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CHAPITRE NEUVIEME

WOthotî IV. & de Philippe Auguste, au treizième fierté. De la bataille de Bouvines. De V Angleterre & de la France , jufqu'à la mort de Louis VIII. père de St. Louis. Puijjan:e fingulière de la cour de P*o me : pénitence plus fingulière d.c Louis VIII. &Ct

UNIQUE le fyftême' de la balance de l'Europe n'ait été développé que dans les derniers tems , cependant il paraît qu'on s'eft toujours réuni autant qu'on a pu contre les puiiTsnces prépondérantes. L'Allemagne , l'Angleterre & les Pays-Bas armèrent contre Philippe Augufie, aïrifi eue nous les avons vu fe réunir contre Louis XIV. Ferrand comte de Flandres le joignit à l'empereur Othon IV. Il était vaïïal de Philippe ; mais c'était par cette raifon même qu'il fe déclara contre lui auflî-bien que le comte de Boulogne. Ainfi Philippe , pour avoir voulu accepter le préfent du pape", fe mit au point d'être opprimé. Sa fortune & fon courage le firent fortir de ce [3 Ejfai fur les mœurs. Tom. IL E

Essai sur les mœurs. *

péril avec la plus grande glciire qu'air jamais mérité un roi de France.

Entre Lille & Tournai efr un petit village nommé Bouvines , près duquel Cthon 1 V. à la tête d'une armée qu'on dit forte de plus de cent miile combattans , vint attaquer !e roi , qui n'en avait guère que la moitié. On commençait alors à fefervir d'arbalètes. Cette arme était en uf?ge à la fin du douzième fiècle. Mais ce qui décidait d'une journée , c'était cette pefante cavalerie toute couverte de fer. L'armure complette du chevalier était une prérogative d'honneur , à laquelle les écuyers ne pouvaient prétendre ; il ne leur était pas permis d'être invulnérables. Tout ce qu'un chevalier avait à craindre, était d'être blelTé au vifage quand il levait la vifière de fon cafque ; eu dans le flanc au défaut de la cuirafTe , quand il était abattu & qu'on avait levé fa chemife de

*j mailles ; eniin fous les aiifelles, quand il levait le bras.

S II y avait encor des troupes de cavalerie, tirées du

corps des communes , moins bien armées que les chevaliers. Pour l'infanterie, elle portait des armes défenfives à fen gré , & les offenfives étaient l'épée, la flèche , la maiïiie , la fronde.

Ce fut un évêque qui rangea en bataille l'armée de Philippe Augujie : il s'appeîlait Guériii, & venait d'être nommé à l'évêché de Senlis. Cet évêque de Beauvais , fi long-tems prifonnier du rci Richard d'Angleterre , fe trouva au fTi à cette bataille. Il s'y fervit toujours d'une maffue , difant qu'il ferait irrégulier s'il ver fait le fang humain. On ne fait point comment l'empereur & le roi difposèrent leurs troupes. Philippe avant le combat fit chanter le pfer.ume , Exfurgai Dcus , & dijjipentur tnï-» mici ejus : comme fi Cthon avait combattu contre Dieu. Auparavant les Français chantaient des vers en l'honneur de Charhmagne '& de Fiolland. L'étendard impérial à\Gthon était fur quatre roues. C'était une longue perche qui portait un dragon de bois peint , & fur le dragon s'é-

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