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CHAPITRE PREMIER

Divers procédés d'exploration stomacale.

Les procédés employés pour arriver à la détermination de la position normale et de la forme exacte de l'estomac sont nombreux.

es premières recherches furent faites sur le cadavre, surtout par la méthode de la congélation et de l’examen par tranches, et par la méthode de la transfixion de l'estomac, spécialement employée par Addison (1).

D’autres auteurs se servirent d’injections durcissantes : à l’acide chromique (His), au phénol (EF. P-

Mall), ou enfin de moulages en plâtre.

t. Apnison. Abdominalis viscera in Man. Jof. Anat., 1899.

La principale critique à adresser à ces procédés, réside dans la différence qui existe entre un estomac vivant et fonctionnant, et l’estomac atone et plus ou moins rétracté du cadavre. Aussi les délaissa-t-on bientôt pour d’autres plus exacts sur le vivant. Tous les moyens d'exploration furent, tour à tour, mis en usage.

Leube et Boas (1) employèrent la palpation combinée à l’introduction d’une sonde jusqu'à la grande courbure.

Cette sonde, en formant un relief, permettait à la main de l’explorateur de trouver quelques repères.

Cette méthode, perfectionnée par Kahn, a l'inconvénient de ne donner à la main exploratrice que peu de relief, et de n’être pas toujours supportée par le sujet.

Le procédé de M. A. Capua Guïffré consiste à rendre perceptible, après ingestion de 100 centimètres cubes d’eau, grâce à la position déclive, le bruit de clapotage qui n’existe pas normalementchez l’homme sain. Mais la position déclive ne modifie-t-elle pas la forme et la situation de l'estomac ?

La percussion simple a servi, et sert encore de mode d'exploration le plus employé dans la pratique courante. Nous verrons qu'elle est très souvent une source d'erreurs grossières ; car il est très difficile,

même à une oreille exercée, de distinguer la diffé-

1. Boas, Gazelle des Hôpitaux. Revue générale. S{énoses pyloriques. Fhaon, 1902, n° 132,

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rence de timbre des sonorités gastriques et intestinales.

Pour y remédier Fenwick en Angleterre, Frerichs et Mannkopf en Allemagne, remplissent d’air l’estomac. On peut obtenir ce résultat, soit à l’aide de la bouche, soit avec une soufflerie de Richardson ou celle du thermocautère (Guinard) ; soit à l’aide de poudres gazogènes.

Comment arrèter à temps la dilatation de l'organe et ne pas dépasser ses limites normales ? Le gastrovolumètre (mayenvolumeter) dé Jaworski permet de ne pas dépasser cette mesure: Mais pour les raisons citées plus haut, l'exploration par la percussion n’en reste pas moins très difficile. |

Quierolo et Landi remplacèrent alors le milieu gazeux par un ballonnet rempli d'eau communiquant à l’extérieur avec un appareil enregistreur. Cet appa” reil montre les vibrations imprimées par la percus-

sion stomacale exclusive, à son contenu liquide ; .

méthode beaucoup plus précise, mais qui a toujour$ l'inconvénient d’être souvent mal supportée.

La percussion et l’auscultation phonendoscopiques servirent à Bianchi et Comte (1) sans grands résultats.

La gastrodiaphanie, ou éclairage d’un estomac renfermant 500 à 1.000 centimètres-cubes d'eau, par

une petite lampe incandescente qu'on y fait pénétrer

1. B. er C. Arch. de Physiol. norm. el päthol. 1897, p..891.; sq.

ASE

au moyen d’une sonde (1), fit faire un grand pas à la science, sans toutefois arriver encore à la vérité.

En effet, les rayons lumineux, d'ailleurs réfractés plus ou moins par la couche adipeuse, ne peuvent traverser le foie qui s’interpose ; ou, si avec Meltzing (1894), on cherche à repérer les paroïs stomaca” les, en déplaçant la source lumineuse, on est trompé par la diffusion des rayons dans les anses intestinales et le côlon transverse.

Tout compte fait, il nous restait seulement un moyen d'investigation, bien fugace il est vrai, encore que peut-être, les résultats en fussent faussés par la position du sujet, la narcose, le déplacement des organes voisins, je veux parler des laparotomies, quand eu lieu la découverte des rayons X.

Il n'entre pas dans notre sujet, de faire l’apologie de cette méthode, ni de rejeter toutes les autres qui rendent aussi leurs services, bien que souvent, elles puissent donner des résultats contradictoires. Nous ferons touiefois constater tous les bénéfices que l’on peut attendre d’un moyen d'exploration, qui, effectué sur le vivant, sans toucher, et par conséquent sans modifier son estomac, peul se pratiquer dans toutes les positions, et principalement dans la station verticale, l

Bien qu’il soit fréquent, que sans aucun artifice de préparation, l'estomac se révèle sur l’écran, sous forme d’une zone claire, limitée par les ombres voi-

y. Muuor, 1867. Lazarowrren, 1889.

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sines, pour en faciliter l’image radioscopique, et faire varier les conditions de l'examen, on a recours à deux procédés différents. | |

Le premier consiste à rendre les contours seuls plus apparents, en diminuant, au moyen d’insufflations gazeuses, l'opacité gastrique. Procédé de MM. Lévy, Dubois-Reymond, Rosenfeld, et surtout

Destot (1902) de Lyon, qui montra tous les avanta-

ges de cette méthode.

Le second, que nous avons seulement employé,

cherche, au contraire, par l'introduction de substan-

ces denses dans l'estomac, à augmenter l’opacité de l’organe tout entier.

Wegele (1896) et Lindermann (1897), se servirent au début de sondes avec mandrin métallique. Puis Rosenfeld, en 1897, reprenant l’idée de Leube, remplit cette sonde de grenaille de plomb.

ILfaut arriver à Williams, en 1898, pour voir employer le sous-nitrate de bismuth. C’est lui,en effet, qui le premier eut l’idée de mélanger du sous-nitrate de bismuth à une bouillie alimentaire, pour suivre le cours de la digestion chez les enfants. Le même procédé était, presque en même temps, utilisé par Cannon en Amérique, et par Roux et Baltazard en France, sur l’homme et sur les animaux.

Les petites doses, jusqu'alors en usage, furent, sans inconvénient décuplées par Rieder (40 à 50 grammes dans une bouillie).

Elles lui permirent d’avoir des radiographies totales de l’estomac. Grâce à cette méthode, Holzknecht,

qui s'était au début servi de cachets de bismuth, nous a donné une étude complète de l'estomac normal et pathologique.

Mais c’est à Leven et Barret en France, que nous devons la vulgarisation de cette méthode, grâce à une suite d’articles parus dans la Presse médicale

Tout dernièrement enfin, le D' Guillon, élève de Béclère, consacra sa thèse à l’exploration radiosco-

pique de l’estomac chez l’homme sain.

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