ARE TE
-particulier la percussion, peuvent être mis en défaut. » (Loc. cit.)
Dans l'estomac normal,il y aconstamment adaptation des parois au contenu. Dans l’estomac dilaté ou distendu par les gaz (car dans ce cas, il se comporte comme un estomac dilaté, le remplissage devenant normal, dès que cesse la distension), cette adaptation n'existe plus. Nous pouvons donc déjà, sans tenir aucun compte du volume, des rapports, ni du clapotage, donner une définition vraiment clinique de la dilatation : c’est l’éfat d’un estomac, dont le
mode de remplissage n’est pas normal (loc. cit.). Un estomac naturellement grand, mais qui adapte
constamment ses parois à son contenant, n'est donc pas dilaté.
Ajoutons, que, seule la radioscopie peut nous fournir, d'une manière précise, ce renseignement très difficile à obtenir par la seule percussion. Nous voyons aussi, que la dilatation peut exister sans stase alimentaire, et que l’appellation de stase gastrique permanente, que propose Mathieu, si elle est souvent exacte, ne doit pas être donnée à cette mala-
die, à l'exclusion du terme de dilatation.
-Une fois que nous avons devant les yeux l’image entière de l’estomac, nous en prenons sur l’écran une reproduction orthodiagraphique, à laquelle nous joignons les repères fournis par le rebord costal et les crêtes iliaques. Nous pouvons ensuite, en comparant
les distances qui existent normalement entre l’esto-
eee mac et ces repères, à celles que nous avons trouvées, juger si l'estomac est plus ou moins déplacé.
Un estomac se remplissant normalement peut être abaissé, quelquefois descendre très bas, surtout chez les femmes. Un estomac dilaté peut conserver une situalion à peu près normale.
Mais, le plus souvent, les deux étais se compliquent, et voici ce qu'il arrive: L'estomac forcé ou atone ne peut bientôt plus se contracter assez fort pour se vider complètement et, si la radioscopie nous a permis de montrer, que dilatation et stase alimentaire n’étaient pas toujours synonymes, il y a néanmoins une coexistence très fréquente entre ces deux affections. L’ébauche de cul-de-sac, ou la déclivité que nous avons constatée si souvent dans l'estomac normal sert d’amorce à cette stase. Tant que la limite inférieure se trouve sur le même plan que le pylore l'organe se videra normalement ; mais bientôt, grâce à cette déclivité, et à l’atonie de la paroi inférieure, un peu de liquide ne sera plus expulsé et séjournera entre les digestions.Peu à peu, par son propre poids, ce liquide augmentera de plus en plus l’affaissement de la paroi inférieure. C’est le débüt de la ptose, et le cerele vicieux commence: l'organe, de plus en plus affaibli, n’expulse plus ce résidu qui s’aceumule, et accroît la chute de l'organe.
Ce qui se passe ici est tout à fait comparable à ce que nous constatons dans la vessie des vieillards. La stagnation engendre le bas-fond, qui lui-même aug-: mente la stagnation.
Quand il y a en même temps ptose et dilatation d'estomac, voici ce que l’on observe: d’abord l'épreuve du bismuth lycopodé sera positive, puisque dans ce Cas, il existera un cul-de-sac rétropylorique ; il y aura stase alimentaire permanente, et la ligne noire horizontale qu'y formera le bismuth sera située plus bas que normalement, par rapport à l’ombilic.
Si on fait ingérer 50 centimètres cubes de lait bismuthé ils tombent immédiatement au fond de l’organe, et projettent sur l’écran une tache noire, assez ramassée sur elle-même.
La plupart du temps, après ingestion de 200 à 300 centimètres cubes, seul, de tout l'organe, le segment inférieur est rempli.
Le cul-de-sac antépylorique,déjà constaté, s’est considérablement agrandi en tous sens, et forme une poche volumineuse qui déforme complètement le segment inférieur. L'ombre projetée sur l'écran, au lieu d’être, comme normalement, sensiblement horizontale, ou tout au moins peu oblique, et légèrement terminée en crochet à son extrémité droite, est ici très nettement en crochet dans les cas de moyennes dilatations, et en cul-de-sac vertical dans les cas plus accentués. L’organe, dans ces deux cas, prend l’aspect que nous montre la figure 3 (voir aussi aux observations).
Si nous examinons le reste de la figure, nous remarquons également, que le segment moyen offre en son milieu une sorte d’étranglement ou de rétrécis-
sement, qui donne à l'organe l'aspect de l'estomac