‹ Essais de critique et d'histoire (volume 3)Chapitre 145 sur 155 · Tite Live, IV · texte numérisé non relu

Tite Live, IV

pline étroite d'un genre unique. Nul talent dominant, nul goût particulier n'asservit et ne fausse son éloquence. Aueontraire,esprit,imagination,science, dialectique, tout est soumis chez lui àFesprit oratoire. Il prend les tons les plus opposés et reste toujours aussi parfait. Voyez dans le discours du consul Valérius*, la véhémence, l'indignation, l'étonnement, l'enthousiasme religieux, toutes les passions les plus extrêmes: « Qu'est-ce que cela, tribuns? Sous la conduite et les auspices d'Appius Herdonius, voulezvous renverser la république ? A-t-il été assez heureux pour vous corrompre, celui qui n'a pu soulever vos esclaves? Quand l'ennemi est sur nos têtes, vous ordonnez qu*on quitte les armes et qu'on vote des lois ? Si vous n'avez souci, Romains, ni de la ville, ni de vous-mêmes, respectez du moins vos dieux, captifs de l'ennemi. Jupité^r très-bon, très-grand, Junon reine, Minerve, les autres dieux et déesses sont assiégés ; un camp d'esclaves occupe vos pénates publics. Trouvez- vous que ce soit là l'aspect d'une cité saine? Celte foule d'ennemis est nonseulement dans vos murs, mais dans la citadelle, audessus du Forum et de la curie ; et cependant, au Forum, on tient les comices ; le sénat est dans la curie ; comme au sein de la paix, le sénateur donne son avis, les autres Romains vont au vote. Tout ce

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