‹ Essai sur une affection prurigineuse rareChapitre 11 sur 19 · RON TR · texte numérisé non relu

RON TR

masturbation : les parents et la malade nièrent le fait un peu trop rapidement. Elle avait une envie vive de se gratter pendant l’examen.

Un examen médical plus tardif et des prélèvements, biologiques furent négatifs en cé qui concerne le sang et les urines et la réaction de Wassermann dans le sang, en ce qui concerne les globules rouges qui étaient au nombre de 3.960.000 ; hémoglobine : 75. Les réflexes étaient un peu exagérés, à

Histopathologie. —L'’examen microscopique d’une coupe venant de laisselle droite montre une acanthose marquée surtout au miveau des conduits sudoripares avec une grosse hyperkératose au niveau du conduit entourant cet orifice et s'étendant dans les plis les plus profonds. Il existe un

œdème intra et extracellulaire avec division du noyau des cel-

Jules épineuses sous-jacentes. Dans les couches papillaires et

sous-papillaires du chorion, il y a un œdème marqué et le

tissu élastique est tellement modifié qu'il ne prend; plus les colorants habituels. 1 débris kératohyalins (coloration à l'éosine homogène) remplissent les glandes profondes, augmentant souvent leur dimension normale. Le tissu spongieux de la couche épithéliale de la glande prend fortement l’éosine, beaucoup de cellules ont complètement perdu leur noyau par dégénérescence hyaline- Il existe une zone de modifications semblables dans le tissu collagène au niveau des circonvolutions glandulaires fortement distendues, accompagnées d’une infiltration des petites cellules arrondies et de cellules à plasma. L’infiltration des cellules rondes péri-vasculaires est

marquée dans toute la préparation.

Le changement le plus frappant dans la coupe, est l’énor-

me dilatation de la partie profonde de la glande sudoripare et la dégénérescence hyaline de ses cellules bordantes:

En résumé, les modifications pathologiques consistent en acanthose, hyperkératose, œdème, infiltration péri-vasculaire et celles des glandes sudoripares en kératokystomalose de ces glandes. TC | €

Le tableau clinique consiste en un prurit chronique circonscrit (de l'aisselle et du pubis surtout, accompagné ‘d’une lichénification avec kératokystomatose des glandes sudoripa-

res profondes. LS

La maladie ne céda pas aux applications locales : en fait elle s’aggrava ‘en dépit d’une médication locale et générale. La malade fut mise à un régime hygiénique et diététique tendant à la rétablir et à diminuer sa nervosité. L'affection a été améliorée seulement par un traitement d'attente et quand les conditions nerveuses ont été améliorées, le

prurit a disparu.

Observation n° 6. — Mile C., juive, âgée de 30 ans, souffrait d’une maladie qui avait commencé il y a un an, se plaignant surtout de prurit dans l’aisselle. Pour cette. affection, la malade avait consulté plusieurs médecins et employé différents remèdes sans résultat. Elle est très nerveuse, presque hystérique à certains examens. Localement l'affection ressemblait exactement à celle du cas précédent, sauf toutefois que les lésions étaient limilées à l’aisselle. Une biopsie fut faite, la coupe examinée, et l'on nota ce que l'on trouva, mais en recherchant ces notes sur le livre où on les avait inscrites on ne put les trouver.

Voici les notes que le docteur Engmann nous a données

CN CPR

PTE

concernant les lésions histologiques : hyperkératose de l’épiderme dans presque toutes. les couches, épaississément de la couche de Malpighi dû à de l’acanthose et de l’œdème. Même dégénérescence particulière des glandes sudoripares que dans le cas cité plus haut. Seulement, la pathologie dans son entier y était moins marquée. A cette exceplion

près, les lésions étaient les mêmes.

Observalion n°7. — Mme J. juive, blonde, plutôt grande, âgée de 32 ‘ans, femme nerveuse, sans enfants et, par moment presque hystérique. Ce dont ‘elle se plaignait surtout

était un prurit intense de l’aisselle et du pubis. Les aisselles

présentaient l’aspect typique du premier cas, mais il n'y

avait pas.de lésions sur le pubis qui était de temps en temps sujet à un -prurit intense. Le traitement, dans ce cas ne sembla pas modifier l’aspect des lésions, mais quelques applications de rayons X sembièrent diminuer le prurit. Le facteur étiologique dans ce cas pourrait être un élément sexuel anormal. | Observation no 8 — Mme M,, petite, anémique, paraissant délicate, âgée de 45 ans, souffrait depuis plusieurs années de prurit dans l'aisselle, parfois intolérable. Les aisselles présentaient les mêmes lésions, peliles, papuleuses, prurigineuses que celles déjà vues dans les autres cas. Il n’y avait pas de

prurit au pubis ni à la vulve. Les rayons X semblèrent don-

. ner une amélioration. |

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