‹ Essais cliniques de radioscopie gastriqueChapitre 29 sur 43 · Leven ET BARRET · texte numérisé non relu

Leven ET BARRET

En comparant ces renseignements à ceux que nous fournira l'examen des malades, nous avons un excellent moyen de juger de l'état de l’organe.

Premier TEMPs. — L'apparition plus ou moins nette de la zone en dôme, sans artifice préparatoire ne nous donne guère de renseignements. Souvent, en effet, elle est aussi peu nette que le reste de l’organe : elle peut seulement nous donner des présomptions sur la situation de l'estomac.

Deuxième TEMPS. — Par contre, à la suite de l’ingestion à sec de poudre de bismuth lycopodée, les parois de l’organe commencent à se dessiner. Mais le principal avantage de cette manœuvre est de nous permettre de juger du contenu stomacal à jeun.

Comme nous lavons déjà vu, par son mélange intime avec le Iycopode, le bismuth devient imperméable, et dans les cas où il existe du liquide, il s'étale à sa surface. Sur l'écran, nous voyons alors une ligne noire horizontale, indiquant le niveau atteint. Cette ligne est horizontale, que le sujet soit examiné debout ou couché. Si l’on fait exécuter quelques mouvements brusques par le malade, la ligne noire subit, pendant ce temps, de très nettes oscillations. En appuyant de bas en haut, avec la main, sur l'abdomen du sujet, on constate également l’ascension de cette ligne.

I s’agit donc bien, dans ce cas, de la présence de liquide. Notons exactement sur l'écran, le niveau atteint ; nous pourrons, dans la suite, faire ingérer

au malade une quantité connue de lait bismuthé, et

repérer le nouveau niveau obtenu. En comparant ces deux hauteurs, on peut être renseigné assez exactement sur la quantité du résidu. Nous possédons done ici un excellent moyen dereconnaître la présence de

la stase gastrique à jeun. Ce procédé a sur la sonde

Fig. 1. — Esromac Normar 40centimètres cubes de lait bismuthé atteignent le niveau SS’ A Zone en dôme. B Port. tubulaire. C Segment juxtapylorique. R pylore. O ombilic,

le grand avantage de pouvoir être employé sans aucun inconvénient, quel que soit l’état de l’organe à examiner. D'abord, la dose de bismuth est très faible et de plus, si en cas d’ulcère ou de cancer, le passage de la sonde est absolument contre-indiqué, de peur. de produire une hémorragie, le bismuth, au contraire, est employé dans cesmaladies, dans un but curatif. En outre, grâce à lui, nous avons la possibilité d’ètre renseigné d’une façon absolument précise

de visu, sur l'existence de la stase. Le clapotage étant, en principe, un moyen très fidèle, peut quelquefois cependant être perçu sur un estomac normal et n'être pas perceptible sur un estomac dilaté. TroïsièMe TeMPs.— L'ingestion delaitbismuthé par doses fractionnées, permet d'étudier d'abord Ia façon dont se remplit l'organe, et comment il réagit. Elle. nous donne ensuite, quand l'estomac est plein, une image très nette de sa forme générale et de sa situation. En un mot, elle nous indique si l'estomac est sain, s’il est piosé, dilaté, ou ce qui est le plus fréquent, s'il y a combinaison de ces deux états

pathologiques.

Fig. 2. — Esromac NORMAL Contenant 250centimètres cubes de lait de bismuth gommé

Le niveau S.S’ est le même que dans la figure 1.

Supposons d'abord, que l’ingestion de bismuth lÿcopodé ne nous ait donné aucun résultat.

cup TRES

Après ingestion de #0 à50 centimètres cubes de lait bismuthé, deux ordres de faits peuvent se produire: Ou bien, nous avons affaire à un estomac dont les parois n'ont en rien perdu de leur tonicité, et alors les 50 centimètres cubes rempliront presque complète-

ment l’organe, sauf à la partie supérieure de la cham-

Fig, 3.— Esromac niLaTE (biloculation (emporaire). 250 centimètres cubes de lait bismuthé tombent en NN. Ce n’est qu'avec 400 centimètres cubes que l’on atteindra SS’. L’estomac perd alors sa biloculation et prend la forme

des traits pointillés.

bre à air, où s’accumuleront les gaz (fig. 1); ou bien l'estomac à examiner est un estomac atone et dilaté, et les 50 centimètres cubes, au lieu de le remplir presque complètement, tombent au fond de l’organe. De ce fait, seule la partie inférieure se trouve visible,

Si dans le premier cas nous continuons à faire

ingérer du lait bismuthé jusqu'à 250 à 300 centimè-

tres cubes, l'organe conservant sa forme primitive ne s'accroît que suivant la largeur, par éloignement de ses parois. Le niveau atteint au début par les 50 centimètres. cubes ne s'élève pas. Le segment inférieur se dilate proportionnellement, mais ne descend pas plus bas qu'au début (fig. 2). Il s’agit done bien ici, nettement, d’un estomac non dilaté qui adapte ses parois à son contenu, ce qui a une grande valeur au point de vue du pronostic.

En cas de dilatation, l’ingestion de 200 à 300 centimètres cubes produit des effets tout à fait différents (fig. 3). En effet, le niveau que nous avons vu très bas, après l’ingestion des 50 premiers centimètres cubes, s'élève, peu à peu, au fur et à mesure que le malade boit. Et quand l’estomac se trouve rempli, ce qui peut demander une grande quantité de liquide, nous avons devant les yeux un estomac non tubulé, mais plus ou moins dilaté en forme de poche.

Donc, tandis que dans le premier cas, l’estomac s’est rempli comme un tube étroit qui ne s'élargit que lorsqu'un certain niveau est aiteint ; dans le deuxième cas, au contraire,ilse comporte comme une vessie de caoutchouc, -ou une poche inerte à cavité préétablie.

L'étude du remplissage de l'estomac a donc une importance capitale, car seule, comme le disent Leven et Barret : « Elle nous fournit le moyen d’affirmer si un estomac est dilaté ou non, dans tous les cas où l'ectasie n’est pas considérable, et où, par conséquent, les procédés usuels de diagnostic, et en

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