‹ Essais de critique et d'histoire (volume 3)Chapitre 100 sur 155 · Tite Live, XXXVIII, 17. — 2. Ib., V · texte numérisé non relu

Tite Live, XXXVIII, 17. — 2. Ib., V

devenue éloquence, et comment rhistorien se trouve philosophe parce qu'il est orateur.

A ce titre, les harangues de Tite Live sont la partie la plus utile de son histoire. C'est là qu'il raisonne et réfléchit. Les jugements de ses capitaines sont des théories; et il arrive qu'en observant les âmes il explique les événements. Rome a vaincu les Samnites, parce que les pâtres des montagnes, habiles aux embuscades, n'avaient pas la discipline des légions massives, et qu'un homme n'est pas un soldat. Le tribun Déeius s'étonne, en bon militaire, de voir des troupes qui savent mal leur métier. « Quelle est cette paresse et cette ignorance de la guerre, et comment de telles gens ont- ils pu gagner la victoire sur lesSidicins et les Campaniens? Voyez leurs enseignes qu'ils portent çà et là, que tantôt ils rassemblent, et que tantôt ils font sortir. Personne ne se met à l'ouvrage quand nous pourrions déjà être entourés d'un retranchement *. » Les Romains s'échappent de nuit, rejoignent l'armée, qui, revenant sur ses pas, égorge les Samnites dispersés, la plupart sans armes. Par cette indiscipline, ce peuple si vaillant et si opiniâtre périt. Ils ne surent que dresser des pièges en brigands, se couvrir d'armes éclatantes eu barbares, s'engager par des rites sanglants en fanatiques. Rome dévasta leur pays avec mé-

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