‹ Essais de critique et d'histoire (volume 3)Chapitre 127 sur 155 · Tite Live, XXXYIII, 35. — 2. Ihid.^ XXXVIII · texte numérisé non relu

Tite Live, XXXYIII, 35. — 2. Ihid.^ XXXVIII

passait dans le public pour n'être ni tempérant ni appliqué aux affaires; il renvoya €aton, disant qu'il n'aimait pas un questeur si exact. Du moins il détendait la discipline, tour à tour indulgent et sévère ; à Sucrone ses soldats, gâtés par l'oisiveté et la mollesse, se révoltèrent; à Locres, il souffrit que Pléminius, son lieutenant, exerçât la plus détestable tyrannie. Il n'a pas l'austérité stricte, l'exactitude administrative d'un Romain, mais plutôt la négligence, le goût du beau , la magnificence d'un artiste. « On lui reprochait des mœurs qui ne convenaient pas à un général roïnain, encore moins à un homme de guerre. Il se promenait en manteau et eh sandales dans le gymnase, donnant son temps aux livres et à la palestre. Toute sa suite jouissait aussi mollement que lui des délices de Syracuse *. » De tels génies ne peuvent souffrir l'humiliation de l'égalité ni la contrainte des lois. Ils naissent les premiers des hommes, et c'est renverser leur nature que les rabaisser sous le droit commun. « Scipion, cité comme accusé, traversa l'assemblée avec un grand cortège d'amis et de clients, et monta à la tribune ; alors, au milieu du silence : « A pareil c jour, dit-il, tribuns du peuple et vous, Romains, c en Afrique, j'ai bien et heureusement combattu en « bataille rangée contre Annibal et les Carthaginois.

Page 1