré gulièrement rédigées et conservées. Maintenant, ‘re sans parler des monnaies dont plusieurs dataient ni

RE nt Por

contempor aines dela fondation de la républiquet, à, x on lisait dans les livres des pontifes les formules ee des traités, dans les temples les plébiscites et les et sénatus-consultes, dans les Fasles la suite des. ; ee magistrats, dans les archives de famille les ue PE développés. Y a-t-il beaucoup de peuples dont les premiers siècles aient laissé autant de monu- “ : ments? Fabius Pictor trouvait donc des détails fai certains à partir de l'incendie, des détails cer tains encore, mais moins nombreux et mélés d'erreurs, à partir du tribunat, les principaux faits authentiques, quoique joints à des fables, à partir du roi Servius, puis quelques noms et. Er

l Pline, Histoire naturelle. XXXV, 2

LA CRITIQUE CHEZ LES MODERNES

| l'indication de ne grandes révolutions ca- À chées sous les légendes, depuis l’origine jusqu aux Tarquins. Si Tite Live eût étudié, non les . historiens, mais les documents eux-mêmes, son livre serait aussi vrai qu’il est éloquent. — Nous

| avouons maintenant que ces hisloriens ont fait eo des documents un médiocre usage. Rome, lors- ie - qu'ils ont paru, commençait à devenir grecque ; À Fabius, Pison, Cincius, à l’école des subtils et - Asen rhéteurs, n ’apprenaient pas à comprene dre la poésie et la barbarie des premiers âges; f et des consulaires, qui venaient de quitter leur + siége au sénat ou leur cheval de guerre; ne Sa ent ni ne voulaient s’enfoncer dans les doutes minutieux de la critique. Le grave Fabius a + AR donné la chronologie des rois d’Albe; il a tiré | : ne un Grec inconnu l’histoire d’Énée, ét. par une malencontreuse exactitude, il a placé au quaz trième mois de la ville l'enlèvement des Sabines. à Telle était à peu près la critique des moines de Saint-Denis, qui ouvraient leur chronique pa l'histoire de Francus, fils d'Hector, fondateur de la nation française. Le dialogue de Romulus et des buveurs, dans Pison, est digne du roi Dago- . : bert et de saint Éloi son ministre. Le docte Cin- __ cius rapportait les actions d'Évandre, et Valérius : Antias avait employé tout un livre à à développer 2 les contes DUepis qui précèdent la légende de

te Eu #8

songes qui ns dincondfé sont née à de

vérité. Vous avez prouvé que, s’aularisant des a traditions, ils ont par orgueil, dissimulé les dé- ‘.& faites de Rome, et copié, dans les archives de à

garde outre d’ altér er les taie que vin connaissez si bien, qe nl tr He Denys due

avaient tous manié les affaires, que personne 1 ne doute de pus dignes u de leur EE toi, que ;

' jeu de in et béaudo de de prudents, peut dégager FÉIRLOITÉ du roman. |

| 4 CRITIQUE cuez LES MODERNES. | 305. Je Un sauve ainsi en partie l'autorité des docur 1ents. FONE les an ments qe vous détruisez,

à des Lu plus Mantes: Romulus et Noms ont-ils vécu, on n’en sait à ss mais on suppose que Rome fut. d'abord un

A ndion qui eut les as règnes, no k avec vous l’on admet que, sous les Tarquins, Rome devint la capitale d’un État puissant, civi- a lisé, , capable de construire de grands monuments son d’ où Von conjecture qu "elle fut alors conquise par! les Étrusques. On pense, avec vous, que les . : dévouements d'Horalius Coclès et de Scævola sont, de ea ï i sinon invraisemblables, du moins peu certains, que! Rome fut prise par Porsenna, que plus tard PAC ne se racheta des, Gaulois. On tâche de retran- AE ne

106 2 GHAPITRENL où il y a des fables, tout soit fable. On défend ] les

faits probables de la contagion du doute; on sait |

que, pour deg événements reculés, il n’y a pas de démonstrations géométriques, qu'à défaut de cerlitude l'historien doit se contenter de vraisem-

blances, et lenir un événement pour vrai quand

il n’est pas absurde, et que le témoin a pu en être

informé. On juge enfin qu'il faut de la discrétion -

dans la critique, et qu’en voulant tout prouver,

on finit par ne rien savoir. On loue votre mé- … thode ; on use de vos recherches; on s’instruit par vos objections; mais on ne rejette pas le.

récit de Tite Lie On emploie vos doutes à le

corriger, non à Le discréditer. Un grand critique, | aussi peu crédule que vous, mais moins seepti-

que, viendra, parce qu’il est philosophe et poëte,

ébranler encore ce vaste édifice, mais pour le

restaurer.» |

$ 2. NieBuur,

I. Un érudit allemand du dix-neuvième siècle. — L'histoire commence par l'épopée. — Histoire probable de Rome. — Les luttes de classes à Rome sont des luttes de nations. —

Découvertes dans l’histoire des institutions et des lois. —

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