CHAPITRE VI
Diagnostic
Nousavons assez insisté sur les différences de notre syndrome avec les divers prurits et prurigos pour ne pas avoir besoin d’y revenir : ce n’est qu’à première vue, que le diagnostic avec la lichénification se pose, nous avons vu également combien l’étude approfondie des éléments l’en différencie.
Notre malade, grossièrement vue de loin, au niveau des aisselles, présentait l'aspect de l’acanthosisnigricans, mais cette affection est caractérisée par un état rugueux de la peau, due à une exagération des plis ou sillons, avec végétations papillomateuses disséminées ou agminées et par une pigmentation forcée. Les lésions sont régionales, d'ordinaire symétriques, atteignant de préférence les aisselles, le cou et ia nuque, la région ano-géritale, la face interne des cuisses, la figure, le pli du coude, le creux poplité, l’ombilic, le dos des mains, l’aréole des seins et les pieds. :
Malgré des troubles intenses de l’anatomie sudoripare qui ne s’accompagnent pas d’ailleurs de
LE
troubles de l'excrétion sudorale, le diagnostic ne se pose pas, comme on va le voir, avec les diverses autres affections connues des glandes sudoripares : l’hydrocystome consiste en des élevures translucides, tendues, fermes, dont la piqûre extrait un liquide aqueux, c’est une dilatation d’un canal sudorifère, ce serait donc plutôt un adénome kystique sudoripare.
L'hydradénome - éruptif de Brocq et Jacquet, appelé par Tœrœk syringo-cystadénome, rare, se présente sous forme de nombreuses saillies fermes, ovalaires, d’un rose pâle, non squameuses, siégeant au cou, au thorax, à l'abdomen, sur les bras et sur la figure. Il serait dû à un bourgeonnement anormal derudiments des glandes sudoripares : leur structure est caractéristique : on trouve dans le chorion, des tractus épithéliaux cylindriques et ramifiés, du diamètre d’un tube sudoripare à peu près, et par place, dilatés en kystes minuscules.