‹ Essai sur Tite-LiveChapitre 78 sur 95 · NE RUE · texte numérisé non relu

NE RUE

dement. Le peuple lui- même, quia le souverain ponton en toute chose, quand un ARS al, Ru .

toujours, dans sa colère, contenté de le punir par :

une amende ; ; jusqu’à ce jour, on n'a fait à aucun à

chef une affaire capitale d’un mauvais succès. Pe

Maintenant qu ls agit d’un général romain vain- :

queur, d’un homme qui a mérité les plus beaux

triomphes, on fait ce qui ne serait pas permis ÿ

même contre des vaincus, on lève sur lui les ver- à

ni. ges et les haches. Qu’ aurait-on fait souffrir à son

fils, s’il avait perdu son armée, s’il avait été

battu, mis en fuite, dépouillé de son camp? La

violence de Papirius pouvait-elle s’emporter plus

loin que les coups et la mort? GE il serait

convenable que la cité fûüt, grâce à à Fabius, dans

la joie, la victoire, les supplications, les félicitations, et que celui-ci, grâce auquel les temples |

des dieux sont ouverts, les autels fument de sa. <

À crifices, sont comblés d’offrandes, soit mis à nu.

; RS et déchiré de verges, sous les yeux du peuple ro- 2

is main, tournant ses regards vers le api et la. |

citadelle, et les dieux qu'il n’a pas en vain a

rés dans ses deux combats! Dans quels sentiments |

| | l’armée qui a vaincu sous sa conduite et sous ses

a tee auspices suppor terait- elle ce spectacle? Quel deuil

. dans le camp romain! auelle joie parmi les en- à

nemis! »

je Vars oratoire un peu on Die: les ernières raisons siens cu dans le plaidoyer

«6 lle du dieu ‘, et l'ordre de Manlius et l’amour ernel sacrifié à Deer public. pi cn

sent mépriser autorité des autres, pardonnent à la jeunesse, comme une faute légère, le renversement de la nd mutiaire, Il persisiera

la puissance PR ie elle-même, respecte aussi le commandement à Rome, et que $. le peuple n’anéanlisse pas en lui le dictateur et le droit de la dictature; s’il le fait, ce n est pas È Papirius, ce sont les uibuns et le funeste juge :

ment du peuple qu’accusera la postérité, bien.

vainement, alors que, la discipline militaire une = fois profanée, le soldat n'obéira plus au centurion, le centurion au tribun, le tribun au one + le lieutenant au consul, le maître de la cavalerie |

au dictateur; que personne n’aura plus de respect, ni pour les hommes, ni pour les dieux; qu’on n’observera ni les ordres des généraux, ni * les auspices; que les soldats, à l'aventure, sans permission, iront errer en pays ami ou ennemi, et qu’oubliant leur serment ils se mettront en

congé à leur caprice, où il leur plaira; lorsque le‘drapeau, moins entouré d’abord, finira par : . être tout à fait désert: lorsqu'on ne se rassemblera plus à l’ordre; lorsque sans distinction, le … jour, la nuit, en lieu favorable ou désavantageux, sans l’ordre ou par l’ordre du général, on com- : battra; lorsqu'on ne gardera plus son rang ni son drapeau, et que le service militaire se fera au hasard comme un brigandage, au lieu de s'exercer comme une institution consacrée. Tri= - buns du peuple, offrez-vous à tous les siècles

+ pour répondre à ces accusations; dévouez vos têtes à leur jugement pour le Capri de Q. FacDIUS: »

Cette complète décomposition d’une idée en ses . moindres parties, cette logique pénétrante qui suit sans s'arrêter les dernières conséquences d’un pardon téméraire, cette multitude de mou- __ vements qui se réunissent en une même passion, ni ce souffle continu et croissant, qui finit par tout -renver ser, Sont l’éloquence même. La riche ima- | gination oratoïire coule à pleins bords, comme un : grand fleuve, d’un élan irrésistible et régulier. : *« Les tribuns étaient dans la stupeur, et déjà plus inquiets pour eux-mêmes que pour celui qui implorait leur aide, lorsqu'ils furent délivrés de ce fardeau par le concours du peuple romain, qui, passant aux prières et aux supplications, se à demanda au dictateur de faire grâce du châtiment au maitre de la cavalerie. De leur côté, les tribuns , suivant le mouvement qui poussait tout le sn à la prière, conjurèrent instamment le dictateur de pardonner à la faiblesse humaine, à Ja jeunesse de Fabius. Il était déjà assez puni. | Dé le jeune homme lui-même, déjà son père, M. Fabius, cessant toute résistance, lombaïent à ses genoux et essayaient de fléchir sa colère; # nu le dictateur, imposant silence : « C'est Lieu dit-il, Romains. La victoire reste à la discipline

« tilitaire, à la majesté du certe qui « aujourd’hui ont couru danger de périr. QFe « bius n’est pas absous du crime qu'ila commis < en combattant contre l’ordre du général ; mais, . « condamné pour ce crime, il doit sa rte | « peuple romain, il la doit à la puissance tribui « nitienne, qui lui accorde la protection non pas 7 «de son autorité, mais de ses prières. Vis, de Di ao Fabius, plus éutens de l’accord que mon- ; « tre la cité pour te défendre que de cette vice 0 « toire dont tu te glorifiais tout à l'heure. Vis « après avoir osé un attentat que ton père | « lui-même, s’il eût été à la place de Papirius, de « né t’eût point pardonné. Tu rentreras en grâce Fe « avec moi quand tu le voudras. Pour le peuple « romain, à qui tu dois la vie, tu ne peux lui. « rendre Fe plus gr and service que d’avoir ap & pris en ce jour à te soumettre en paix et en « guerre aux commandements légitimes. » Ayant déclaré qu’il ne retenait plus le maître de la cavalerie, il descendit du temple; le sénat plein de joie et le peuple encore plus joyeux les en e tourèrent et les suivirent, félicitant ici le maître de la cavalerie, là le dictateur; et le commande- | 1e = ment militaire paraissait aussi bien affermi par Re Je péril de Fabius Le par le supplice qe able du jeune Manlius. > | ne A Celle poisse est une péroraison ; Tite Die ré.

on

sume les faits et conclut, comme dans un dis ou Au fond, ses récits, tout eu RQous;

so bel Le retour des consuls renouvela : dans le camp le désespoir, au point que les solà: 1. S ’abstenaient à Rae de Pour les mains

Les leurs mains qui seront désarmées, je orps qui seront livrés à |, la merci de l'ennemi. : Made tal

s voient déjà par avance le joug détesté, les railleries des PRE leurs visages insul-

familles ) où ou eux-mêmes [et Los antres sont revenus triomphants. « Seuls, ils

972 CHAPITRE Il.

APE Per > PAIE

« ont été vaincus sans blessures, sans COUPS, - « sans combat. Ils n ‘ont pas même pu tirer leurs à « épées, en venir aux mains avec l'ennemi; € ‘est | « pour rien qu’ils ont eu des armes, des forces, - FA « du courage.» Voilà ce qu'ils disaient en fré missant, lorsqu'arriva l'heure fatale de l'ignomi- ù Le nie, moins amère encore dans la prévision a dans l'effet. D'abord on leur ordonne de sortir des retranchements, sans armes, avec un seul. vêtement. Les otages sont livrés Fe premiers, et. mis sous une garde; puis on ôte aux consuls le paludamentum, et on renvoie leurs licteurs. Cette … vue excita une si grande pitié, que ceux qui tout à l’heure les maudissaient et voulaient les livrer et les déchirer, oubliant leur propre sort, détournaient les yeux de cette profanation d’une si haute majesté, comme d’un spectacle infâme.

« Les consuls, les premiers, passèrent sous le joug; puis chacun, selon son grade, subit à son | Re rang lignominie ; puis les légions tour à tour. Les ennemis armés les entouraient et les char- 16 geaient de railleries et d'insultes; des épées même furent souvent-levées sur eux, et plu= sieurs blessés ou tués, lorsque l’indignation trop a visible sur leurs visages offensait le vainqueur. a À Ils passèrent ainsi sous le joug, et, ce qui était à pire peut-être, devant les yeux des ennemis. jé Lorsqu'ils furent sortis du défilé, quoiqu’ils me:

Du ils or voir pour la ne fois la a

* rable troupe leur parut plus pénible que toute < mort. Ils auraient pu arriver à Capoue avant la nuit; mais, doutant de la fidélité de leurs alliés et retenus par la honte, non loin de Capoue, manquant de tout, ils se jetèr ent à terre au bord

du chemin. Ni l'accueil affable de leurs alliés, ni. leur air de bonté, ni leurs propos ne purent, jenedis pas leur arracher une parole, mais leur faire lever les yeux et regarder en face les amis LE les Ra Ils s’en allèrent silencieux

ET un ue n ’ouvrait la bouche.

or. Ce silence obsliné, ces yeux fixés à terre, ces à dule sourdes à toutes les consolations, cette “honte de voir la lumière indiquaient un grand amas de colère qui s ‘amoncelait au plus profond

res | Comparez à cette nasratioh collé ce Thucydide (les Sparres tiates à Sphactérie). C est la narration pure opposée à la narra- Tee noratoire.

mière, la lumière en leur montrant leur déplo-

4 Rome, il eût ea les exhorter à la vengeance L : ; et : au combat. | à

mis au jour par 1 enreree de épée Compa- rons les deux récits de la mort de Lucrèce. Voici la narration de Tite Live! : HA ee

Fu il fut. reçu avec amitié et conduit de souper dans la chambre des hôtes. Là, brûlant

: entreprise sûre, il vint l'épée nue vers Lucrèce ie qui dormait, et lui appuyant la main gauche sur . 4 la poitrine : « Silence, Lucrèce, dit-il, je. suis ‘ n « Sexius Tarquin; mon. épée est den ma Be | « Tu mourras, si tu pousses un cri. » Quelles gaucheries et quelles bévues dans Denys! « La 0 femme s'étant éveillée au bruit, et demandant qui était là, il lui ordonna de se taire et de rester dans la chambre, menaçant de la tuer, si elle 4 essayait de fuir ou de crier.» Elle eût fui ou crié, si les choses se fussent passées ainsi. Le mal

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