Réflexion trop savante, qui sent l'école du rhéteur. i
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« da sénat, c*est lui que je le donne pour juge, loi c qui tout seul a certainement plus de pouvoir et « plus d'autorité que ta dictature. Je verrai si tu ce- « deras à cet appel, quand un roi de Rome, T. Hosc tilius, y a cédé. » On sort de la curie et l'on Ta à l'assemblée, le dictateur avec peu de monde; le maître de la cavalerie avec toute la foule des premiers de rËtat. Comme il était monté à la tribune aux harangues, Papirius lui ordonna de descendre en un lieu moins élevé. Son père le suivit eu disant : < Ta « fais bien de nous faire descendre à une place oà, « simples particuliers, nous pourrions encore élever « la voix. » Là, d*abord, on entendit moins des discours suivis que des altercations. Le bruit fut enfio dominé par la voix et l'indignation du vieux Fabius, qui reprochait à Papirius sa tyrannie et sa cruauté: lui aussi avait été dictateur à Rome, et n'avait maltraité personne, ni homme dir peuple, ni centurion, ni soldat. Pour Papirius, il demandait la victoire et le triomphe sur un général romain. Quelle difTérence entre k modération des anciens et la cruauté et la tjcannie d'aujourd'hui! Le dictateur Q. Gincinnatus, après avoir délivré d'un siège le consul Minucius» pour toute peine l'avait laissé lieutenant dans l'ar* mée au lieu de consul. M. Furius Camille^ quoique li. Furius, méprisant sa vieillesse et ses conseils, eût livré bataille avec l'issue la plus honteuse, non-seulement avait si bien retenu sa colère sur le moment
qu'il n'avait rien écrit contre son collègue, ni au peuple, ni au sénat ; mais encore de retour à Rome, le sénat lui ayant donné le choix d'un collègue, il Payait choisi entre tons les tribuns consulaires pour l'associer à son commandement. Le peuple lui-même, qui a le souverain pouvoir en toute chose, quand un général, par témérité ou incapacité, a perdu une armée, s'est toujours, dans sa colère, contenté de le punir par une amende ; jusqu'à ce jour, on n'a fait à aucun chef une afTaire capitale d'un mauvais succès. Maintenant qu'il s'agit d'un général romain vainqueur, d'un homme qui a mérité les plus beaux triomphes^ on fait ce qui ne serait pas permis même contre des vaincus, on lève sur lui les verges et les haches. Qu'aurait-on fait souffrir à son fils, s*il avait perdu son armée, s'il avait été battu, mis en fuite, dépouillé de son camp ? La violence do Papirius pouvait-elle s'emporter plus loin que les coups et la mort ? Comme il serait convenable que la cité fût, grâce à Fabius, dans la joie, la victoire, les supplicatîonSj les félicitations, et que celui grâce auquel les temples des dieux sont ouverts, les autels fument de sacrifices, sont œmblés d^offrandes, soit mis à nu et déchiré de verges, sous les yeux du peuple romain, tournant ses regards vers le Capitole et la citadelle, et les dieux qu'il n'a pas en vain implorés dans ses deux combats ! Dans quels sentiments l'armée qui a vaincu sous sa conduite et sous ses aus-
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pices supportcrait-elle ce spectacle? Quel deuil dans le camp romain ! quelle joie parmi les ennemis ! » Ici Fart oratoire est un peu trop visible ; les dernières raisons étaient déjà dans le plaidoyer du yieil Horace. Mais le lieu commun est bien éloquent. ' « Ainsi parlant avec des plaintes et des reproches,
implorant l'aide des dieux et des hommes, il tenait son fils embrassé en pleurant. De son côté étaient la majesté du sénat, la faveur, du peuple, l'appui des tribuns, le souvenir de l'armée absente ; de l'autre, on mettait en avant le commandement absolu donné par le peuple, et la volonté du dictateur toujours respectée comme celle d'un dieu S et l'ordre de Manlius et l'amour paternel sacrifié à l'intérêt public. L. Brutus, fondateur de la liberté romaine, avait déjà auparavant donné cet exemple sur ses deux fils. Maintenant des pères et des vieillards indulgents laissent mépriser l'autorité des autres, pardonnentà la jeunesse, comme une faute légère, le renversement de la discipline militaire. U persistera pourtant dans sa résolution, et pour celui qui, contre ses ordres, a combattu avec des présages troublés et des auspices douteux, il ne lui remettra rien de la peine qu'il mérite ; s'il n'est pas au pouvoir de Papirius que la majesté du commandement demeure entière, Papirius du moins n'affaiblira en rien le droit «