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Chapitre XXX. a

jamais plier. Sa déposition dans le concile n'était pas une affaire ; mais c'en était une de choifir un pape. Les cardinaux réclamaient le droit d'éle&ion ; & le concile repréfentant la chrétienté, voulait jouir de ce droit. Il fallait donner un chef à l'églife & un fouverain à Rome. Il était jufte que les cardinaux , qui font le confcil du prince de Rome , & les pères du concile qui avec eux reprélentent l'églife, jonifient tous du droit de fuftrage. Trente députés du concile joints aux cardinaux , élurent d'une commune voix, Othon Colonne , de cette même maifon de Colonne, excommuniée par Boniface VI il. jufqu'à la cinquième génération. Ce p3pe , qui changea fon beau nom contre celui de Martin, avait les qualités d'un prince & les vertus d'un évêque.

Jamais pontife ne fut inauguré plus pompeufement. Il marcha vers l'églife , monté fur un cheval blanc , dont

m l'empereur & l'électeur Palatin à pied tenaient les rênes.

^ Une foule de princes &: un concile entrer fermaient la marche. On le couronne de la triple couronne que les papes portaient depuis environ deux iiècîes.

Les pères du concile ne s'étaient pas d'abord aiTembîés pour détrôner un pontife ; mais leur principal objet avait paru être de réformer toute l'églife. C'était fur-tout le but du fameux Gerfon , & des autres députés de l'univerfité de Paris.

On avait crié pendant deux ans dans le concile contre les annates, les exemptions, les réferves , les impôts des papes fur le clergé au profit de la cour de Rome, contre tous les vices dont l'éaliie était inondée. Quelle fut la réforme tant attendue ? Le p;:pe Martin déclara 1°. Qu'il ne fallait pas donner d'exemptions fans connaiflànce de caufe. 1°. Qu'on examinerait les bénéfices réunis. 3°; Qu'on devait difpofer félon le droit public des revenus des églifes vacantes. 40. IL défendit 'inutilement la fimonie. 50. Il voulut que ceux qui auraient des bénéfices, fufTent tonfurés. 6°. Il défendit qu'Gn. dît la

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g 2.30 Essai sur les mœurs. ^

meffe en habit féculier. Ce font-!à les loix quifurent promulguées par l'affemblée la plus folemnelle du monde.

Gerfon eut même beaucoup de peine à obtenir la condamnation de ces propofitions , qu'il y a des cas où l'affaffinat eft une action vertueufe , beaucoup plus méritoire dans un chevalier que dans un é~uyer, & beaucoup plus dans un prince que dans un chevalier. Cette doctrine de l'affaffinat avait été foutenue par un nommé Jean Petit, docteur de l'univerfité de Paris, à l'occafion du meurtre du propre frère da roi. Le concile éluda longtems la requête de Gerfon. Enfin il fallut condamner cette doctrine du meurtre ,• mais ce fut fans nommer le cordelier Jean Petit.

Voilà l'idée que j'ai cru me devoir faire de tous les objets politiques qui occupèrent le concile de Confiance. Les bûchers que le zèle de la religion alluma, font d'une autre eipèce.

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