‹ Essais cliniques de radioscopie gastriqueChapitre 37 sur 43 · Æ NE · texte numérisé non relu

Æ NE

FrG. TL. — Corset ceinture en place.

(Le corset ouvert laisse voir la ceinture fermée).

Fic. Il, — L’envers de la ceinture.

(Montrant la pelote hypsogastrique en place)

A. MicuaLow, Éditeur, Paris.

mouvemenis de flexion en avant. Comme le dit Glénard, «une ceinture ne doit pas subir, mais commander la forme du ventre ». C’est bien ce que l’on

obtient avec ce moyen de contention, qui, commandant fermement la partie antérieure, qui doit supporter tout l’effort, passe sur les parties latérales, plus vulnérables, sans les léser aucunement.

Le corser qui complète la ceinture a pour but, en conservant à la taille toute son élégance : 1° de maintenir la ceinture en bonne position; 2° de donner aux organes remontés par la peloté hypsogastrique, toute l’aisance possible, sans les comprimer ni les déformer. .

C'est un corset droit, de forme ordinaire, mais dont la carcasse est formée de plusieurs pièces réunies par des lacets.

Il est en effet muni, en plus des lacets postérieurs, qui servent au serrage, de lacets latéraux, pouvant se serrer ou se relâcher suivant les besoins. Ces lacets ont une importance capitale: d’abord, ils donnent entière liberié aux organes abdominaux, en rendant la partie antérieure du corset indépendante du reste. De plus, grâce à eux, le corset peut conserver sa forme droite, quelle que soit la position que prend la personne qui le porte, parce que ses parties constituantes sont indépendantes. Quand la personne est assise, le corset peut se cambrer sur les côtés, selon les mouvements, sans que le devant ensubisse aucun changement. Par le système de laçage sur le côté,

le jeu du tronc est donc libre dans tous les sens.

Le devant, maintenu rigide par un busc et des baleines, forme cuirasse, et tous les efforts qui portent sur les parties latérales viennent mourir sur la partie lacée, qui ne les transmet pas à la portion antérieure. Ainsi, l'estomac remis à sa place normale par la pelote hypsogastrique, et maintenu par le haut de la ceinture doubléè du corset, conserve cette position quels que soient les mouvements du malade.

La fermeture et le baleinage du corset n’ont reçu aucune modification. Quant au lacet postérieur, il a été dédoublé. L’inférieur correspond à la ceinture, le supérieur au corset.

On peut ainsi, avec toute facilité, serrer fortement la ceinture, indépendamment du corset quireste lâche. Deux nouvelles jarretelles latérales empécheront l’ap- | pareil de remonter.

Voici maintenant quelques détails sur la mise en place. Le tube de la pelote hypsogastrique étant passé dans l'ouverture médiane de la ceinture, et la pelote étant elle-même fixée en bonne position par les cordons passés dans les œillets, le corset-ceinture est appliqué sur la personne.

Cousus entre eux à la partie postérieure, le corset et la ceinture sont comme nous l’avons vu, indépendants sur le devant. IL faut donc d’abord placer la ceinture. Pour ce faire, après s'être assuré que la pelote hypsogastrique répond bien à la région du bas-ventre, on boutonne la ceinture au moyen de la fermeture à lacets et crochets située sur le côté gau-

che. Par le laçage à œillets, qui est placé sur le côté

droit, on rétablit l'équilibre de la portion médiane compressive. Le serrage se fait au moyen du lacet inférieur de derrière. ;

Quand la ceinture est convenablement serrée, ce dont on se rend compte en passant la main entre elle et la paroi abdominale, on ferme le corset au moyen du buse médian, et on règle sa tension par le lacet supérieur du dos. Il ne reste plus qu’à modifier la tension de la pelote hypsogastrique.

Quels sont les résultats obtenus ? On peut les contrôler par la radioscopie, et c’est même une règle de faire l’essayage devant l'écran. Si le résultat n’est pas satisfaisant, l’image radioscopique nous en préviendra aussitôt,

Si on place devant l'écran un malade muni de son corset-ceinturé avec pelote convenablement disposés, on est de suite frappé de ce fait, que la limite inférieure de l’estomac, précédemment repérée, est souvent remontée de 2 ou 3 centimètres, même avant tout envoi d’air dans la pelote, du moins chez les personnes un peu grasses. Ceci est dû, à ce que chez ces malades la ceinture, bien rigide sur le devant, a ramassé tout le bas-ventre, et commence à le refouler en haut, en se servant du coussin graisseux ainsi obtenu. La pelote n'étant pas encore gonflée n'a pas d'effet. Chez les personnes amaïigries, sans ventre tombant, la limite inférieure n’a pas bougé. Mais, si on fait avec la poire, quelques insufflations, on constate bientôt l'ascen-

sion très nette du cul-de-sac stomacal. Ce fait est par-

== faitement visible, si on a fait ingérer au maladé uf peu delait bismuthé avantl’examen. Souvent, sur tout chez les personnes très amaigries, ce n’est qu'après trois ou quatre coups de poire, que la limite inférieure commence à monter. C’est que ces insufflations ont été nécessaires pour donner à la pelote la forme d'un coin et une rigidité assez grande pour rentrer dans le bas-ventre et supporter la masse intestinale. Quand la pelote est suffisamment gonflée pour obtenir ce résultat, on peut voir, à chaque coup de poire, remonter peu à peu lecul-de-sac stomacal. En général, une dizaine d’insufflations sont nécessaires pour faire disparaître le cul-de-sac.

Doit-on pousser la dilatation de la pelote jusqu’à ce point ? Tout dépend de la tolérance du malade, et on ne doit distendre la pelote que jusqu'au moment où elle devient désagréable au malade. Ce n’est qu’à la longue, quand il sera accoutumé au port de la ceinture, que l’on pourra pousser plus loin l’ascension de l'estomac. |

Une fois la pelote suffisamment gonflée, on ferme le robinet d’accès, et on a une compression permanénte. La pelote pneumatique donne donc le moyen de graduer la pression suivant la tolérance de chacun.

Si, le malade étant toujours devant l’écran, on fait la contre-épreuve, en ouvrant le robinet, et en laissant la pelote revenir sur elle-même, on voit l’estomac redescendre et reprendre la place anormale

qu’il occupait précédemment, tandis que le malade

accüse uñhe sénsation tout à faitanalogue à celle d'une

descente en ascenseur, due à la décompression.

Grâce au port d’un appareil bien fait, convenablement placé, et contrôlé par la radioscopie, les malades atteints de ptose obtiennent un grand soulagement. Ils ont, d’une facon très nette et durable, la sensation d’allègement que leur donne l’épreuve de la sangle. Les symptômes généraux de la ptose disparaissent peu à peu complètement, par le fait de ls suppression du cul-de-sac stomacal, puisque la limite inférieure remonte maintenant au même niveau que le pylore, ou à peu de chose près. L’évacuation se fera convenablement et sans retard. Il n’y aura plus stagnation de liquide. Les symptômes dyspeptiques disparaîtront un à un, du fait de la guérison de la ptose. L’estomac et l'intestin bien maintenus, la sensation d’anéantissement et de pesanteur cesseront également. Enfin, peu à peu, grâce à un régime approprié, l'estomac retrouvera sa tonicité, et au bout d'un temps plus ou moins long, suivant le degré de la maladie, la personne pourra quitter sa ceinture, ne gardant que le corset qui ne nuira aucunement à

son élégance.

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