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Chapitre LV

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bacheliers , ce qui voulait dire bas chevaliers , ou varîets & écuyers ; & les feigneurs qui étaient en confraternité , fe donnaient mutuellement leurs enfans les uns aux autres, pour être élevés loin de la maifon paternelle, fous le nom de varlers dans S'apprentiffage de la chevalerie.

Le tems des crcifadesfut celui de la plus grande vogue des chevaliers. Les feigneurs de fief, qui amenaient leurs vaffaux fous leur bannière , furent appelles chevaliers bannerets , non que ce titre feul de chevalier leur donnât le droit de paraître en campagne avec des bannières. La puiffance feule & non la cérémonie de l'accolade, pouvait les mettre en état d'avoir des troupes fous leurs enfeignes. Ils étaient bannerets en vertu de leurs fiefs & non de la chevalerie. Jamais ce titre qui ne fut qu'une -difrinction introduite parl'ufage & un honneur de convention , ne fut une dignité réelle dans l'état & n'influa en rien dans îa forme des gouvernemens. Les élections des empereurs & des rois ne fe faifaient point par des chevaliers ■ i! ne fallait point avoir reçu l'accolade pour entrer aux diètes de i empire, aux parlemens de France, aux certes d'Efpagne. Les inféodations , les droits de reffort & de mouvance, les héritages, lesloix , rien d'efTenriel n'avait rapport à cette chevalerie. C'eû en quoi fe font trompés tous ceux qui ont écrit de la chevalerie. Ils ont écrit fur la foj des romans , que cet honneur était une charge , un emploi , qu'fl y avait des loix concernant la chevalerie. Jamais la jurifprudence d'aucun peuple n'a connu ces prétendues loix , ce n'étaient que des ufages. Les grands privilèges de cette infiitution confiflaient dans les jeux fangîans des tournois. Il nierait pas permis ordinairement à un bachelier, à un écuyer, de joufïer contre un chevalier.

Les rois voulurent être eux-mêmes armés chevaliers , mais ils n'en étaient ni plus rois, ni plus puiffans : ils voulaient feulement encourager la chevalerie & la valeur par leur exemple. On portait un grand refpeft dans la (ocïétê à ceux qui étaient chevaliers , c'eit à quoi tout fe réduifait.

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Essai sur les meurs.

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Enfuite quand le roi Edouard III. eut infatué l'ordre de h jarretière; Philippe le Bcny duc de Bourgogne, l'ordre delà toifori d'or; Louis XL l'ordre de St. Michel , d'abord aufïi brillant que les deux autres , & aujourd'hui fi ridiculement avili , alors tomba l'ancienne chevalerie. E;ït n'avait point de marque diftinchve; elle n'avait point . de chef qui lai conférât des honneurs &. des privilèges particuliers. Il n'y eut plus de chevaliers bannerets, quand les rois 3c les grands princes eurent établi des compagnies d'ordonnance ; alors ^ancienne chevalerie ne fut plus qu'un nom. On fe fit toujours un honneur de recevoir l'accolade d'un grand prince ou d'un guerrier renommé. Les îèigneurs continués en quelque dignité, prirent dans leurs titres la qualité de chevalier ; & tous ceux qui faifaient pr j^effion des armes , prirent celle d'écuyer.

Les ordres militaires de chevalerie, comme ceux du temple , ceux de Malthe, l'ordre teutonique & tant d'autres, font une imitation de l'ancienne chevalerie qui joignit les cérémonies religicufes aux fondions de la guerre. Mais cette efpèce de chevalerie fut absolument différente de l'ancienne. Elle produifit en effet des ordres monaftiques-militaires , fondés par les papes, pcfîedans des bénéfices , aftrainrs aux trois vœux des moines. De ces ordres finguliers, les uns ont été de grands conquérans, les autres ont été abolis pour leurs débauches , d'autres ont fubfiflé avec éclat.

L'ordre teutonique fut fouverain ; l'ordre de Malthe l'eft encor & le fera long'-tems.

Il n'y a guère de prince en Europe qui n'ait voulu inftituer un ordre de chevalerie. Le fimple titre de chevalier que les rois d'Angleterre donnent aux citoyens , fans les aggréger à aucun ordre particulier , efï une dérivation de la chevalerie ancienne & bien éloignée de fa fource. Sa vraie filiation ne s'eft confervée que dans la cérémonie par laquelle les rois de France créent toujours chevdliers les ambaffadeurs qu'on leur envoie de Venife ;

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