‹ Essai sur Tite-LiveChapitre 79 sur 95 · Tite Live, L · texte numérisé non relu

Tite Live, L

1 « ue en sursaut, ÉTavée. pe à ou voyant d ne nulle ue et la mort sur sa tête,

ma. femme, tu régneras avec moi sur la ville mon père m'a donnée, et, après sa mort, les Romains, sur Sabins, sur les Étrus-

. moi, qu'est-il “besoin de te les dire, puisque tu les connais bien? » — Il y a de l'amour et Fe

gnardée dans un ionoble adultère, Par oi me. . nace, sa brutalité triompha d’une chasteté in- U | Héxihle. Quand Tarquin fut parti, fier d'avoir

vaincu l'honneur d’une femme,

Lucrèce, acca=

blée d’un si grand malheur, envoya un messa-

ger à Rome et à Ardée pour avertir son père . % son mari de venir chacun avec un ami fidèle: * une chose horrible est arrivée. » Denys necomprend pas que ce corps et ce cœur sont brisés, l qu’elle a honte de paraître au jour, qu'elle voudrait se cacher à la lumière, aux yeux des autres, à sa propre pensée. « Elle REX sur un. char, dit-il, et se rend au plus vite à Mais laissons Denys qui gâte et glace ce qu ML pcs touche. Le récit de Tite Live est trop beau maintenant pour qu'on l’interrompe Lucrèce dans sa chambre, assise, le visage som-

: « Ils trouvent.

bre. À l’arrivée des siens, ses larmes coulent, et

son mari lui demandant « — Non, dit-elle; car quel bien reste à une « femme qui a perdu l’honneur? Les traces d'un he

| sont dans ton lit.

» Pourtant le corps seul à été souillé, âme est.

« innocente : ma mort en sera le témoin. Mais « donnez-moi vos mains pour gage et votre pro- de « messe que l’adultère ne sera pas impuni. C'est

« Sextus Tarquin qui, « d'hôte,

» autre homme,

La)

Collatin,

YA

: « Tout va-t-il bien?

ennemi sous le nom la nuit dernière, armé, a remporté s t | Ne 7, 20°

ai

si vous êtes des on » Tous lui doc

ur. à tour leur RRrAle LE consolent son ame .

à âme ete et non le Corps; quand ltantions a à il 15 a PS de faute. ÿ est à vous de : ja

ure, mourante ; son père et son mari s’écrient.» Geci ne ressemble guère à tant de tragédies où on meurt facilement, pour finir la pièce, et nme en cérémonie. Lucrèce est calme et sombre avant l’arrivée de son père, car sa résolution est Œ La nature fléchit un instant quand elle les it ; elle pleure. Mais quand elle commence ce scours si court, si ferme, si libre! 1, sa volonté est de nouveau tendue; elle a sa justification | ute prête. Les mots qui la trahiraient sont obscurs et certainement prononcés à voix basse, et . dernier, qui est clair, rejeté au bout de la

1° « FAR viri alieni in leoto tuo sunt, » etc. ? TAINE. — Essai sur. Tite Lives.) (5° 19

DA or à CHAPITRE Ti. à Rae

Par cette. imagination dramatique, Tite Ti 4 en

transforme ses originaux, enire autres Polybe : | : ôtons Polybe de Tite Live; ce quiresleest lela

lent de Tite Live, c’est-à-dire l’art de raconter

« Annibal, dit Tite Live’, de la Durance jus qu'aux Alpes, marcha ORNE toujours en ne sans être inquiété par les Gaulois de ce pays. Là, quoique les soldats fussent déjà prévenus par Ja . renommée qui a coutume d’exagérer les choses incertaines, cependant la hauteur des montagnes vues de près, ces neiges confondues avec le ciel, ces toits informes posés sur les roches, ces roue "t peaux et ces bêtes de somme brûlés par le froid,

ces hommes aux longs cheveux, à l'aspect sau

vage, tous ces êtres animés et inanimés, roidis par l’air glacé, et le reste plus hideux à voir te 8. dire, renouvelèrent leur terreur. » eo

Ici, comme ailleurs, Tite Live ne décrit les cir- De

constances re que pour expliquer les. Ti

émotions morales, et c’est en vue de l’âme qu'il

observe le corps. Polybe ne peint ni l’un ni lPau-

tre. Le passage des Alpes n’est pour lui qu'une ascension, évxéoar, qu'il s’agit non de faire voir,

mais de faire comprendre. C’est pourquoi il a la maladresse de nous prévenir qu’Annibal court de grands dangers, el ques les montagnards sont

1, Tite Live, XX, 32

en embuscade : sur les côtés de la route. Tite Live n ‘ôte pas l’imprévu, de peur d’ôter l'intérêt. Il | suit les sentiments des soldats, 1l marche avec . EUX, et ne peut voir les ennemis avant eux.

: pentes, on aperçut les barbares postés sur les ï hauteurs qui les dominaient. S'ils s'étaient tenus

: dans les vallées plus cachées, pour fondre brus- | quement tous ensemble sur les Carthaginois, ils.

. auraient tout renversé et mis en fuite. Annibal fait arrêter les drapeaux, envoie les Gaulois en

avant pour examiner les lieux, et apprenant qu'il nya point de passage en cet endroit, place son.

camp au milieu de ce terrain tout escarpé el ie ue dans la Une la pis étendue qu il peut

de uen aux montagnards pour la langue et les mœurs, s'étant mêlés à leurs entretiens, li appr ennent que les ennemis n’occupent le déd- filé que le jour, et que la nuit chacun se retire sous son toit. Dès l'aurore, il s’avance vers les À hauteurs, comme s’il voulait ouvertement et en … plein jour forcer le passage. Puis, après avoir usé tout le jour à feindre autre chose que ce qu’il préparait, ayant fortifié le camp à l'endroit même

» Comme les files gravissaient les premières

4 où il s'était arrêté, dès qu'il are que les-mon-

h EE AN

Tite Live supprime seulement plusieurs longues phrases qui traînent après. chaque période de

tête, maîtres de leurs postes, les autres s’avan- …

à la fois leurs yeux et leurs esprits, les tint un

pour ce qui lestit d'hommes ; et, es laissé ses bagages, sa cavalerie et la dl grande Ar : .

de ses fantassins, il franchit à la hâte les défilés + avec les plus braves armés à la légère, et s'établit ne

sur les hauteurs que l'ennemi avait occupées. » | Dans ce morceau, point de passions à à décrire. “He L’ important est d'expliquer brièvement les faits. . ;

Polybe, et ralentissent le mouvement. Puis, dans a sa matière grecque, il arrive à ce mot : « Le jour ' étant venu, les barbares ayant vu ce qui s était o passé, s abstinrent d’ attaquer. » Il le voit comme eux, et d’une sèche indication, il fait une peine : ture : < cs « Au point du Jour, on 'evate camp et l'armée

commença à marcher. Déjà les montagnards, au. signal donné, sortaient de leurs forts pour venir : se à leur poste ordinaire, quand tout d’un coup ils aperçoivent les Carthaginois, les uns sur Le

cant sur la route. Ce double spectacle, frappant

instant immobiles. Ensuite, quand ils virent . trouble de l’armée dans le défilé et la confusion excitée par ce trouble lui-même, surtout par les 4 chevaux qui s’effrayaient, persuadés que ne, !

M ne LES NARRATIONS DANS TITE LIVE. or |

| peu qu ils ajoutent de crainte à ce désordre, c’en sera assez pour perdre l’ennemi, de toutes parts. habitués aux endroits EstAtpeS et sans, ous ilss ’élancent. »

J ë traduis Mralenient le : même passage dans \ 1 « Ils furent invités ASS à atta-

camper Tite Live et à l'imagination.

k « Alors les Carthaginois eurent à la fois à ; combattre les ennemis et les difficultés du lieu ;

s chacun S ren PACRAPDSE le Der au

hu tie eau surtout rendaient la marche désastreuse, troublés el effarouchés par les < cris discordants que les que et l'écho des

: ages UE toute sorte. Comme des deux côtés le à. te était bordé par des précipices, la foule fit

Lie in mense, quelques-uns tout armés ; mais les es plus AUS chutes élaient celles des bêtes de

don, es obdame

ie de cu it éboulement. Quoique cela fût. horrible à voir, Annibal demeura quelque temps immo- + bile, et retint les siens pour ne pas augmenter : . __ le tumulte et le désordre; puis, voyant que la ee colonne était coupée, et qu’il courait risque, s’il ; ” __ perdait ses bagages, d’avoir en vain fait passer re Fi son armée sauve, il accourut de la hauteur ; ni. “< ayant chassé l'ennemi du premier choc, il aug- pe menta aussi le tumulte des siens. Mais cetrouble fut apaisé en un moment, dès que les chemins 2 furent libres par la fuite des montagnards, et bientôt tous passèrent, non-seulement pe ment, mais presque en silence. » .

4 Un peu plus loin, d’autres montagnards viennent avec des paroles de paix. «Annibal, sans les se croire aveuglément, sans les repousser de peur E. 7 qu'un refus n’en fit des ennemis déclarés, leur in, répondit avec bienveillance, reçut leurs otages, usa des vivres qu'ils avaient eux-mêmes apportés sur la route, et suivit leurs guides, ne per- de . mettant pas à son armée de marcher en désordre fs comme on fait en pays ami.» Polybe avait eu soin de décrire l’ordre de l'armée aussitôt après la première attaque. Tite Live a différé et réservé 2 : % cette remarque ; il attend, pour la faire, qu’elle de soit utile, et que la tactique d’Annibal se montre ee par ses effets. Il suit des yeux le défilé et marque | de les sentiments du chef : « Les éléphants et les

cha aox marchaient d ‘abord : lui-même à l’ar-

rière-garde avec l'élite de ses fantassins, il s’a-

: vançail regardant autour de lui et inquiet. « Dès qu’on fut arrivé dans un chemin. étroit dominé d’un côté par une montagne qui s’avan- çait au-dessus, les barbares de toutes parts sortent de leurs bistades attaquent en tête, en " queue, frappent de haut, de près, roulent des 1 pierres énormes ; la, bands la plus nombreuse no les derrières. L'infanterie rangée leur = ñt face, et montra que si l’arrière-gardé n avait été renforcée, on aurait subi de grandes pertes dans ces gorges. Toutefois, l’armée courut les derniers dangers et faillit périr Car, tandis

défilé, parce qu’elle n’est pas souten:e par der- | rière comme les cavaliers le sont par lui-même, les montagnard, prenant l’armée en flanc et rompant la colonne par le milieu, occupèrent la : route, et Annibal passa une nuit sans cavalerie ni bagages. Le lendemain, les barbares ralentis-

rent. »

. 4 ce style de savant : Fe. La neige s’étail accu

. ie Annibal, “voyant la foule dans un éfat de décou-

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