‹ Essais d'appréciations historiques;Chapitre 21 sur 57 · SOCIÉTÉ DES AJNTIQUAIIIES DE L'OUEST · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉ DES AJNTIQUAIIIES DE L'OUEST

Ce n'egt pas chose facile de déterminer l'ulilfté rei^eotivç de chaque direction dppnéepar l'homme à ses forcés ou à son activité» Si vous ne tenez compte que de l'utilité immédiate.,, la plupart des arts libéraux et des spéculations inteUectuelles paratopnt des superfétatioBS^ dé ht ^rtilisaûon. • Sans douté , '. l'agriculture ser^ touje>ur^ie'pliis utile et le plugOespectable des arts; "ûiais voyez, aux ^ques d'anarchie et de violence V l'espoir des moissons périr d^ns lei^ champs ravagés , d'affreuses disettes joindre leur fléau à celui de la guerre , et les laboureurs attester, par leur misère excessive, la solidarité qui existe entre la prospérité de leurs

h SOCIETE PES ANTIQUAIRES DE l'oUEST.

travaux et les lumières d'une civilisation protectrice. Ainsi tout se tient dans la société ; et, si les hommes qui nourrissent les autres ont besoin d'être défendus contre les abus de la force y la justice publique , à laquelle est confiée cette mission d'ordre , ne peut l'accomplir que lorsque la civilisation adoucit les mœurs. Or, pour la civilisation , le culte des intérêts purement matériels est un principe de mort : il fait rétrograder, par l'isolement de l'égoîsme , jusqu'au règne de la force et à la désorganisation sociale. Nous sommes loin d'un tel avenir, j'en ai la confiance ; mais, si nous apercevons déjà dans la société ce germe délétère , accueillons , pour le n^traliser, tout ce qui dlève l'esprit , tout ce qui l'entretient dans ces hautes spéculations de l'intelligence, auxquelles est confié le soin d'entretenir la civilisation. Ainsi se découvre une utilité réelle dans des travaux qui peuvent sembler, au premier abord» n'ofirir qu'un noble délassement à un ei^rit libéral.

Il est aisé d'appliquer ces réflexions aux études archéologiques , et aux sociétés qui se sont formées depuis quelques années pour les encourager et les faire fleurir sur les divers

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points de la France. Une foreur d'évaluation dévastatrice Êdsait disparaître de tous eôtés les monuments^ de notre histoire , et ^ pour se justifier à elle-même ses bai4)ares dévastations , professait le principe d'aune entière scission avec le passé. Gomme si l'homme pouvait rôm^ pre , à son gré , le lien qui unît ce passé au: présent ; comme s'il pouvait renoncer à l'hàri*tage de l'histoire ; comme s'il ne devait pas \ au contraire , y chercha de hauts enseignements, Tétudier avec cette sympathie qui Êûsait dire à Térence :

Eomo sum : humani nîhil a me alimum puto !

L'étude ^attentive du passé , son plus juste ont déjà rappelé le respect sur des sujets qui n'auraient jamais dû cesser d'en être entourés. En s'occupant des étonnants monuments de l'art chez nos aïeux , on est amvB naturellement à s'occuper des causes dhme telle puissance d'exécution. Car, chez eux , comme le remarque M. Mangon de la Lande:, président de la Société des Antiquaires de rOtiest , « tout était lié , les arts, les mœurs v les coutumes et lés lois. Il s'ensuit que des rç-

6 SOei£T£ DBS /UfTlQUAlKE» DE L QUJ^ST«

cherches sfir les «itede$aAcîenç , pur exeiople ^ qui ue eeiamit paâ éclairéeâ par la cofui^îa* sanee de leurs instittaticwu» ,eti>de lem^ usuges » ne ptoïknraient que des résiUtiUis^ vaguer « m* oerlams, sans mtérét, s^OB.n^émeÂt < $&m

Ob aperçok qud agrandisseraent et quette reetificatîoa d'idées peut aiôener TardiéQlagîe traitée de la sert64 La Société df^ Antiquaire»

de rOuesl; nous a pbrii. o<Hn(H^ndiie. ^çette noMe ttnsion; et nous. coramençc^M» ceti^ trait sième partie par Texamen des princip£|le^ pièces qu'elle Tient de publier.

Cette Sodété , constituée le 19 mars 1855, a êôÈ paniire ^ tctès le canAtaeiiçmnmt et iS|6, le pTBEiier Tolumt de ses méaipifîv^ « diyi^é de la manière ^yaate; Géogrâpiwië historique* -^ Ifistoire et Biographie* -^ Moiiiïin£«its et Inaanptîoiis* 7:^ Numîsipatique et Glyptique. -^-^CNbjete divers. . / •

. Toutes les 'pîècçft dç. ce F^cjneiJ out ,d^ Tiaté*xét poàr rbistmre oâ/pcHlP rw^éologie^ Ç est siur celles qnî concernent cette dernjère ^ence que nous allons jet^r on ppop-rd œil. M. Map*gon de la Lande ^ présidôQt, ;) ^urni^ pour sa

90Ciméi M6 ANTIQUikIHEB D^ l'qUEStT. 7

IMurt, troèl diss^uUwusi épigraphiqiie^« L'une traite de pttusiews colonnes n^lliaîrps 4^' I^>îtou; la ^féconde» .de l^A^t^ gaj^o-r^maiu de Baptce90e. Get nutel ^ ocMuparé par l'afateur aii oél^ns »utel de» Nmtœ Pqrisiaci trouvé à No^ tro4)ame au comimepoeBieni; du siècle , e% gui est ai:gourd'hui au Musée des ÂjQLtîqifes^ est m morceau fort endommagé ; mais il offre ua in* lârèt réel p^r les quatre figures qp^ haiBf eiief où M. de: la LaAdea reconnu, awc tout^ vraiaetqblanoeiv. Mars «Mercure^ Yulcai^ e< X^r- <nile... Cette petite dissertation, qui ne dit ni tirop Ai trop peu » est pleine d'intérêt. Là troi- «iè«ie^ 4u raéo)e auteur « sup le toiubeau remain de YasTaniDa , est d'u» intérêt plus^audeur brae« pwsqiie ce tombeau, aiucâ que le 4émûntre-M. de la Lande , n'est rien moins que le Êtneu^ temple de 3aint?Jtean^ à^Poitim,

Tune des antiquités de la France les plus citées. M. de la Lande a conçu l'idée, vraiment heureuse , de £aiiré de cet ancien monument un Musée if Antiquités de VOueet. Cette idée ^ accueillie par la Sôdëté, va recevoir sbn exécution parles soins de M. de Jussjeu, préfet cïe la Vieni^w . Cki. ue saurait trop applaudir à ce

8 ' SOCIETE DBS ANTIQUAIRES DR l'OUBST.

concours de l'administration et de la scienee;

Pour Hnscription de Varenilla * , nous avouons que les inductions tirées par M. de là Lande des lettres R et S , qui sont renversées à la fin des mots Censor et Pavius, et de VO , d un corps plus petit dans l'abréviation cas , ne nous paraissent pas aussi évidentes qu'à l'auteur.

c Plusieurs savants , dit-fl , ont pensé que , » dans certains cas , la dimension d'une lettre » entre deux caractères plus grands ou plus » petits exprimait un diminutif ov un augmen* » tatif dans Texpression du mot. Ici te mot > CoS, employé de cette manière dans l'in- » scription, semble coi^mer cette o{ânion\ % et n'exprimer cpie la qualité de proconsul » ou de consul particulier dans un gouverne'^ » ment de province, puisque Ctaudius Vure*

* Voici cette inscription /qui a été publiée plusieurs fois:

CL VARBNILLAE CL VAREHI COS. PIUAB avnAS PICTOKVM FyNV&LOCVM 9JATVAM MONIMElITVM CENSOR PAVIVS LEG AVG PRPRPRO yiNG AQVITAN COS DESIG MARITVS HONORE GONTENTVS SVA

[PEC PONEND CVRAVW

SOGl£T£ DBS ANTIQUAIRES DB L OUBST. 9

» nus n'est pas connu dans les &stes consu- » laires. On doit observer cpie, dans la même » inscription, il n'en est pas ainsi des mots » COS. DES. qui expriment la qualité de Censor » Pavius y forœ qu'ai effet il était alors consul

> dés^é , et qu'il n'y avait de consuls désignés

> que dans la magistrature de l'empire. » Nous répondrons d'abord que l'O, sur les in^

scriptions grecques et sur les latines , est une lettre qui, très-souvent, sans aucune intention, et dans les circonstances les plus différentes , est figurée par un caractère plus petit que les autres lettres. Ensuite , il n'existait pas , au temps de l'empire romain, de constUs pariicu^ liers;ety quant au titre de proconsul, il est toujours représenté par les premières lettres de ce mot et non par les premières du mot consul , ni par son abréviation spéciale. Quant aux lettres Rets, renversées à la fin des mots Censor et Pavius , ce ne peut être ici qu'une inadvertance du graveur, bien qu'on doive admettre avec une grande sobriété ce genre d'explication , souvent trop facile. Mais celle que donne M. de la Lande de la lettre r r^^ versée à la fin du mot Censor, indiquant, selon

<i 0 aoQiirr^ dbs antiquai mis db t oubst.

luî^ «que )e mot- can^pr n'exprime pa». ici la dkgbité de,<«nsciur^ j» est m^e réfutée , ^uiieu cl*être soutenue , par la &ute semblable à la fin du mot Pai^iW, qui^ n'étant pas Mgni6k)atif, fci'auraît pas eu besoin d'un âigne dt6tiiicbf comme l'autre nom* Et, pourles noms propres significatifs» comme: ils sont aussi noînbreux ^n latin qu'en toute autre langue ^ si • une combinaison, quelconque avait existé pour ks dis* tînguer en les écrivant , elle se.retriMivemit dans d'autres insoipt^ionâ ; <îar -die aurait été o^duve nulle si elle n'eût pà$ été usitée. Or il n'y a rien de pareil dans tout le Corpm iwcriptiimim deGrut^-. . •

L 'absente du nom de- Yarenusi de^ ts^Uôs consulaires {«"c^uye. seulement que cç: par^Or nage avait été consul substitué dans le cop^^s de l'année ^ à la^ mort du coiï^l éponyn^. Or leS'Uom^ de ces oonsiols-lày bien que Je* titrée couË^ulaire leur appartînt ens#te copm^^aux épbnymes, ne figurent pas sur Ites tables. J^. là beaucoup de ccmsuls dont les noo^^'^bs^nts des tables , nous ont été conservés jpar Vi^fr toîreet par les monuments. Di^ là.>auBsi, la qutilité de oo^ul pour la seconde^ ]a ti^isièfue

f(HS(,.,dQiuiéQr iwr les tablais consulaires» à dc^ magistraiS' i . qui pouirtant n^y abstient pas eA« oore 6giiitéî, ayant alors seuleocuent^ pour la préêiière fois »: cette diarge au 1^ janvier. Les éditeiiirs de oes tables en ont (aît4»>diiiâirement lobsorvs^om •

Nous dirons dpne qu*à notre avis lexplica* tiion de: AL de la Landç est trop ingénieuse; C'est un beau déiaut, sans doute , que trop d'esprit; mais c'en est un 'ea archéologie ; cak? il doue i, an quelque 3orté » l 'arohéologuâ d -une seconde vue , qui le fait passer quelquefois < du champ de l'observation daas celui de L'imagiuMiDn. Qu'y ârt-il do' plUs ingénieux que h il*»P« Httrdouin, ce doc(* .éditeur de Pline.? Ëh' bten! avea toute sa subtilité, ^out^mepai* i^ fdus va$tQ érudition vil en était venu au point 4e mettre tout en question, et il avait fs^it^d^lti plus. sure des sciences faistoîriques , la nuoiis^ matique , \m us^ge à peu près semblable .à celui. que te Ptieudo4Ieirdchell vient dq faire d^ lastrônomicla pltisiswe dias siences d'obs^i> .vatton. » , .

-'Dans une dissertation ^t^r me^fierft ^tmée antique iWe/f^>. agate ovale, repréieiiAant: un

12 SOCIETE DES ANTIQUAIRES DE l'oUEST.

hippogriffe les ailes éployées au-desi^us d'une tête de chèvre, des rapprochements histori* ques naturellement amenés sur l'horoscope d'Auguste , ont fourni à M. de Craisannes loc-r casion d'une double exoirsion dans l'histoire et dans l'astrologie judiciaire, cette science vaine, mais si nécessaire à l'intelUgènoe du moyenâge et de la dernière période de l'antiquité. Le respectable archéologue a Êiit preuve à la fois, dans cette notice, de la variété de connaissances et de la finesse aimable qu'on retrouve dans tous ses opuscules.

Un autre morceau, qui nous a paru fort curieux , est la notice de M. de Ghergé sur l'abbaye de Charroux. Elle nous a rappelé un des excellents travaux de notre savant ami M. Deville, son Essai sur l'abbaye de Saint-Georges de Bocherville , toutefois avec cette différence d'exé* cUtion à laquelle il est naturel de s'attendre, entre un morceau qui fait tout simplement partie d'un recueil académique de province et une publicationbrillantëde luxe typographique, de gravures , de plans , jac-^irmle , portraits , détails figurés de tout g^ore , réum's par un auteur que distinguent également son intelligence

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des antiques monuments et son talent à les Ëâre revivre , à la fois , par la plume , le crayon et le burin. L'édifice auquel est consacrée la notice de M. de Ghergé, moins favori^ que la bdOke église de Saint-Georges , a péri. Il attirait de même l'attention de l'antiquaire par le pleiti-dntre , marque de l'ancienneté de son architecture ; mais il se distinguait davantage par sa disposition toute particulière, qui, au lieu d'affecter la ressemblance d'une croix , avait pris pour type la forme du . Saint - Sépulcre. Voici un court aperçu de cette construction remarquable :

Le parvis , le porche et la nef formaient ensemble un parallélogramme de cent quatrevingt;-dix pieds de long sur quatre-vingt-un pieds de large. Ge parallélogramme était terminé par un chœur circulaire de c«nt trente-quatre pieds de diamètre, décoré, dans son hémicycle postérieur, de dnq chapelles semi-drculaires et en saillie. Au fond du chœur, derrière la chapelle du milieu , s'étendait , sur la même hgne que la nef, et de la même largeur (sans les collatéraux), une prolongation servant de sacristie, qui 9 ajoutant encore cinquante pieds , donnait

à l'édifice dnef longueur totdte de trdk o&ht sdi wnte-quâ^Éoriîe pieds. On desô^adait du por* cîhe daïis la ûef par douze marcheis, et l'on montiitit pari^x marches de là nef- au chœur. Au eèiitre de celni-d, huit faisk^eaux db bolouïies^ soutenaient une tour octogone qui élevait an dôme de soixante pieds au-^lesgus du rMître-f autel, placé au milieu de ee sanctuaire ; la base octogone sur laquelle elles reposaieiit était exhaussée de douze marches aù-desiu&'^u chœur. Autour du sanctuaire, un double ï^abg de çô* tonnés partageait cîrctrlàirement le chœur en trois parties , comme la nef l'était longittidinà* lément par les eolonhes qui la séparaient des collatéraux.

Mj de Chergé s'est livré à des considéi*a6éns fort bien déduites sur la construction de ce monument. La réunion de l'ogiire ât( pteihcintre dans qtielques-unes de ses partiel, et un incendie dont il est fait mention comme àyaftt consumé l'ancien édifice en 1136 , lui font assigner cette époque à la construction de l'église de Charroux. Cependant il prouve que l'idée de donner au temple la forme du Saint-Sépulcre ne dut pas venir des croisades ; autre-

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ment cette idée se serait > retroii^^ée unijToitné^ ment dans les o^uvi'es de^ architectes oûntemporaiirs , rapportant les mêmes inspirations. Mais, en< remontant aux j^retoièiies construc)tionsder^ise de Cfaarroux, de 1136 à 1017, pms à la fondation de 1 abbaye par Charlemagne^ à la fin- du Jiuiti^e siède> il trouve à œtte ori^e l'explication de la fornjte du Saint^^ pukre , donnée à l'édifiée. Car Ghariemagne venait de recevoir d'Aar6n«al«-Raschildl6s clefs des saints lieux et le titre de ^rdien du Sainte Sépulcre; une médailli^ représentant ce \mét rable mcmionent venait d'être frappée. La farmequ'aura prise alor^/en mémoire du même événement, l'église de la nouvelle abbaye autâ été r^roduite fid^mént dans les reconstructions isuccessrf es.

. ft Pourquoi iautril , dit M» de Gbergévquele feu défi Hii^ik^iots , les fureurs de 1793 et le vandalisme ' de la bande noire , aient réduit en poussière le vieux temple du Seig^ieur, et qu'ils n'aient laissé que ce qu'ils nont pu détruire? Ce précieux débris sauvé du naufrage est la tour svelte et élancée qui formait autrefois le sanc^ tuaire Rien n'approche de l'^et pitto-

i 6 SOCIETE DES ANTIQUAIRES DE l'oUEST.

resque de ce monument, unique en France. » C était en effet la partie la plus singulière de la construction si originale dont nous venons de parler ; et la description qu'en donne M. de Chergé justifie son admiration et associe à ses regrets tous les amis de Fart qui accompagnent de leurs vœux ses efforts et ceux de la Société des^ Antiquaires de TOuest pour la conservation d un si beau reste. S'ils y parviennent» ce sera une nouvelle preuve de l'utilité de ces associa^ tions^ Tout ce qu'on petit regretter, c'est de n'avoir pas éprouvé plus tôt leur salutaire influence ; car la réaction d'indignation n'est arrivée qu'après bien des destructions irréparables. Aussi méritent-ils notre reconnaissance , les hommes au cœur chaud , à l'esprit élevé , qui, comme M. le comte de Montakmbi^t, ont employé les paroles les plus vives à ranimer ce qui restait encore d'une honnête vergogne au milieu de l'efirayant envsdûssement d'un intérêt positif, chaque jour plus rétréci. Ce qu'il a pu y avoir d'excessif dans leur enthousiasme était peutrêtre nécessaire pour stimuler une funeste indifférence ; quant aux actes de vandalisme comme ceux que signale M. de

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Ghergé , ils montrent qu'il n'y avait malheu? reusement rien d'exagéré dans les plaintes.

Voilà donc qu'en Poitou un jeune antiquaire dénonce noblement à la compagnie coo^ervar trice.des aiitiqpaires d^ l'Ouest les projets di0 destriiction que le. génie, dd mal semble opposer ss(m cesse à leurs géxiéreuji efforts». Un préfet interpose avec empressement son autorité pour arrêter les démolisseurs dans leurb sinistres entreprises; deux miniiM^res édâités promettent les foxids néqessaires pour rendre eflectif ce faisceau; d'efforts conservateurs. Formé plus tôt en Nori^andie , que de Kàonuments il ^ ^uvés ! Et quelle douche récompense pour> des antiquaires telsqu^MM. Langlois., Peville,; Aug* Le iPréyost,. Ëmi^t.. Gaillard, de Cau-> mont. V .1^6 Ver, d'avoir, pu prévoir dans leur province beaucoup de pareilles dévastations I

Aujourd'hui l'impulsion est assez donnée en, France , pour que la, catas.tropbe toute récente qui vient de consumer en grande partie un. des édifices sublimes du i)^oyen-âge ne devieim^ . pas irréparable , en entraînant l'accélération de; la ruine de tout Je reste. Espérons que la réunion des souscriptions. particulières^ des fonds» II. 2

ii SOCIETE DES ANTIQtJAIRES DE l'oUEST?

Tbtés par les chambres relèveront, dans sort premier éclat, cette magnifique cathédrale de Chartres. Le temps ii est plus, dit-on, de ces constructions gigantesques. Les Égyptiens et les Romains trouvaient dans leur mondé d'es'clavQ^, les peuples du moyen-âge dans leUrfi» ardente , des moyens d'action dont rien ne représente la puissance dans les temps mon dernes; ^ ^ ;

Eh bien ! «i dans oètle lutte har<Be avec nés vieux ' âi*chi teetéis 4ù moyén-^ , l'art niodéme reconnaît son impuissance , il en résultera plus de justke et de modestie dans la comparaison de ces tetnpâ-là âvefe lenôtre. En donnant du travail à de nonilM^ux ouVt'ierSv on contribuera' eh'mêihé temps a rectîBer leurtâ idées, fimsséèi par des détilàniaïiôns , dont là dasse ihstrwitë n'est plus à faille justice'^ mars dont la mauvaise influence subsiste encore dans lés rangs inférieurs. Voilà quel progrès réel amène le respeet rendu aux choses respectables ; honorable disposition qtii est .un gagé de- Testime tle la jiostérîtéi Le travers opposé est' une tache dont: lïé se lavera pas le, siècle dernier, et- qui' fera peut*^tre payer cher à ses plus : firilfcirttés pro-

SOCIETE DBS ifcNTlQUAIRESI BB<L ODEBT.-- 19

duolM»]!^ Id sbc ncanemeikt dont. eUeisiaccnèiW laient- tobs les haute mouvements de l'ame .

Ne m ecatrtéje pas ki de nos modestes travaux archéologiques? Non ; car je vois^la ten* dance respectueuse pour' le pstssé s'allier partout à l'élude de ses^ mottuméntk Et ce afvi prouve Ique. ceirâspeot est r^échi et sera du^ rable^ e'/tot q«ei FestisQe rendw à l>i*t du* moy^Bhâge n'entratnë pis uilè i^éacôoxi iâô dé^ dsHU p0jiu[ c^lui dd Fàntiqujté. Onle; yoîbpâr lé déntonthrement . des . travaux . archéologiques;- G^te iSofiiété des •antiquaires de TOuesti ani^ mée d'im isèle si louable pour lacoœenration des wofuunents de la piété de nos pères ^ ne^ néglige , avec cela , aucune occasion de remon^» ter daii&le domaine de l'histoire , aussi loin que des monuments quelconques tracent et jaloïi*. nent sé^ronte. G 'es* ainsi que ^ d'après les indi-, «itk»» ^ moaBéignenr de BeaiBregàrd, évéque d'Otlétas, ; psrélat nadf de Poitiers 4 la Société; des antiquaires de 'l'Ouest a i^t explorer^ par une coriurnsfiion de plusieurs de^ >se« noiémbras,^ lesl^leties souterraines de cette .dernière ville; Qu^ l4?0ttinent' entassés quantité; de lar^s dé-* bri^^ orfiés de - riches sculptéres' avec des in-«

20 SOCIETE DBS ANTIQUAIRES DB l'oDEST^

seriptions. L'une, entre autres, d'après qoel-' ques lettres de douze à treize pouces de haut^ qui en restent encore, devait être placée sur un grand édifice.

• c Ces énormes blocs entassés les uns sur les autres, dit M. Mangon de la' Lande, rapporteur, se soutenant par leur propre poids v sans tenons , morlier ni ciment , forment deux murs parallèles de 8 à 9 pieds de haut , i^parés l'un de l'autre par un espace de 15 à 20 pieds , et supportant, au lieu de Toute, un plafond plat, dé la plus grande solidité ; ce qui formait une immense ^erie souterraine que noiis ayons pu suivre dans une étendue de près d'un quart de lieue. >

Ces galeries souterraines, étant sous la ville même , ofiraient des caves toutes &ites aux propriétaires qui élevaient les maisons au-dessus. De là, les galeries proprement dites se trouventelles interrompues à tout moment par le mur de clôture de quelque cave. En portant ses explorations dans ces deux parties, du sou* terrain , la commission a reconnu que l'un des c-ètés de ces murs, improvisés dans un moment critique avep les débf is de tant de monuments,

SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES DE l'oUEST. 31

était ado8sé à Tancieime murailte romaine , bien distincte , en plusieurs endroits , par k râlante de ses petites pierres carrées et par l'alignement de ses chaînes de briques. Là, comme presque partout, les atterrissemens successifs des «ièdes ont rendu souterraine une muraille qui s'élevait jadis au^fessus du sol. Mais quand et omunent a été construit le reste, surtout ce plafond si solide qui a empêché ces atterrissements de combler l'intervalle des deux murs? Quoi qu'il en soit , les dessins pris par la commission, malgré toutes les difficultés d'un tel travaU, signalent à l'archéologie l'intérêt de c« lieux.

Enfin, pour donner une idée assez complète du. début de la nouvelle société, nous parlerons encore de la dissertation de M. A. Mazure, intitulée Coïwtrféraïwiw philosophiques sur deux époques de l'histoire de l'art. Ce morceau , par le talent même qu'il prouve, appelle de la part de lacritique un essai de réfutation sur les points où elle croir^t apercevoir des erreurs. L'auteur y compare l'art en Europe au moyen-âge avec <«Iui de l'Egypte sous les Pharaons.

Que, dans une œuvre de talent comme celle-

24 SOGIËTE DBS ANTIQUAIRES D£ L OUEST.

religieuse. £h bien! M. Mazûre abandonne le premier point de vue , laisse en Grèce le parallèle féodal, et va chei*eher en Egypte le parallèle religieux. Ce ne serait donc plus que la moitié du moyen-âge. Mais le pouvoir suprême de la religion s'exerce, de chaque côté, d'une manière et au milieu de conditions si différentes, qu'elles éloignent tout parallèle exact.

L'Egypte , à l'époque contemporaine de la Grèce héroïque, loin d'être dans une période de barbarie, comme nos pères du dixième siècle, se trouvait au contraire parvenue au plus haut degré d'une civilisation attestée par l'ordre, l'équilibre, la tranquillité, fruit de la plus savante constitution. La puissance hiératique ne rencontrait point d'ôbstade, et paraît avoil* été parÊdtement appropriée à la nature particulière de ce peuple pendant une bien l<Higue suite de siècles. De là ces types de tous les monuments de l'art , auxquels la tradition sacerdotale imposait constamment l'inflexible caractère de ses symboles immuables.

M. Raoul-Roohette a démontré, par la confrontation de tous les monuments ^yptiens, que dans la statuaire dé oe peuple rien nedistinguaf t

SOCIETE; D^B AriTIQUAIRËS DE L OUEST. So

ces iiotJQns ; prii»ordial6$ de la science hi^tor riqq^ à L^crivaia qui admet plusieurs çpocjues de moyen-âge. S'il y a le moyen-âge ancien e( moderne y il y aura donc aussi l-antiquité andeope et moderne ; les temps modernes , anâep^ et ipod^rnes.

Daqs cette contusion y nous apercevoAS la tendance de notre temps à ^'élever trop tôt à 4es vu^ générales i$ur des sujets dont on ne possède pas assez F^asemble et les détails pour les^ eavisa^r philosophiquemi^nt* Séduit par <jb. brillants; rapprochements établis entre la féof^alifé ^et les siècles héroïques , M- Mazurç veut yoir danf l'antiquité tm moy enrage. Re- D^qnon^ comme l'impropriété 4iQ l'ei^pre^PÎon esi; jointe ici à la confoâioii dé la pensée. €e^ deux éîpoque^ éloignées avaient été rapprochées par le point de vue d'uae société où la fiiéraiv chie s'étaUî^^it par la force , m réquilibre ..imisisait du choc de la violence ^ au milieu d'iin territoire morcelé en petits états , et sans cesse disputé pai* des exploits prodigimx. Or le joaoyw ^e, où fut ainsi organisé le régime féodal, o0fai|: xi^: plus un autre. oatc^Qtèie non looins saillant : }a domination. ^uprânifi delà puissance

26 SOCIË^l^Ë. D^^ AJKTIQVAi^Ëg DE LOUBST.

liistariés:dei^ élises de ce temps , OQvm^ Saîat* Germainndtes^Prés de Paris, SaiQt-Geôr^as de BûcJierviUe près Rouea. Lorsq^ l^rt ogival remplace le plein-cintre , la oooiparàisoa avec l'Egypte devient bien autrom^nt inadmisaibfe ; car jamais plus libre essor i^'a été dotiné hu ^* nieidiç r5ur»ste que daixs le» innao^ables statues^e nos câuthédral^s du trei^ièm^ ^d^ ^ qù Ion est frappé d^ cette fongy^ «^ de œtleri^ çh^se d'imagination > q^\ aurait ij^éfm. été dés^ ordonnée, si 1 empire du sentiip^QC iroligieux Qayait répandu sm* i'esgseml^e de ces.|aii)aisies variées Tbariponie sublime de &oh upil» , harmofiie si bien sentie par M» Mazure. Malheur reys^me^t il va trop loin, Non, le symbote n'est p^is: écrit par tput sur les piouumelU^ de nos pères comme sur ceux de la théQoratia égypûenqe; et c'est voi}loir trop prouver quÇ de voir, avec M. Boifii^éi^éet la société reli^inie ;ix)^truite ^insi qu'une croîx^ ou Rome es^plaoée au point d'intersection entre l'Or^t çt l'ppeident, commçiYdUid enlreJantf ôt L'dbtfdçi; que de voir, les rigueur^ delà pénitence dans lâibidusl^ade defep qui mitote^rmitBl fie». peuples chrétiens,; unis par le âment de la JEoi, <le

SOGi^TB DBS ANTXQIU.IIIES 9B l'0U£«T. 27

y^ffémàÇB «t de la charité , dam ia^ murs ; les cai^dinau^ din^ les piliers et les oolomied qui soutieument le comble de 1 édifice ; le^ roîa et h^ empereurs daw^ les fenêtres ogivales; tediar dême impérjigl dans .la jrosace du port^, etc. Quelque biz^re que paraissô, au preiaier abord, .€^U4 inlierprétation allégmque, Mt<«iMious de dire qu'eUe n'est riullemient: ridicule daitô la waiûère 4oat i'd reproduite M. Masure-; elle ,^t même trèsHspécieusey et, k coup s w^ d'un véritable intérêt.

' .L autour rentre touL-àr-fait dans la vérité quand il ajouté : <ç Toutes ae$ç l^rmonieâ, aihtvous i»« dire, se son treltea réviëéee,! distinctes €it forfaiteinenit.^lain^ju dras l'intelli^^ee. d^ i af <^itecie qui cmHvviÂimt laeatbédi^aleda Gor Jogn^ , oUcodle db Chartres , ou ceUe de fetrasf bourgs DU celle de Boitiws, ou celle dq Toubs-, ou celles delà pluparlidè nos cités dîoeésàines? Je ne luds ; inaisr ooibniie rarchitectè, au^mo^enh Bgp; était > prèl^que : toujours un moine habibié aux méditadonsi'du cloître^ unprêtire chargé plus qpe les autoesde cette» atmosph^iie de ibî dans laquelle ils nuiraient tous et ^ respiraient ,

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je puis croire que ces pensées se présentaient à la conception d'un tel architecte, d'une manière plus ou moins distincte ; du moins, ell^ sortaient de la célébration même du saint sacrifice, que ce prêtre offrait tous les jours.

> La liturgie de la messe est un long symbole représentant , sous des images pacifiques, le sacrifice sanglant du Golgotha , et dans ce symbole il n'y a pas un mot, pas un geste du pontife qui ne concoure au déTeloppement du drame inei&ble. »

Ici l'exactitude est parÊute. Âucuûe influence étrangère né vient en effet modifier celle qu'exercent les symboles religieux dans le sacrifice de l'autel. Mais, dans la construction de ces immenses cathédrales, œuvres de confréries recrutées si diversaaoïait, et dont le zèle rivali<sait de piété à l'intérieur avec les exploits^ des croisés sur les pistes lointaines, on trouve tout le feu, tout le pittorescpie de cette époque d'effervescence et d'enthousiasme. Or, le pouvoir papal et ràutorité des idées irefigieuses n'ont jamais eu plus de force ; et pourtant, d'après le pai*allèle établi par M. Mazure, il s'ensurirait

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