‹ Essai sur un traitement méthodique de quelques maladies de la matriceChapitre 3 sur 9 · INJECTIONS INTRA-VAGINALES · texte numérisé non relu

INJECTIONS INTRA-VAGINALES

Le liquide est une décoction très concentrée de feuilles de noyer à la température de la salle, quelle que soit la saison. L'instrument est une grosse seringue à lavement. Le spéculum à deux valves est appliqué; il saisit et découvre bien le col de l'utérus; c'est sur ce col que le jet est lancé

<le toutes les forces de Taide qui pousse le pision. Immédiatement après, on place sur le col de la matrice un tampon de charpie qui s'imbibe du liquide resté dans le vagin.

Un pareil liquide ainsi injecté exerce une espèce de compression sur le col et abaisse sa température; il doit agir aussi par ses qualités astringentes. Aussi observe-t-on parfois des phénomènes curieux. Ainsi, on voit le col pâlir et s'amoindrir, il éprouve une espèce de retrait, (^e phénomène ne se produit pas toujours, surtout pour ce qui a trait à la pâleur. Quelquefois, au contraire, j'ai vu la coloration se prononcer davantage au moment de l'injection. Il est arrivé aussi qu'une matrice débarrassée des mucosités qui pendaient à son col, avant l'injection, a rejeté, au moment où le liquide l'a frappée, de nouvelles mucosités; ce qui prouverait encore le retrait dont j'ai parlé, et peut être même une espèce de contraction de la matrice. C'est M.Chaillet, ancien interne de mon service, qui a le premier observé et signalé ce phénomène, (i)

Presque jamais la femme injectée n'éprouve de la douleur au moment de l'injection. De retour à son lit, quelquefois des coliques se déclarent : ce sont des douleurs qui portent surtout à

(I) Gazette des mèdectns praticiens, 9 février 184°.

l'hypogastre et vers les régions iliaques. J'ai souvent observé ces coliques au moment où la guérison commençait à s'opérer,; au lieu d'en être inquiété , j'en tirais un bon augure.

Voici un fait bien remarquable, qui ne surprendra pas ceux qui ont observé avec quelque philosophie les femmes malades réunies dans une même salle. Dans les premiers temps de ces injections, il y avait un nombre bien plus considérable de coliques qu'aujourd'hui , et cependant c'est le même liquide, c'est le même procédé , c'est la même manière de l'appliquer. Qu'on ne dise pas que les femmes s'y sont habituées, car tous les jours on en injecte de nouvelles. Il faut plutôt dire que Vesprit de la salle s'y est habitué. Je reviendrai sur cette circonstance.

Ces injections intra- vaginales ont souvent hâté d'une manière très marquée la guérison de certains engorgemens anciens , et procuré, en très peu de lemps, la cicatrisation des ulcérations les plus rebelles. Dans l'article déjà cité de M. Chaillet, il est question d'une femme d'une quarantaine d'années qui avait au col utérin une ulcération granulée de huit à dix lignes de diamètre dans tous les sens; deux ou trois injections en réduisirent lesdimensions à moitié. La cure la pluscurieuse par ces injections est celle d'ime malade qui avait un chancre assez étendu et profond

sur le col utérin (ce qui est rare): après quatre injections, le chancre avait complètement disparu. Nous voulions le des!^in de ce cas intéressant à plus d'un titre; mais, pour avoir rerais de quelques jours la séance, il ne fut plus possible de retracer l'image de ce chancre.

Ces injections ont d'ailleurs un avantage que personne ne contestera : elles débarrassent le vagin et le col des mucosités, des humeurs plus ou moins irritantes, lesquelles ont plus d'influence qu'on ne pense dans la persistance et même dans la pr oduction de certaines ulcérations. Le tampon de charpie appliquésur le col l'empêche d'être en contact avec le vagin, ce qui est une circonstance favorable pour la cicatrisation. D'ailleurs le jet de liquide détermine jme compression instantanée qui est un moyen de résolution de tout engorgement.

Ces in jections sont faites deux fois par semaine. On les suspend pendant les règles, et même deux jours avant et deux jours après. On ne les fait pas pendant la grossesse et elles ne sont commencées que trois mois après l'accouchement ou un avortement. Quand le col est très rouge, turgescent, des sangsues sont appliquées à l'anus. Des bains de siège, des bains entiers complètent le traitement.

Mais il est des écoulemens qui résistent à cette

médication, car il est des lésions de la sin-face interne du col, de l'intérieur de la matrice qu'on n'atteint pas avec les injections intra-vaginales. C'est alors qu'on doit faire lesinjeclions intra-utérines dont il va être question.

SECTION n

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