‹ Essai sur Tite-LiveChapitre 61 sur 95 · ENCRES · texte numérisé non relu

ENCRES

qui s rest passé. Pendant presque toute ta niits se P. Sempronius Tuditanus n’a cessé de leur a | seiller et de les presser de marcher avec lui, tandis qu'il n ‘y avait que peu d'ennemis autour Ai camp, que tout était dans le repos et le silence, : et que la nuit couvrait l’entr eprise. Avant Ja lue. mière, on pouvait parvenir en lieu sûr, dans les villes alliées. Du temps de nos pères, Publius Décius, tribun des soldals dans le Samnium, du temps de notre jeunessé dans lapr emière guerre punique, G. Flamma avec trois cents volontair es : d les menant prendre une hauteur située au milieu à des ennemis, leur dit: « Mourons, soldats, et . « par notre mort, délivrons d'un siége les lé- ‘ SAS « gions entourées. » Si P. Sempronius vous eût ca dit cela, et que personne ne se fût présenté pour He | : IT étre L compagnon d'un si grand courage, il ne ‘4 vous eût regardés ni comme des hommes, ‘ni : ie SA comme des Romains. Il vous montre un chemin se ae qui conduit non-seulement à la gloire, mais au 200 1 salut. Il vous ramène dans votre patrie, vers vos is parents, Vos femmes et vos enfants. Pour vous sauver vous-mêmes, le cœur vous manque! Que put à feriez-vous s’il vous fallait mourir pour la patrie? AR Cinquante mille citoyens et alliés tués ce jour-là ie | - même gisent autour de vous. Si tant d’ exemples | de courage ne vous touchent pas, jamais rien ne vous touchera ; si un tel carnage ne vous donne

pas le. mépris de la vie, jamais rien ne vous le donnera. Regrettez votre patrie, oui, mais libr es. e { sauvés, ou plutôt regrettez-la quand elle est ù encorevotre patrie, quand vous êtes ses citoyens. . Vous la regrettez trop tard aujourd’ hui, frappés | de mort civile, -exclus des dr oits de citoyens, es- claves des Car thaginois. Remonterez-vous à prix à argent au rang d’où vous êtes tombés par là- cheté et par bassesse? Vous n’avez pas écouté Sempronius votre concitoyen, qui vous ordonnait de pr endre les armes et delesuivre. Un peu après, vous avez écouté Annibal qui vous ordonnait donner votre Camp él de AUTeS vos

4 . ue, vous s qui, lorsqu’ il faut rester et détour. o dre le camp par les armes, livrez et le camp et. vous-mêmes et vos armes à l'ennemi ? Mon avis,

Pères conscr its, est que nous ne devons pas plus

2 qui sou ui du camp à à travers du et à . force d de bravoure se sont conservés à leur is

ie Tite Live, XXII, 60. comparez Got accent à celui de Cons +

Ne me parlez j jamais en oo d’un infâme; Qw il me fuie à l’égal des frères de sa femme.

passion, c’est une vertu. Les Romains combat … tent par honneur et devoir, incapables de fléchir, fée parce qu’un cœur d’ a se révolle à la moin- Fe dre approche ou apparence de pardon, parce que 1 ’humiliation est pire que la ruine, parce qu'il vaut mieux perdre tout que céder rien’. C'est os pour cela que Rome augmente ses prétentions ai avec ses revers, qu'elle ne consent à traiter que pour faire grâce, qu’elle ne souffre autour d'elle + que des protégés, des süppliants et des sujets,et « porte son empire aussi loin que la terre, son ne = courage aussi haut que le ciel ».

L’orgueil donne le calme. L'homme qui veut être digne reste grave, et le Romain accomplit ne ; sans émotion ni enthousiasme les plus grands événements. L’orgueil divinise la patrie, parce. qu’elle donne au citoyen la gloire et l’empire, A sans lesquels il ne peut vivre. L'orgueil sacrifié la famille, parce qu'il appelle faiblesse les affections qui la fondent. On voit dans les harangues de Tite Live combien à Rome le dévouement est . simple, tranquille et réfléchi. a Fabius Dés : o

Pour conserver un sang : il tient si précieux, FE IR Il n’a rien fait encor, s’il n’évite mes yeux. 5 Ra RE

Je sais trop comme agit la vertu tenue à o C’est sans en triompher que le nombre l’accable, IE Sn Et sa mâle vigueur, toujours en même point, ni Succombe sous la force, et ne lui cède point.

1 Tite Live, XI, 62. (ne neo

2, plus emplois. Nous avions équipé pour trois raisons la flotte que tu as commandée cette 4 année, pour que la côte d'Afrique fût dévastée, A pour que les rivages de l'Italie fussent en sûreté, surtout pour quede Carthage on ne fit point pas- serà Annibal des renforts, des vivres et de l’argent. Créez consul abiline s’il a rendu à l'État, he ! je ne dis pas tous ces services, mais un seu 110 : n'importe à personne plus qu’à toi, Olacilius, qu'on ne melte pas sur tes épaules un fardeau

à sous lequel tu succomber ais. Héraut, rappelle au : . : suffr age la centurie des jeunes gens de PAnio.» di —‘Comme Otacilius s’écriait avec emportement FRS que Fabius voulaitse continuer dans le consulat, he se

et se déchainait os lui, le porens GEdonné

abius est si sûr des son désintér essement, qu'it > cr aint pas de. paraître ambitieux ét tyrannie, et le peuples ni juge comme lui, sur-le-

206 © CHAPITRE pue Én

. détourne, fait sonner la trompette pour Convo-. | quer l’armée, et prononce à l'instant cette pa ii

meuvent pour toi. Mais, puisqu'il faut par ta mort

champ . nomme consul. — Le filsde Manlius ue combattu contre l’ordre de son père. Il arrive AVEC ou les dépouilles. Sans lui dire un mot, le père se .

tence : « Puisque, sans respect pour l'autorité ÿ consulaire et la majesté paternelle, T. Manlius, tu as, contre notre défense, hors des rangs, COmM- . battu un ennemi et dér uit, autant qu'il était en. toi, la discipline militaire par laquelle jusqu’à ce sn) jour a subsisté la chose romaine; puisquetu m’as

amené à la nécessité d'oublier ou la république

ou moi-même et les miens, portons plutôt Hi peine. de notre crime que de faire payer à la: ré. Le publique notre faute par un “{ grand dommage. 15 Nous serons un triste exemple, mais salutaire à l'avenir pour la jeunesse. Sans doute, l'amour naturel au père el cette marque d’un courage trompé par une vaine apparence de gloire m’é

sanctionner les ordres des consuls ou par ton. impunité les abroger pour toujours, je ne crois pas que toi-même, si tu as dans les veines une goutte de notre sang, tu refuses de rétablir par {a peine la discipline renversée par ta faute. Va,

licteur, attache-le au poteau", » Ce raisonne-

Page 1