‹ Essais critiquesChapitre 2 sur 6 · FATALITÉ · texte numérisé non relu

FATALITÉ

N’avoir pour horizon que le bruit des cités

Dont la grave rumeur est comme un chant d'automne;

Vivre éternellement dans les demi-clartés,

Dans la foule, qui va pensive et monotone.

Souffrir les jours nombreux de ces coeurs tourmentés. Que la fièvre de l’or pour la vie empoisonne;

Rêver le ciel lointain des grandes libertés,

Et n’avoir sous ses pas que l’enfer qui frissonne.

Souhaiter d'être seul dans le couchant vermeil,

Se sentir emporté vers l’impassable espace,

Où l’orgueil de régner n’appartient qu’au soleil;

Et, comme le dernier de la plèbe qui passe,

Promener à travers la ville son ennui,

Et s’en aller sans but dans l’immuable nuit. 4

D’Alfred Desrochers:

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