RUE DU PO.NT-DE-LODI, H
MDCCCXXXVIl.
PRÉAMBULE
PluBi4raf*s articles que nous avions pu-^ bliés dans des recueils littéraires et dans différents journaux étaient le développement d'idées suivies sur l'histoire ; et sur la philologie , la géographie et l'archéologie considérées comtaie ses éléments principaux.
Contribuer à ramener à une plus juste appréciation dés choses et des temps j tel était notre but. Nos moyens consistaient dans les observations, résultat de nos études, et dans la réfutation des systèmes
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qui nous paraissaient fausser les opinions et les jugements.
La même conviction qui nous avait fait émettre d'abord séparément ces idées de critique nous engagea à les revoir avec soin avant de former un livre de leur réunion. Ce second travail ne nous a pas pris moins de temps que le premier ; car ce ne sont point des mélanges que nous présentons aujourd'hui au public : cette prétention nous semblerait déplacée.
Quoique ayant toujours borné notre faible part daBs la presse périodique aux sujets qui sont l'objet de nos études sp^cialè$^ il s'en faut bien que nous réuniss^OBi» 4^^$ ce volume tous les matériaux que, noua avons fournis, à ce puissant organç de la publicité. Mais y comme ceux que nous avons choisis sont l'expression continue ^ quoique diversenient appliquée 9 de principes qui Qe nous paraisfsen^t pas ^ans importance 9 nous avous juge utile d'en former un faisceau oii, indépendainment de no^brçu/se^ iQodi|icationS| noys a^ons
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ajouté bien des parties nouvelles , pour composer cet ouvrage tel que nous l'entendions.
Notre plan est simple: les trois premières parties^ où nous examinons des: points relatifs aux trois principaux éléments de Thistoire, de même que la partie consacrée spécialement à cette seieiice, comt'* mencent chacune par un article oii nous développons davantage notre thécMrie sur la division qui va suivre ; les autves articles contiennent ie développement par différentes applications.
Sans doute les études historiques sont aujourd'hui l'objet de beaucoup d'impor-^ tants et consciencieux travaux. On se tromperait cependant si l'on croyait qu'ils sont arrivés à là popularité parce qu'ils obtien^nt cet assentiment d'estime que le public accorde au nom de leurs auteurs.
Au goût superficiel d'une instruction amusante et facile se joint aujourd'hui ^ par une bnarre contradiction^ la préten-
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tîon à la profondeur « 11 en résulte que des abstractions à perte de vue et de brillants ouvrages d'imagination^les uns et les autres dépdltrvus de la base solide de la science, jotfil^ent d'une vogue qui fausse les idëes sut l'histoire. Les auteurs de ces ouvrages rejettent la méthode du reijivoi aux sources, comme le luxe inutile d'une érudition pédantesque. Quelques-uns ont peut-être la raison du renard de la fable pour dédaigner cette méthode. Mais que résultet-il de la leur? c'est que dans ces romans prétendus historiques, et dans cette préteijidue philosophie de l'histoire, le lecteur qpi se flatte de lire autre chose qu'un roman, ou d'ingénieuses mais vagues théories, retiendra probablement de préférence ce qui appartient à l'imagination de l'auteur ; car ces endrodts-là seront les plus animés et les plus colorés de son livre. Plus son style sera séduisant, plus son école historique sera nombreuse. De là tant d'étranges raisonnements par le monde ^ tant de personnes qui n'ont lu
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l'histoire que dans quelque célèbre ro^ mander se portent garant de la fid4Uté historique de ses tabjieaux. Parce qu/çl^ jeu despassions, le naturel des. caractères, choses dont ils peuvent juger ayeo^ les hi^ mières du bon sens , leur par^i^ent excellents, ils eii concluent que te costume des temps anciens n'y estpa^ moins bien représenté. Us ne songent pas, que l'écrivain observateur a toujours l'homme pour modèle vivant quand il veut peindre le cœur humain et toutes ses nuances , mais que les sociétés passées sont l'objet de longues études, que rien ne peut suppléer . Or il faut les avoir faites, ces études, pour dire si le tableau est ressemblant.
A quelles sources doit recourir celui qui veut s'instruire réellement sans pourtant devenir un savant de profession ? c'est ce que nous cherchons à définir dans ces Appréciations historiques. Un petit nombre de livres, et de travaux divers , dont nous, donnons l'analyse, nous ont paru le meilleur cadre au développement de nos
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principes. Ces ouvrages méritent d'ailleurs d'être recommandes d'une façon particulière à l'attention du monde savant.
Les hommes studieux d'Allemagne, d'Italie, d'Angleterre, de France, qui, aidés du triple flambeau de la philolôgie,de la géographie et del'archéologie,explorent avec succès l'histoire, dans la voie où nous marchons à leur suite , encourageront ces efforts pour populariser et faire bien comprendre leurs études.