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Chapitre XXVI. aoi *s

Gènes & Pife font les émules de Venife. Florence devient une république illuftre. Bologne ne reconnaît alors ni empereurs ni papes. Le gouvernement municipal prévaut par - tout , & fur - tout dans Rome. Clément V. qu'on appella le pape Gafcon , aima mieux transférer le Saint Siège hors d'Italie , & jouir en France des contributions payées alors par tous les fidèles , que difputer inutilement des châteaux & des villes auprès de Rome. La cour de Rome fut établie fur les frontières de France par ce pape ; & c'eft ce que les Romains appellent encor aujourd'hui le tems de la captivité de Babylone. Clément allait de Lyon à Vienne en Dauphiné , à Avignon , menant publiquement avec lui la comtefle de Périgord , & tirant ce qu'il pouvait d'argent de la piété des fidèles. C'eft celui que vous avez vu détruire le corps redoutable des templiers.

Comment les Italiens dans ces conjonctures ne firent- fê ils p;ïs, loin des empereurs & des papes , ce qu'ont fait les Allemans , qui fous les yeux même des empereurs ont établi de fiècle en fiècle leur afiociation au pouvoir fuprême , & leur indépendance ? Il n'y avait plus en Italie ni empereurs ni papes •- Qui forma donc de nouvelles chaînes à ce beau pays ? la divifion. Les fa&ions Guelfes & Gibelines , nées des querelles du facerdoce & de l'empire , fubfiftaient toujours comme un feu qui fe nourriflait par de nouveaux embrafemens. La difeorde était par- tout. L'Italie ne faifait point un corps ; l'Allemagne en faifait toujours un. Enfin le premier empereur entreprenant qui voudrait reparler les monts } pouvait renouveller les droits & les prétentions des Ckarlemagnes de des Othons. C'eft ce qui arrive enfin à Henri VIL de h maifon de Luxembourg , en 13 il. Il defeend en Italie avec une armée d'AUemans. Il vient fe faire reconnaître. Le parti Guelfe regarde fon voyage comme une nouvelle irruption de barbares ; mais le parti Gibelin le favorife. Il foumet les villes de Lombardie ;

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c'eii une nouvelle conquête. Il marche à Rome pour y recevoir la couronne impériale.

Rome, qui ne voulait ni d'empereur ni de pape, & qui ne put fecouer tout-à-fait le joug de l'un & de l'autre, ferma Ces portes en vain- Les Urjins & le frère de Robert, roi de Naples , ne purent empêcher que l'empereur n'entrât l'épée à la main , fécondé du parti des Colonnes. On fe battit long-tems dans les rues, & un évêque de Liège fut tué à côté de l'empereur. Il y eut beaucoup de fang répandu pour cette cérémonie du couronnement , que trois cardinaux firent enfin au lieu du pape. Il ne faut pas oublier que Henri VII. protefta pardevant notaire, que le ferment, par lui prêté à fonfacre, n'était point un ferment de fidélité. Les papes ofaient donc prérendre que l'empereur était leur vaîfal.

Maître de Rome, il y établit un gouverneur. Il ordonna que toutes les villes , que tous les princes d'Italie lui payafTent un tribut annuel. Il comprit même dans cet ordre le royaume de Naples, féparé alors de celui de Sicile, & cita le roi de Naples à comparaître. Àinfi l'empereur réclame fon droit fur Naples. Le pape en était fuzerain ; l'empereur fe difait fuzerain du pape, & le pape fe croyait fuzerain de l'empereur.

Henri VIL allait fou tenir fa prétention fur Naples par les armes , quand il mourut, empoifonné, comme on le prétend. Un dominicain mêla, dk-on , du poifon dans le vin confacré.

Les empereurs communiaient alors fous les deux efpèces, en qualité de chanoines de St. Jean de Latran. Ils pouvaient faire l'office de diacres à la me (Te du pape, & les rois de France y auraient été fous-diacres.

On n'a point de preuves juridiques que Henri VII. ait péri par cet empoifonnement facrilége. Frère Bernard Politien de Montepulciano , en fut aceufé, & les dominicains obtinrent trente ans après du fils de Henri VII.

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