CHAPITRE ‘PREMIER
Observation-n0 1. —. (MM. Burnier et Marcel Bloch).
Résumé (Prurit chronique localisé aux aisselles, au pubis, . aux seins, à l’ombilic; chez une femme névropatkhe, d’origine russe : lésions cutanées localisées aux mêmes régions et consistant en micropapules ag'minées au centre des zones prurigineuses, disséminées à la périphérie sans lichenification et sans lésions de grattage ; lésions histologiques consistant essentiellementen une hypertrophie considérable et peut-être en une hyperplasie des glandes sudorinares dans les mêmes régioi s)
Madame T.., 23 ans, juive russe, très nerveuse el très irritable, vient consulter le 4 janvier 1920 à la Clinique de la Faculté pour des lésions prurigineuses des aisselles et du pubis dont le début remonte à un an. Ce prurit est très intense, va jusqu’à empêcher la malade de dormir, Depuis un an à peu près également, elle a constaté que la peau des aisselles se modifiait. |
On aperçoit, en effel, dès qu'on découvre les aisselles, un aspect grossièrement râpeux, granité de la peau sur un fond pigmenté brun noirâtre qui, de loin et à première vue, sug- gère l'idée qu'il peut s'agir d’Acanthosis nigricans.- En réalité, examinées de plus près, les lésions presqu'absolument symétriques aux deux aisselles sont constituées par la réu-
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nion d’une multitude d'éléments papuleux, saillants arrondis, ou coniques, centrés souvent par un poil, de consistance ferme, d'aspect très légèrement translucide, ne donnant pas de liquide à la piqûre, au nombre de plusieurs centaines dans
chaque aisselle. Ces éléments sont serrés les uns contre les
autres, sans intervalle de peau saine, sauf à la partie inférieure où les éléments moins serrés descendent en pointe sur la paroi postérieure de l’aisselle. A leur niveau, la peau n’est
pas lichénifiée, elle est colorée en brun noirâtre et la pig-
mentation dépasse légèrement la zone des -élevures. Les poils
des ‘aisselles sont très nombreux.