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Chapitre LVIII

les Tiens & avec la vie , dans une guerre plus injufte que tous les duels dont nous avons parlé.

Ce qui contribua le plus à l'abolifTement de cet ufage , ce fut la nouvelle manière Je faire combattre les armées. Le roi Henri IV. décria l'ufage des lances à la journée d'Ivri ; & aujourd'hui que la fupériorité du feu décide de tout dans les batailles , un chevalier ferait mal reçu à fe préfenter la lance en arrêt. La valeur confirmait autrefois à fe tenir ferme & armé de toutes pièces fur un cheval de carrofTe , qui était auffi bardé de fer. Elle confifte aujourd'hui à marcher lentement devant cent bouches de canon, qui emportent quelquefois des rangs entiers.

Lorfque les duels juridiques n'étaient plus d'ufage , & que les cartels de chevalerie l'étaient encor, les duels entre particuliers commencèrent avec fureur ; chacun fe donna foi-même, pour la moindre querelle, la permiiïïon qu'on demandait autrefois aux parlemens , aux évêques & aux rois.

Il y avait bien moins de duels quand la jufiice les ordonnait folemnellement ; & lorfqu'elle les condamna , ils furent innombrables. On eut bientôt des féconds dans ces combats , comme il y en avait eu dans ceux de chevalerie.

Un des plus fameux dans l'hiftoire , eft celui de Caihis, Maugiron & Livarot contre Antraguet , Riberac & Schomberg , fous le règne de Henri III. à l'endroit où elt aujourd'hui la place royale à Paris, & où était autrefois le palais des Tourneiles. Depuis ce tems il ne fe paffa prefque point de jour qui ne fut marqué par quelque duel, & cette fureur fut pouffée au point qu'il y avait des compagnies de gendarmes dans lefquelles on ne recevait personne qui ne fe fût battu au moins une fois , ou qui ne jurât de fe battre dans l'année. Cette coutume horrible a duré jufqu'au tems de Louis XIV.

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416 Essai sur les m sur s.

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