‹ Essais de critique et d'histoire (volume 3)Chapitre 13 sur 155 · Sic rerum facta est pulcherrima Roma · texte numérisé non relu

Sic rerum facta est pulcherrima Roma

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très. » n a teau parole; Il n'a rien séparé et isgh omis« Chez lui^ les portraits se mêlent au récit* Yous voyez ceuxde Danby, de Nottingham, de Shireivsbury, de HQW69 dans Thistoire d'une s^sion» entre deux décisions da parlement. Les petites anecdotes eu** rieuses, les détails d'intérieur, la description d'un mobilier riennent couper l'exposé d'une guerre sans le rompre. En quittant le récit de& grandes affismres on voit volontiers les goùts^ hoUandiùs du: roi Guil«laume, le musée chinois, les grottes» les labyrinthes^ les volières, les étangs, les parterres géométriques, dont il enlaidit Hampton-GourL Une dissertation poli* tique précède oa suit 1& narration d'une bala'dle ; d'autres fois , l'auteur se fiiit touriste ou psyab<^gue avant de devenir politique ou tacticien. Il décrit les hautes terres d'Ecosse , demi-papiste& et demi-païennes, les voyants enveloppés dans une «peau de bœuf, attendant le moment de l'inspiration , des hommes baptisés fedsant aux. démons du lieu des libations de lait ou de bière; les femme& grosses, les fiUes de dix-^uit ans labourant un misérable champ d'avoine, pendant que leurs maris* ou leurs pères , hommes athlétiques, se chauffent au soleil; les brigandages et les barbaries regardés comme de belles actiona,; les gens poignardés par derri^e ou brûlés vifs; les mets rebutants , l'avoine de cheval et les gâteaux de sang de vœhe vivante offerts aux hôtes par faveur et politesse ; les huttes infectes , où Ton se couchait sur la fange, et où l'on se réveillait à demi étouffé , à demi aveuglé et à demi lépreux. Un instant après , il s'arrête pour noter un- changement du goût public, l'horreur qu'on éprouvait ators- pour ces repaires- de

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brigands, pour cette contrée de rocs sauvages et de landes stériles j l'admiration qu'on ressent aujourd'hui pour cette patrie de guerriers héroïques , pour ce pays de montagnes grandioses, de cascades bouillonnantes , de défilés pittoresques. U trouve dans le progrès du bien-être physique les causes de cette révolution morale, et juge que si nous louons les montagnes et la vie sauvage , c'est que nous sommes rassasiés de sécurité. U est tour à tour économiste, littérateur, publiciste, artiste, historien , biographe, conteur, philosophe même ; par cette diversité de rôles il égale la diversité de la vie humaine , et présente aux yeux , au cœur, à l'esprit , à toutes les facultés de l'homme, l'histoire complète de la civilisation de son pays.

D'autres, comme Hume, ont essayé ou essayent de le faire. Us mettentici les afiEaires religieuses, un peu plus loin les événements politiques, ensuite des détails littéraires, à la fin des considérations générales sur les changements de la société et du gouvernement, croyant qu'unç collection d'histoires est l'histoire, et que des membres attachés bout à bout sont un corps. M. Macaulay ne l'a point cru, et a bien fait. Quoique Anglais, il a l'esprit d'ensemble. Tant d'événements amassés font chez lui non un total, mais un tout. Explications, récits, dissertations, anecdotes, peintures, rapprochements, allusions aux événements modernes, tout se tient dans son livre. C'est que tout se tient dans son esprit. Il a le plus vif sentiment des causes ; et ce sont les causes qui Uent les faits. Par elles les événements épars se rassemblent en un événement unique; elles les unissent parce qu'elles les

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produisent, et rbistoriQn qui les recherche toutes ne peut manquer d'apercevoir ou de sentir l'unité qui est leur effet. Lisez, par exemple, le voyage du roi Jacques en Irlande : point de peinture plus curieuse; n'est-ce pourtant qu'une peinture curieuse ? Arrivé à Gork, il né trouve point de chevaux pour le porter» Le pays est un désert. Plus d'industrie, plus de culture, plus de civilisation, depuis que les colons anglais et protestants ont été chassés, volés, tués. Il est reçu entre deux haies de brigands demi-nus, armés de couteaux et de bâtons ; sous les pas de son cheval, on étend en guise de tapis des manteaux de grosse toile comme en portent les bandits et les bergers. On lui ofDre des guirlandes de tiges de choux en manière de couronnes de lauriers. Dans un large district, il ne se trouve en tout que deux charrettes. Le palais du lord lieutenant est si mal bâti que, la pluie noie les appartements. On part pour l'Ulster; les officiers français croient < voyager dans les solitudes de l'Arabie. * Le comte d'Avaux écrit à sa cour que , pour trouver une botte de foin, il faut courir à cinq ou six milles. A Gharlemont, à grand'peine, comme marque de grande faveur, on procura un sac de gruau à l'ambassade française. Les officiers supérieurs couchent dans des tanières qu'ils auraient trouvées trop sales pour leurs chiens. Les soldats irlandais sont des maraudeurs demi-sauvages qui ne savent que crier, égorger, et se débander. Mal rassasiés de pommes de terre et de lait aigre, ils se jettent en affamés sur les gr&qds troupeaux des protestants. Us déchirent, à belles dents, la chair des bœufs et des moutons, et l'avalent demi-saignante et demi-pourrie. Faute de

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chaudières, ils la font cuire dans la peau. Le carême survenant , ils cessent d'engloutir les viandes, et ne cessent pas de tuer les bêtes. Un paysan abat une vache pour se faire une paire de souliers. Parlais, une bande égorge d'un coup cinquante ou soixante ^tes, enlève les peaux et abandonne les corps qui empoisonnent l'air. L'ambassadeur de France estime qu'en six semaines il y eut cinquante mille bêtes à cornes abattnes qui pourrirent sur le soL On évaluait le nombre des moutons et brebis tués à trois ou quatre cent mille. — Ne voit-on pas d'avance l'issue de la révolte ? Qu'attendre de ces serfs gloutons, stu* pides et sauvages? Que pourra-t-on tirer d'un pays dévasté, et peuplé de dévastateurs! A quelle discipline voudra-t*on soumettre ces maraudeurs et ces boacfaers? Quelle résistance feront-ils à la Boyne, quand ils verront les vieux régiments de Guillaume, les ûi* rieux escadrons des réfugiés français, 1^ protestants acharnés et insultés de Londonderry et d'Ënniskillen se lancer dans la rivière et courir i'épée haute cooire leurs mousquets? Us s'enfuiront le roi en tête, et les zninuiJLeuses anecdotes, éparses dans le récit des réceptions , des voyages et des cérémonies , auront annoncé la victoire des protestants. L'histoire des mceurs se trouve ainsi rattachée à l'histoire des événements. Les uns causent les autres, et la description explique le récit

Ge n'est pas assez de voir des causes; il faut encore en voir beaucoup. Tout événement en a une multitude. Me sufSt-il, pour comprendre l'action ^ Harlborough ou de Jacques, de me rappeler une dis* position ou qualité qui l'explique? Non, cai*, puis*

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qa'dle a pour canse toute une situation et tout un caractère, il faut que j'aperçoive d'un seul coup et en abrégé tout le caractère et toute la situation qui l'ont produite. Le génie concentre. Il se mesure au nombre des souyenirs et des idées qu'il ramasse en un seul poiaX. Ce que M. Macaulay en rassemble est énorme. Je ne sache point d'historien qui ait une mémoire plus sûre, mieux fournie, mieu^ réglée. Lorsqu'il raconte les actions d'un homme ou d'un parti, il revoit en une minute tous les événements de son histoire, et toutes les maximes de sa conduite; il a tons les. détails présents ; ils lui reviennent à chaque instant par multitudes. Il n'a rien oublié ; il les parcourt aussi aisément, aussi complètement, aussi sûre* ment que le jour où il les a énumérés et écrits. Personne n'a si bien enseigné et si bien su Fhistoire. Il m est aussi pénétré que ses personnages. Le. whig ou le tory ardent, expérimenté, rompu aux aflTaires, qui se levait et agitait la chambre, n'avait pas des arguments plus nombreux, mieux rangés, plus précis, n ne savait pas mieux le fort et le faible de sa cause ; il n'était pas plus familier avec les intrigues, les rancunes, les variations des partis, les chances de la lutte, les intérêts des particuliers et du pubUc. Les grands romanciers entrent dans l'âme de leurs personnages, prennent leurs sentiments, leiirs idées, leur langage; il send>Ie que Balzac ait été commis-voyageur, portière, courtisane, vieille fille, poète, et qu'il ait employé sa vie à être chacun de ses personnages : son ètreest multiple et son nom est légion. Avec un talent différent, M. Macaulay a la même puissance : avocat iacooqiftnMe, il j^ûde un nombre infini de causes ;

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et il possède chacune de ces causes aussi pleinement que son client. Il a des réponses pour toutes les objections , des éclaircissements pour toutes les obscurités, des raisons pour tous les tribunaux. Il est prêt à chaque instant, et sur toutes les parties de sa cause. Il semble qu'il ait été wigh, tory, puritain, membre du conseil privé, ambassadeur. Il n*est point poëte comme M. Michelet; il n'est point philosophe comme M. Guizot; mais il possède si bien toutes les puissances oratoires, il accumule et ordonne tant de faits, il les tient dans sa main si serrés, il les manie avec tant d'aisance et de vigueur, qu'il réussit à recomposer la trame entière et suivie de l'histoire, sans en omettre un fil et sans en séparer les fils. Le poète ranime les êtres morts ; le philospphe formule les lois créatrices ; l'orateur connaît, expose, et plaide des causes. Le poète ressuscite des âmes, le philosophe ordonne un système, l'orateur reforme des chaînes de raisons; mais tous trois vont au même but par des voies différentes, et l'orateur comme ses rivaux, et par d'autres moyens que ses rivaux, reproduit dans son œuvre l'unité et la complexité de la vie.

Un second caractère de cette histoire est la clarté. Elle est populaire; personne n'explique mieux et n'explique autant que M. Macaulay. Il semble qu'il fasse une gageure contre son lecteur et qu'il lui dise s « Soyez aussi distrait, aussi sot, aussi ignorant qu'il vous plaira. Vous aurez beau être distrait, vous m'écoûterez; vous aurez beau être sot, vous comprendrez ; vous aurez beau être ignorant, vous apprend^îZ. Je répéterai la môme idée sous tant de formes, je la rendrai sensible par des exemples si familiers et si

précis, je TannoDcerai si nettement au commencement, je la résumerai si soigneusement à la fin, je marquerai si bien les divisions, je suivrai si exactement Tordre des idées, je témoignerai un si grand désir de vous éclairer et vous convaincre, que vous ne pourrez manquer d*6tre éclairé et convaincu. » Certainement, il pensait ainsi, quand il préparait ce morceausurlaloi qui, pour la première fois, accorda aux dissidents Texercice de leur culte.

c De toutes les lois quifurent jamais portées par un parlement, Tacte de tolérance est peut-être celle qui met le mieux en lumière les vices particuliers et rexcellence particulière de la législation anglaise. La science de la politique, à quelques égards, ressemble fort à la science de la mécanique. Le mathématicien peut aisément démontrer qu'une certaine force, appliquée au moyen d*un certain levier ou d'un certain système de poulies , suffira pour élever un certain poids. Mais sa démonstration part de cette supposition que la machine est telle que nulle pièce ne fléchira ou ne rompra. Si le mécanicien, qui doit soulever une grande masse de granit au moyen jde poutres réelles et de cordes réelles, se fiait sans réserve à la proposition qu'il trouve dans les traités de dynamique, et ne tenait pas compte de Timperfection-de sesmaté* riaux, tout son appareil de leviers, de roues et de cordes s'écroulerait bientôt en débris, et avec toute sa science géométrique, on le jugerait bien inférieur dans Tart de bâtir à ces barbares barbouillés d'ocre, qui, sans jamais avoir entendu parler du parallélogramme des forces, trouvèrent- le moyen d'empiler les pierres de Stonehenge. Ce que le mécanicien est au mathématicien, l'homme d'État pratique Test à Thomme d'État spéculatif. A la vérité, il est très-imporlant que les législateurs et les administrateurs soient versés dans la philosophie du gouvernement; de même qu'il est très -important que l'architecte qui doit fixer un obélisque sur son piédestal, ou

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suspendre un pont tabulaire sur un bras de mer, soit ^ersé dans la philosophie de l'équilibre et du mouvement. Mais de même que celui qui veut bâtir effectivement doit avoir dans Tesprit beaucoup de choses qui n'ont jamais été remarquées par d'Alembert ni Ëuler ; celui qui peut gouverner effectivement doit être perpétuellement guidé par des considérations dont; on ne trouvera point la mdndre trace dans les écrits d'Adam Smith et de JérémieBentham. Le pariait législateur est un exact intermédiaire entre l'homme de pure théorie, qui ne voit rien que des principes généraux, et l'homme de pure pratique, qui ne voit rien que des circonstances particulières. Le monde, pendant ces quatre-vingts dernières années, a été singulièrement fécond en législatenrs en qui l'élément spéculatif prédominait à l'exclusion de l'él^ent pratique. L'Europe et l'Amérique ont dû à leur sagesse des douzaines de constitutions avortées, constitutions qui ont vécu juste assez longtemps pour fai^e un tapi^e misérable, ^ ont péri dans les convulsions. Mais dans la législature anglaise, l'élément pratique a toujours prédominé, et plus d'une fois prédominé avec raison sur l'élément spéculatif. Ne point s'inquiéter de la symétrie , et s'inquiéter beaucoup de l'utilité ; n'ôter jamais une anomalie, uniquement parce qu'elle est une anomalie; ne jamaia innover, si ce n'est lorsque qudqiie malaise se fait sentir, et alors innover juste assez pouc se débarrasser du malaise ; n'établir jamais une proposition pins large que le cas particulier auquel on remédie : telles sont les règles qui, depuis l'âge de Jean jusqu'à Pâee de Victoria, ont généralement guidé les délibérations de nos deux cent cinquante parlements. >

L'idée est-elle encore obscure, douteuse? A-t-elle encore besoin de preuves, d'éclaircissement? Souhaite-t-on quelque chose de plus ? Vous répondez non; M. Macaulay répond oui. Après l'explication générale vient l'explication particulière; après la théorie, l'application ; après la démonstration théo-

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riqtie, la démonstration pratique. Tons vouliez vous arrêter, il poursoit :

t L*acte de toiéranee approeh» M&^ès de Fidéftl d%tie grande M'anglaise. PDmr «n jwîste teisé dans la théorie de la législaHon, mais qui ne eoBBattrait p<NBt à fond les dîspositiens des partis et des sectes entre lesquels TAnglelerre était Prisée an temps^e la réTOlution, cet acte ne serait qu'an cbaos d'absnnfités et de contradictions. Il ne snpporte pas l'examen si on le juge d'après des principes solides. S^n ^us, il ne si^porte pas i'exmnen, si on le jirge d'après «n principe solide on non. Le principe sotide est éndemment que la simple orear théc^ogique ne doit pas être punie par le magistrat civil. Ce prineipe non-^ulement n'est pas reconnu par l'acte de tolérance, mais encore il est rejeté posidronent. Pas ime seule des lois cmeDes portées contre les no»«onfor« mistes par les Tudors et les Stuarts n'est rapportée. La persécution continue à être la régie générale ; la tolérance est l'exception. Ce n'est point tout. La liberté qui est donnée k la conscience est donnée de la façon la pkn capricieuse. Un quaker, qui fait une déclaration de. fol en termes généraux détint le plein bénéfice de Taete» sans signer un seul des trente*neuf articles ; un ministre indépendant qui est parfeitement disposé à faire la déclaration demandée au quaker, mais qui a des doutes sur six ou sept des articles, demeure sous le coup des lois pénales. Howe est exposé à des châtiments, s'il prêche avant d'avoir solennellement déclaré qu'il adhère à la doctrine anglicane touchant l'Eucharistie. Penn qui rejette entièrement rEucharistie obtient la parfaite liberté de prêcher sans faire aucune déclaration, quelle qu'elle soit, a ce sujet.

c Yoilà quelqoesHina des déiiuts qai ne peuvent manquer de frapper toute personne qui examinera l'acte de tolérance d'après ces lois de la raison qui sont les mêmes dans tous les pays et dans tous les âges. Mais ces défauts paraîtront peut-être des mérites, si nous prenons garde aux passions et aux préjugés de ceux pour qui l'acte de tolérance fut composé.

mmmammi^K

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Cette loi , remplie de contradictions que peut découvrir le premier écolier venu en philosophie politique, fit ce que n*eût pu faire une loi composée par toute la science des plus grands maîtres de philosophie politique. Que les articles résumés tout à Theure soient gênants, puérils, incompatibles entre eux, incompatibles avec la vraie théorie de la liberté religieuse, chacun doit le reconnaître. Tout ce qu'on peut dire pour leur défense est qu^ils ont 6té une grande masse de maux sans choquer une grande masse de préjugés; que, d'un seul coup et pour toujours, sans un seul vote de division dans Tune ou dans l'autre chambre, sans une seule émeute dans les rues, sans presque un seul murmure même dans les classes qui étaient le plus profondément imprégnées de bigoterie, ils ont mis fin à une persécution qui s'était déchaînée pendant quatre générations, qui avait brisé un nombre infini de cœurs, qui avait désolé un nombre infini de foyers, qui avait rempli les prisons d'hommes dont le monde n'était pas digne, qui avait chassé des milliers de ces laboureurs et de ces artisans honnêtes, actifs, religieux, qui sont la vraie force des nations, et les avait forcés à chercher un refuge au delà de rOcéan, parmi les wigwams des Indiens rouges et les repaires des panthères. Une telle défense paraîtra faible peutôtre à des théoriciens étroits. Mais probablement les honmies d*État la jugeront complète. *

Pour moi, ce que je trouve complet ici, c'est Fart jje développer. Ces antithèses d'idées soutenues par ^®s antithèses de mots, ces phrases symétriques, 5^^s expressions répétées à dessein pour att*u*er Tat- ^^^'^tton, cet épuisement de la preuve met sous nos ^^?^ le taleiit d'avocat et d'orateur que nous rencon- ^^o^s tout à l'heure dans l'art de plaider toutes les Jj^^^es, de posséder un nombre infini de moyens, de -jJf^ l)osséder tous et toujours à chaque incident du ^^^Cès. Ce qui achève de manifester ce genre d'esprit,

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ce sont les fautes où ^on talent l'entraîne. A force de développer , il allonge. Plus' d'une fois ses explications sont des lieux communs. Il prouve ce que tout le monde accorde. Il éclaircit ce qui est clair. Tel passage sur la nécessité des réactions semble l'amplification d'un bon élève *. Tel autre, excellent et nouveau, ne peut être lu qu'une fois avec plaisir. A la seconde, M parait trop vrai ; on a tout vu du premier coup, et l'on s'ennuie. J'ai omis un tiers du morceau sur l'acte de tolérance ; et les esprits vifs diront que j'aurais dû en omettre un autre tiers.

Le dernier trait, le plus singulier, le moins anglais de cette histoire, c'est qu'elle est intéressante. M. Macaulay a écrit, dans la Revue d'Edimbourg^ cinq volumes d'essais ; et chacun sait que le premier mérite d'un revieweTy ou d'un journaliste, est de se faire lire. Un gros volume a le droit d'ennuyer ; il n'est pas gros pour rien; sa taille réclame d'avance l'attention de celui qui l'ouvre. La solide reliure, la table symétrique, la préface, les chapitres substantiels alignés comme des soldats en bataille, tout vous ordonne de prendre un fauteuil, d'endosser une robe de chambre, de mettre vos pieds au feu, et d'étudier; vous ne devez pas moins à l'homme grave qui se présente à vous armé de six cents pages de texte, et de trois ans de réflexions. Mais un journal qu'on parcourt dans un café, une* revue qu'on feuillette dans un salon, le soir avant de se mettre à table, ont besoin d'attirer les yeux, de vaincre la distraction, de conquérir leurs lecteurs. M. Macaulay a pris ce besoin

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