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Chapitre LVIII

partis oppofés. Ces combats font des faits d'armes , des exploits de guerre, de tout tems en ufagechez toutes les nations.

On ne fait fi on doit placer plufieurs cartels de défi de roi à roi , de prince à prince , entre les duels juridiques , ou entre les exploits de chevalerie ; il y en eut de ces deux efpèces.

Lorfque Charles d'Anjou , frère de St. Louis , & Pierre d' Arragon fe délièrent après les vêpres ficiliennes, ils convinrent de remettre la juflice de leur caufe à un combat iinguîier, avec la permiffion du pape Martin IV. comme le rapporte jean-Baptijle Caraffaààns fonhiiïoire de Naples ; le roi de France Philippe le 'Hardi , leur affigna le camp de Bordeaux. Rien ne reiTemble plus aux "duels juriques. Charles d'Anjou arriva le matin au lieu & au jour affigné , & prit acte du défaut de fbn ennemi qui n'arriva que fur le foir. Pierre prit ade à fon tour du défaut de Charles qui ne l'avait pas attendu. Ce défi fingulier eut été au rang des combats juridiques, fi les deux rois avaient eu autant d'envie de fe battre que de fe braver. Le duel qu'Edouard IIP. fit prcpofer à Philippe de Valois , appartient à la chevalerie. Philippe de Valois le refufa , prétendant que le feigneur fuzerain ne pouvait être délié par fon vafFal ; mais lorfqu'enfuire le vaifal eut défait les armées du fuzerain , Philippe propofa le duel , & Edouard III. vainqueur le refufa , difant qu'il était trop avifé pour remettre au hafard d'un combat Iinguîier, ce qu'il avait gagné par des batailles.

Charles- Quint & François i. fe défièrent , s'envoyèrent des cartels , fe dirent qu'ils avaient menti par la gorge , & ne fe battirent point. Il n'y a pas un (ëul exemple de rois qui aient combattu en champ clos ; mais le nombre des chevaliers qui prodiguèrent leur fang dans ces aventures, eft prodigieux.

Nous avons déjà cité le cartel de ce duc de Bourbon

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