Tite Live, XXI, L, — 9, M. Michelet, Voy. pqus tous ces
w portraits son Htoite romaine.
que |
ke saque dioice, étendu parmi les de et les
grandes qualités. étaient égalées par de grands |
mirable et infâme il AE dans ce Hi assem-
299 (2 13e CHAPITRE TH:
blage de brigands payés, qui sortaient de la
guerre inexpiable, mélange de toutes les reli-
gions, de toutes les langues, de toutes les mœurs, sans famille ni patrie, & vraies Sodomes
errantes, dont l’ancienne eût eu horreur. » An-
nibal avait livré sa beauté à Asdrubal, Asdrubal
avait livré la sienne à Amilcar, et ainsi se trans-
mettait le commandement!. Mais vingt ans de
guerre, trois grands capitaines, tant de combats F contre les opiniâtres Espagnols, ont fait d’eux
les meilleurs soldats du monde, disciplinés comme ceux de Rome, aussi braves par métier
que les Romains par orgueil. Annibal, nourri sous la tente, est comme eux un aventurier et un
soldat. Après Zama, il jette à bas de la tribune Giscon, qui parle contre la paix; il rit tout haut
quand les sénateurs s’affligent de payer le tri-
but ; Phomme d'épée et d’action estime à leur prix ces parleurs et ces marchands. Il ajoute à sa tactique les ruses de l'officier de fortune, embuscades, surprises, intrigues. Il se déguise tous les jours pour rendre vains les complots des Gaulois auxiliaires; il échappe à Fabius, défait Sempronius, détruit Flamininus, tue Marcellus
par des stratagèmes. Il maintient les soldats, comme Wallenstein, « en prodiguant l'argent,
\ 1. Tite Live, XXI,2 et 3
dit id en ‘exigeant un dévouement absolu, une “52 obéissance immédiate, outrageusement dédai- | gneux pour Je reste ds hommes. » Il traite l’Ita-
les puits les sénateurs d’Acerra, brûlant vives les femmes de ceux qui l’abandonnent, transportant en plaine les cités suspectes, égorgeant les Ilaliens qui ne veulént pas s’embarquer avec ui. L'homme qui fait son dieu du hasard et de Ja force est volontiers superslitieux. Wallenstein
: consultait les astres. « Annibal était habile à lire …
dans les entrailles des victimes. » Tous ces traits de son caractère sont des impressions de l’édu- cation;ilest habile et injuste, sans doute, mais à sa manière. Dans tout homme les qualités gé-
sont. des nuances. Chacun reçoit de sa fortune distincte une forme originale ; les circonstances qui façonnent une âme nes bent que pour elle seule, et les moules où la nature nous coule ne servent qu'une fois. Tite. Live eût dû plus souvent briser les siens. Mais, si son œuvre a peu : “de relief, elle a de la grandeur ; il élève-son éloone au niveau de son personnage; il est digne de faire mouvoir « les colosses de l'antiquité », 4 Le discours d’Annibal à Scipion est déjà dans . bolvhe. mais in ’est là qu’un abrégé de raisons, sans accent ni autorité, tel que tout autre l'eût
- lie comme Tilly traita Magdebourg, jetant dans
| … nérales deviennent particulières et les couleurs
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ot pu De Tite: Live met une âme dans ces pe "2" inertes, l'âme d’Annibal; celui qui parle est un PAS vieillard, un politique, un vainqueur, qui sait ; 1) qu'une défaite. perdra Carthage, qui sent que la. …. d. ie __ fortune tourne, qui se souvient de Cannes, mais : ” oe qui prévoit Zama. Il flatte Scipion, mais noble- LE ment; c’est un maître de l’art, qui loue un jeune |
: homme heureux et le conseille. Nul n’est plus à insinuant, mais nul n’est plus grave ni plus LES digne. À Have ses raisons perce le sentiment es
: amer de la fatalité et de la fr agilité humaine. Il ne yemarque avec un triste sourire les dérisions de + LR TER Hd fortune, qui lui donna pour premier ennemi | Ho le père de Scipion, et maintenant le conduit audi prèsde Scipion pour demander la paix. Il s avoue suppliant ; Annibal seul peut prier sans s’abais- . . | ser ; Car, quand il confesse que les Romains sont 1 : devait Carthige il rappelle qu’il a mis son camp é sous les murs de Rome. Sa patrie est vaincue, 7 ses deux nobles frères tués; mais ses regrets ji > sont contenus et sa voix is ferme. Il juge de. 4 5 haut les hommes et les choses, avec une tran- si quillité imposante, digne de son expérience et de. “ . sa gloire, en homme qui se sent le droit d'ins= - je \ Six truire les autres. « Je ne nierai pas, dit- il en. | su | finissant, que, voyant la paix peu Sincérement | aude et attendue, vous ne teniez pour suspecte la foi punique. Pour savoir si elle sera Du
ARAGTÈR ÊRES DANS TITÉ LIVE. 225
fidèlement gardée, il importe beaucoup de savoir qui la demande, RDION: Vos sénateurs si, me dit- on, nous l'ont refusée, un peu
7 parce que nos de dr n'étaient pas ass62 0) | considérables. Aujourd’ hui, c’est Annibal qui de- | mande la paix. Je ne la demanderais pas, si je
k ne la Fin utile; et ie la maintiendrai, Pour
co “fait ie guerre que j'avais ‘commencée, Hide NS | nière que personne n’y eût regret, jusqu’au mopr où ee citr eux - ivre m’envièrent Ja
il sait que seul il vaut tout l'État. ce n ‘était
Der
© Dirons-nous qu ailleurs , lorsque Annibal quitte de Vltalie et quand il s’empoisonne, ses plaintes sont trop longues et trop savamment développées? Développer est l'emploi et le danger, naturel et vo- Jontaire, du talent oratoire. Mais laissons ces
“taches. Tite Live a se so d’en avoir ; CEE
a : CHAPITRE IL.
plus sage et le LÉ grave. Sauf le jour où, par 4 jalousie, il rabaisse les victoires de SG DION Êt= TS s'oppose à ce qu'il passe en Afrique, il n’y a dans ee. ses discours et dans sa vie que raison et que | pe vertu. Ces louanges mettent en défiance. Qu'un. : ei personnage soit ferme et prudent, à la bonne Fe heure, Encore n'est-il pas la prudence et la vertu. sn à
Il est un homme, non une qualité; son naturel | donne un tour dati à sa sagesse. Un être à abstrait est un être mutilé, et ce qui est incom- | plet n’est pas vivant. L’imagination sent qu! nn. manque au portrait quelque chose. Elle s ani et cherche de tous côtés ce qui doit l’achever et l’animer; tout à l'heure un mot sur l'éducation d’Annibal, ici un trait sur l'humeur de Fabius. « On lui donna dès son enfance le nom de petite te brebis, parce qu ’il avait beaucoup de douceur et ie l'esprit lent à se-développer. Son naturel tranquille et taciturne, son peu d’empressement pour les plaisirs de son âge, sa lenteur et sa difficulté à apprendre, sa complaisance et sa docilitémême . pour ses camarades, le faisaient soupçonner dé: * É: bêtise et de stupidité par les personnes du de- Lane hors !, » Ainsi, quand iltemporise, c’estparnatu : rel autant que par calcul. Quand il s’oppose à l’ex- ke ‘à pédition d'Afrique, c’est parinclinationautantque
1. Plutarque, traduction Ricard, Vie de Fabius Maximus, "2 ë à ch. 1. ;
par envie. Sa fermeté héroïque est une tr anquil- + Jité flegmatique. « Alors qu'après Cannes la con- __sternation était générale, que l’excès de la dou- . leur, que le trouble qui en était la suite empêchaient de pourvoir à rien, il marchait seul dans la ville, d’un pas Hoiére et avec un visage tranquille, parlait à tout le monde avec douceur, faisait taire les lamentations des femmes, et dissipait les attroupements de ceux qui M" 8e rendaient dans les places publiques pour y La déplorer les malheurs communs‘. » Quand le peuple, par une injure extraordinaire, lui égale Du le maître de la cavalerie, il est patient, parce
-qu il est impassible. Il va onjoure du même pas, D: leinéme but, « comme une rivière qui coule sans bruit et dont l’action n’est jamais interie rompue, » sans être détourné par les cris, sans même les entendre. Quand les tribuns l’accusent ne de trahison, au lieu de répondre, il dit seulement qu'il faut se hâter de finir les sacrifices, pour qu’il puisse retourner promptement à l’armée, et pu- nir le maître de la cavalerie. Notons pourtant qu’il reste doux et bon. Selon Plutarque ?, quand il vit Minucius enveloppé, « il frappa sur sa cuisse poussant un profond soupir, il dit à ceux qui étaient près de lui : « 0 dieux, que Minucius s’est
À “1 Plutarque, traduction Ricard, Vie de Fabius Maximus, ds &. xXVIN. — 2, 1b., ch. xvnr. Fe
appeler, reconnut qu'on ne l'avait pas. récom-
« perdu beaucoup plus tôt que je ne pensais, mas
« bien plus tard qu'il ne le voulait lui- même ! ne « Soldats, hâtons-nous d’aller à son aide ; souve- FU « nons-nous que c’est un homme de cœur et qui. « aime su pairie. » Il pardonne à Minucius, non à par effort de magnanimité, mais parce qu’il a peu ve senti l’offense. On ne doit pas trouver dans son . DISCUTE le ton solennel, les antithèses SeHÉenSA 1
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vanité once qui perce don Tite Live’. Plata * que rapporte que par goût el par maximes il traitait alliés et soldats avec une grande douceur. 1 Un soldat marse mécontent ayant proposé à plusieurs de ses camarades de déserter, Fabius le fit.
pensé selon sa bravoure, lui donna en marque \Eae d'honneur un cheval-de bataille, et fit de Jui Phomme le plus fidèle et le plus affectionné. Uné autre fois, ayant appris qu’ un Lucanien, contre
les défenses, passait la nuit hors du camp pour À voir une jeune fille qu’il aimait, il la fit amener À et dit au soldat que désormais il n’avait plus de raison pour sortir. Rien de plus frappant quand on connaît par Polybe la terrible et inflexible dis- ;