Y. VOLMAR
Directeur du Laboratoire d'Analyse Chimique et Toxicologie
de la faculté de pharmacie de Strasbourg
Hommage reconnaissant
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À la Menorre
de mon Père
S — n Sn — TE = .
Avant-Propos.
Au cours de nos recherches sur l’activité chimique de l’effluve à haute tension, nous avons ‘pu observer un certain nombre de faits expérimentaux que nous avons réunis dans ce travail.
Nous avons évité avec soin toutes les considérations théoriques et quantitatives pour ne retenir que les conclusions les plus immédiates qui se dégagent de notre étude.
Le très grand nombre de variables indépendantes et interdépendantes rend en effet l'interprétation des résultats très difficile. Les relations qui existent sûrement entre les différents facteurs qui entrent en jeu. tels que la densité et la fréquence du courant, le débit, le pouvoir diélectrique des gaz d’une part et la nature et le rendement des produits résultants d'autre part, peuvent seulement se dégager d’un très grand nombre de chiffres expérimentaux obtenus dans des conditions semblables.
Nous nous sommes donc contenté d’exposer ici les résultats pratiques auxquels nous sommes parvenus et que nous espérons pouvoir compléter ultérieurement.
Avant d'entrer dans le détail de nos recherches qu’il nous soit permis d'adresser à Monsieur le professeur Volmar, Directeur du Laboratoire d'Analyse chimique et Toxicologie de la faculté de Pharmacie de Strasbourg notre sincère et respectueuse reconnaissance pour avoir accepté la présidence de notre thèse, et pour nous avoir encouragé par ses conseils éclairés pendant toute la durée de notre séjour dans son laboratoire.
Nos remerciments vont également à Monsieur le professeur Jadin, doyen de la faculté de pharmacie, qui durant notre séjour à la faculté a été pour nous un maître vénéré et un guide précieux pour les études et pour la vie. Nous le remercions particulièrement de l'honneur qu'il nous a fait d’être notre juge dans ce dernier acte de notre scolarité.
Nous remercions aussi Monsieur Lapp, Docteur ès-sciences chargé du cours de physique, d’avoir bien voulu accepter d’être de notre jury de thèse et de son concours précieux qu’il nous a jamais refusé d'apporter.
LE Me
Le montage de nos expériences et la poursuite de nos recherches ont nécessité un matériel important qui n'était pas à la portée d'un modeste laboratoire. Nous avons du faire appel au concours généreux de l’industrie. Cette collaboration entre la science pure et ses applications pratiques est largement pratiquée dans certains pays, notamment en Amérique qui dispose par suite de laboratoires merveilleusement outillés. Il serait à souhaiter que tous les chercheurs rencontrent le même accueil que nous avons trouvé, et nous nous faisons un devoir impérieux de remercier ici les maisons suivantes pour leurs dons importants:
L’électricité de Strasbourg S. A. nous a offert le transformateur de 12.000 volts qui constitue la source de haute tension et qui reste la propriété du laboratoire.
L'air liquide, S. A. pour l'exploitation des procédés G. Claude agence de Strasbourg a mis à notre disposition des quantités importantes d’air et d’azote liquide.
Les Etablissements Néolux de Molsheim ont construit les eudiomètres capillaires à incandescence et ont offert le tungstène pour la construction de l’électiode à haute tension.
Introduction.
La décharge électrique dans un milieu gazeux peut affecter différentes formes suivant la tension appliquée aux électrodes — la nature et la distance de celles-ci — la pression qui règne dans pénceinteretc.
L'application pratique du traitement électrique des gaz se limite à deux formes de décharges :
1) l'arc électrique 2) la décharge obscure.
Le passage du courant à l’état d'arc ou d’étincelle et les phénomènes accompagnant ce passage ont donné naissance à de nombreux travaux scientifiques et à des applications industrielles (synthèse des oxydes d'azote). La décharge silencieuse peut produire toutes les réactions chimiques possibles, endothermiques (NO), exothermiques (NH) réactions d'association (ozone), et de dissociation (H actif).
Nous avons envisagé de l'appliquer à l'hydrogénation des carbures non saturés, pensant que l'activation de l’hydrogène dans l’effluve permettrait une combinaison directe avec les carbures ou avec le carbone même sans l'intermédiaire d’un catalyseur. !)
L'hypothèse d’une telle activation par décharge obscure a été formulée par Brinner (12) en admettant une dissociation des molécules en atomes. Nous rejetons complètement comme origine de cette dissociation l'hypothèse de la «température électrique» et de la «pression électrique» (53) pour ne retenir que l'excitation par choc mou ou par choc de seconde espèce. Le choc mou (8) est produit par la rencontre d’une molécule avec un électron animé d’une vitesse suffisante. La dissociation de la molécule heurtée n'est alors qu'une manifestation particulière de l’accroissement de l’énergie interne de la molécule au dépens de l'énergie cinétique de l’électron. Cette excitation est appelée «intra-atomique» si le choc déplace un électron de l’atome heurté sur une orbite extérieure à l'orbite stable et d'autant plus éloigné du noyau que l’électron in-
F 1) La bibliographie, très importante sur la décharge obscure jusqu'en 14925 se trouve réunie dans le: Handbuch der Arbeitsmethoden in der anorganischen Chemie. Bd. II, 2, S. 1579 (E. Tiede).