‹ Essai sur une nouvelle préparation d'opiumChapitre 7 sur 46 · RATE · texte numérisé non relu

RATE

AE opium 53 pharmaciens doit contenir 10 à 12 0/0 de ; morphine, 50. 0/0 d'extrait, et 8 à mum.

10 nn d’eau, au maxi-

Comme la des drogues, l’ opium n’a pas tardé à être sophistiqué. C’est ainsi qu’on a trouvé dans l’opium

de la bouse de vache, de la terre, de la poix, du raisin sec, du miel.

PROPRIÉTÉS PHYSIQUES. — Il y a heureusement des propriétés physiques de l’opium, qui permettent de juger sa valeur, et de déceler ses fraudes.

1° Son odeur particulière, forte, agréable, lorsqu'il est de bonne qualité ;

2° Sa saveur : amère, âcre. Sa couleur brun rougeñtre.

Desséché, il doit donner une masse fragile, à cassure brillante. à

Il est soluble dans l’eau, dans les différents à lecols et les acides dilués. Insoluble ‘dans l’éther, il doit brûler à la flamme de la bougie, et laisser comme résidus. 8 p. 100 de cendres au plus. |

Quant à l’opium de mauvaise qualité, il présente une couleur grisâtre, il a une saveur douceâtre, due probablement à son mélange avec le miel ; une consistance molle et visqueuse. L’opium a une composition fort com-

plexe, ainsi qu’on peut en juger

Morphine.....,......,..:............... 12x10), NALCOUTDeR Er Le RSR OR SRE ER ee NÉ TATONMO RME T NRRDE A e 1e la) PADAVÉPIRE 2. es uma serie -05àl DOTE CC Ant sntepoie 0522 PhebDaire es Lame cn mener chute 0.5àl

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Un bon opium de Smyrne doit contenir :

Morphine-##ue LOS Natcotmetnise mets Narcêine. ....….. 0.02 Méconinef 7: PE TOC DE Codéme terre 0 30 Acide méconique . . 4.00 Papavérine. . .. .. 1.00 Acide lactique. 6 2125 Lhébaites.s ri O.i

CARACTÈRES ET RÉACTIONS CHIMIQUES. — Lorsqu'on traite

par un grand excès d’eau une solution aqueuse d’opium, cette addition d’eau précipite la solution primitive.

Si l’on traite par le chlorure de calcium, une solution aqueuse d’oplum, il se forme un précipité, dû à la formation d’un sel de calcium avec un acide particulier de l’opium, l’acide méconique. L’acide méconique donne à une solution d’opium, une couleur rouge vineux, quand on traite cette solution par du perchlorure de fer.

C’est Sertuerner qui, en 1816, mit en évidence l’acide méconique et la morphine. Pour cette dernière, il reprit les expériences de Derosne, qui en 1803, sous le nom da sel de Derosne, avait retiré de l’opium, un produit plus actif que l’opium lui-même. Ce n’était pas autre chose que la morphine.

$ Il. — ALCALOÏDES DE L'oPIUuM

MORPHINE C!'' H!° AzO°

Isolée par Séguin, Derosne, Sertuerner.

a) Propriétés physiques. — C’est une substance à réac- . tion faiblement alcaline. Elle cristallise sous forme de prismes orthorhombiques, incolores, hémièdres à gauche, et déviant à gauche le plan de lumière polarisée. Sa densité est 1.322. Elle est soluble dans l’alcool éthylique et amylique ; insoluble dans les éthers de pétrole, l’éther ordinaire, la benzine. Elle est peu soluble dans le chloroforme et les huiles.

b) Propriétés chimiques. — Puissant agent réducteur, cette propriété lui permettra de se laisser assez facile- . ment déceler.

Si l’on met en présence de la morphine, de l’acide iodique et une solution d’empois d’amidon, la réduction s’opère facilement à froid.

Cette réduction est montrée par la coloration bleue que prend la solution et qui est due à l’iode mis en liberté et qui colore l’amidon.

La morphine réduit à froid les sels d’argent, d’or, l’acide chromique et les permanganates.

Elle donne deux dérivés importants : l’oxydimorphine et l’apomorphine. :

c) Absorption. — La morphine est absorbée par toutes les muqueuses. La peau intacte, ne l’absorbe pas, mais si la peau est dénudée, l’absorption se fera. Au niveau de la muqueuse stomacale, l’absorption est assez lente à

à 6 RE Un TE NS X a Û NET n en À

pp se développer, un quart d'heure à une heure environ, suivant l’état de vacuité ou de réplétion de l’estomac. En imjection hypodermique, elle se fait rapidement : cinq minutes au plus. L’injection intra-veineuse est plus rapide encore, 5 à 20 secondes environ.

d) Elimination. — Tia moins constante, mais en revanche, la plus rapide des voies d'élimination de la morphine, c’est la voie rénale. Cette élimination n’a, du reste, rien de fixe, et varie suivant l'individu et la quantité ingérée.

Pour Hitzig, la voie la meilleure d’élimination serait la voie stomacale et la voie intestinale. Enfin on peut citer la peau rt la sécrétion lactée. On cite des cas d’empoisonnement des nourrissons dus uniquement à ce que la nourrice avait été traitée par la morphine. Aussi, estil de règle de ne pas prescrire d’opium chez les femmes qui allaitent.

| Toxicrré. — La morphine et ses sels sont très toxiques.

Chez l’adulte, à la dose de 0,05 à 0,06 centigrammes, on observe des accidents graves. 0,10 à 0,20 centigrammes peuvent déterminer une issue mortelle. Maïs, il faut se rappeler toutefois que la quantité de toxique nécessaire varie suivant le mode d’administration et la réceptivité plus ou moins marquée du sujet.

Pour G. Pouchet, il faudrait 0.06 à 0,07 centigrammes par voie hypodermique pour amener la mort.

Parmi les accidents que provoque la morphine, il faut distinguer l’intoxication aiguë et l’intoxication chronique.

a) Forme aiguë. — Dans la forme aiguë on observe deux périodes. Lia première, qui n’a pas de signes bien constants, est caractérisée par de l’agitation sans délire ; le sujet parle beaucoup. Il y a de l’hypéresthésie senso-

rielle, de la céphalée, des vertiges, de la sécheresse de la gorge, de la bouche et de la peau. Ces phénomènes apparaissent demi-heure à une heure après l’ingestion. Dans la deuxième période, on observe un sommeil paisible, La sensibilité sensorielle et la sensibilité cutanée sont abolies. Il survient un coma auquel le sujet succombe. Les pupilles sont très rétractées. La respiration est parfois ralentie. On observe parfois le rythme de Cheynes Stockes. Le cœur est rapide, le pouls dur, régulier, battant de 120 à 130. Le visage est congestionné, cyanosé. Les urines diminuées de volume. Il y a des convulsions, mais leur nature varie avec l’âge, la race. C’est ainsi que chez les enfants, les nègres, les Malais, les convulsions sont fréquentes.

b) Forme chronique. — C’est le morphinisme sur lequel nous insisterons tout à l'heure quand nous traiterons les dangers de la médication par la morphine. L’intoxication chronique par la morphine, se traduit chez les uns par une insomnie rebelle, chez les autres au contraire par un sommeil invincible. Ensuite surviennent des troubles de la sensibilité générale, auxquels succéderont des troubles de la sensibilité sensorielle. Cette intoxication chronique se traduit, en outre, par'des picotements, des fourmillements, des douleurs ostéocopes. La sensibilité tactile est abolie, tandis que, chose bizarre, on la verra se rétablir -chez les hystériques. Enfin, des troubles de la vue (asthsnopie accommodative), du goût et de l’ouie ; maïs ceci plus rarement.

Il y a aussi des troubles digestifs consistant en nausées, vomissements. L’inappétence est fréquente et la soif exagérée. Peu à peu, les dents sont gagnées par la carie. La nutrition est troublée et l’on observe des alternaves de diarrhée et de constipation.

Loge

Ce qui frappe surtout, c’est la maigreur du malade, ce sont ses membres décharnés, ses pommettes saillante:, son teint plombé, sa physionomie sans expression. L’individu paraît plus vieux qu’il n’est en réalité.

La tension artérielle est abaissée, le rein est conges tionné ; la respiration est courte, diminuée. Il y a de la dyspnée. :

Au point de vue génital, au début, la morphine agirait comme aphrodisiaque, Peu à peu s'établit une impuissance complète, Cette dernière se traduit surtout par l’abolition des désirs vénériens. On observe la disparition des spermatozoïdes, et chez la femme, de l’aménorrhée.

CODÉINE C!* H2! AzO® (yon — pavot) Isolée par Robiquet en 1832.

PRoPRIÉTÉS PHYSIQUES. — La codéine peut s’obtenir :

1° en traitant les eaux mères qui ont servi à préparer

la morphine ; 2° par synthèse ; c’est la méthyl-morphine.

La codéine cristallise en prismes orthorhombiques amers, solubles dans l’eau, l’éther, l'alcool, la benzine, le chloroforme. Elle dévie à gauche le plan de polarisation de la lumière.

PROPRIÉTÉS CHIMIQUES. — La codéine est une base alcaline ; elle bleuit le tournesol. En présence de l’acide chlorhydrique concentré, elle donne de l’apocodéine, Elle se distingue facilement de la morphine. Elle ne réduit pas l’acide iodique, et elle donne avec le sulfosélénite d’ammonium une coloration verte.

- PROPRIÉTÉS PHYSIOLOGIQUES. — La codéine est une substance analgésique peu soporifique, peu narcotisante, plutôt exosmotique qu’anexosmotique. Elle détermine de lPexcitation et de l’exhilaration cérébrales. La codéine provoque un engourdissement des fonctions cérébrales. A dose un peu élevée apparaissent du tremblement et des convulsions tétaniformes. C’est un toxique assez énergique.

Elle à sur l’opium l’avantage d’être supportée à doses beaucoup plus considérables. (l’est un calmant de la toux. On n’observe pas avec la codéine les phénomènes d’accoutumance que donne la morphine.

NARCÉINE C°' H°' AzO' Découverte par Robiquet en 1817.

PROPRIÉTÉS PHYSIQUES. — La narcéine se présente sous la forme de longues aiguilles prismatiques fines, soyenses. Leur saveur est amère. Elle est très peu soluble dans l’eau et les alcools froids ; assez facilement soluble dans ces même liquides chauds.

Elle est insoluble dans l’éther, les éthers de pétrole et la benzine. Elle dévie à gauche le plan de la lumière polarisée.

ProPriérés curmiques. — lle bleuit en présence de l’eau iodée, et noireit à la chaleur. Lorsqu'on ajoute à de la narcéine, d’abord de l’eau de chlore, puis de l’ammoniaque, il se produit une coloration rouge.

PROPRIÉTÉS PHYSIOLOGIQUES. — D’après (Claude Bernard, ce serait le plus hypnotique des alcaloïdes de

tie

l’opium. Elle provoque un sommeil calme, profond et sans rêvasseries. Pour Fomssagrives, c’est un des meilleurs hypnotiques. Le réveil est facile et ne laisse pas d’abattement et de troubles gastriques comme la morphine. Elle calme .la toux et provoque parfois de la dysurie. Cette dysurie ne se traduit pas par de la douleur au moment du passage de l’urine, mais bien par l'impossibilité d’accomplir la miction (Béhier).

En injections vaginales (50 Ce de solution à 5 p. 100 de chlorhydrate de narcéine), elle calmerait les douleurs du cancer utérin (Rabuteau).

NARCOTINE C°° H°° AzO'

Découverte par Robiquet en 1817.

La narcotine cristallise en prismes brillants, incolores, fondant à 170°. Elle est soluble dans l’éther, le chloroforme, l’éther acétique, l’alcool amylique, en quantité plus ow moins variable suivant la température de ces liquides. Elle possède une saveur amère. Zsolée elle dévie à gauche le plan de la lumière polarisée. Combinée avec un acide, elle le dévie à droite.

Proprrérés cHimiques. — Une solution de narcotine chauffée doucement dans l’acide sulfurique concentré donne une coloration rouge. Si on ajoute à cette solution refroidie une trace d’acide nitrique, la liqueur prend une coloration violette.

L'eau de chlore produit avec la narcotine, une coloration verdâtre que l’addition d’ammoniaque fait passer au

jaune,

PROPRIÉTÉS PHYSIOLOGIQUES. — Faiblement toxique, la narcotine est une substance convulsivante. Elle n’est ni analgésique, ni anexosmotique, ni soporifique. Elle jouit - dé propriétés fébrifuges et à ce titre a été quelquefois employée dans le paludisme,

PAPAVÉRINE C?° H?: AzO'

Découverte par Merck en 1848.

Elle cristallise en prismes orthorhomhbiques, insolubles . dans l’eau et les solutions alcalines. Peu soluble à froid dans l’éther, le chloroforme, la benzine et l’alcool.

Elle est excito-motrice et convulsivante à fortes doses. C’est un faïble analgésique. Elle n’est ni hypnotique, ni anexosmotique.

THÉBAINE C:° H°! AzO’

Isolée de l’opium par Thiboumery. Elle revêt l’aspect, de cristaux lamelleux, ou d’écailles à éclat perlé. Insoluble dans l’eau et les alcalins, elle se dissout facilement dans l’alcool amylique, la benzine, l’acool. La thébaïne est précipitée par les alcalis et les carbonates alcalins.

Au contact de l’acide sulfurique froid, il se fait une coloration brun rouge. La thébaïne est le plus convulsivant de tous les alcaloïdes de l’opium. Elle est fortement analgésique et excito-motrice. Elle n’est ni hypnotique, ni anexosmotique.

HÉROINE C!° H!°(C° H’0)° AzO*

C’est l’éther diacétique de la morphine. Elle agit à doses plus faibles que la morphine. Si elle est moins hyp-

notique, elle est, par contre, plus convulsivante. Ejle diminue la fréquence des mouvements respiratoires, tout en augmentant leur amplitude. Elle augmente la ou pulmonaire. ,

C’est surtout un bon calmant de la toux, et particulièrement des toux spasmodiques.

A faible dose, elle est calmante, légèrement RDA elle assoupit et engourdit plutôt qu’elle n’endort. À haute dose, on observe de l’agitation, et à dose toxique, des convulsions qui, d’abord celoniques, présentent ensuite l’état tétaniforme.

L'’héroïne à de grands avantages sur la morphine. Avee elle, il n’y à ni nausées ni vomissements, ni arrêt du péristaltisme intestinal.

Son action sur le cœur et les vaisseaux est à peu près. la même que celle de la morphine. Elle abaisse la tension artérielle.

PÉRONINE

C’est un dérivé benzylique de la morphine, dans lequel le radical benzyle est substitué à l’oxhydrile phénolique.

C’est un narcotique, mais son action est moins marquée que celle de la morphine, et elle est moins convulsivante.

On l’a employée comme sédatif de la toux chez les tuberculeux et dans les cas de catarrhe bronchique. Ce serait un bon calmant dans de cas de névralgies et les douleurs rhumatismales.

DIONINE C:°H°* NO° HCI-H’0

La dionine est le chlorhydrate d’éthylmorphine, c’est-àdire une codéine, dont le groupement méthyle a été rem-

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